Affaire Jeffrey Delisle: la Couronne réclame 20 ans pour l’espion canadien

0
Le sous-lieutenant Jeffrey Paul Delisle plaide coupable d'espionnage
Le sous-lieutenant Jeffrey Paul Delisle plaide coupable d’espionnage

La Couronne réclame 20 ans de prison pour l’espion canadien Jeffrey Delisle qui s’était reconnu coupable trahison en octobre dernier et qui devrait connaître sa sentence vendredi prochain.

Le sous-lieutenant Jeffrey Paul Delisle avait en effet reconnu sa culpabilité, en octobre dernier, à des accusations d’abus de confiance et de transmission d’information confidentielle à une entité étrangère.

Delisle aurait reçu 5000 $ pour les premiers transferts d’information après juillet 2007, puis 3000 $ chaque mois, pour un total de près de 72 000 $ sur une période de cinq ans pour la vente d’informations secrètes aux services de renseignements russes.

Un juge prononcera la sentence de l’officier de renseignement de marine de Halifax, dans une semaine, vendredi prochain le 8 février.

Les faits remontent à la période s’étendant de juillet 2007 à janvier 2011, à Ottawa et à Kingston, ainsi qu’à Halifax et Bedford. Il a travaillé pendant cette période pour le chef du renseignement de la défense et pour l’état-major interarmées stratégique, qui supervise la quasi-totalité des plans et opérations militaires au Canada et à l’étranger. À Halifax, il faisait partie de l’unité Trinity qui suit le déplacement des bateaux qui entrent et sortent des eaux canadiennes. L’unité traite aussi des informations provenant d’autres pays de l’OTAN.

La peine maximale pour chacun deux chefs d’accusation est la vie en prison.

Dans ses représentations pré-sentencielles, la procureure de la Couronne, Lyne Décarie, qui réclame 20 ans de prison pour Delisle, a souligné que celui-ci a fourni des dossiers secrets à des agents russes sur une période de plus de quatre ans.

Me Décarie a également demandé la peine maximale de cinq ans de prison pour abus de confiance en vertu du Code criminel, à purger concurremment.

Elle a également demandé au juge Patrick Curran, qui présidait cette audience, que, l’enquête n’ayant pas permis de récupérer l’argent que Delisle avait reçu pour son crime, il soit aussi condamné à une amende équivalente, soit 111 817 $.

Elle a mentionné, comme facteurs aggravants, la durée du crime, le fait qu’il en ait profité financièrement, et le fait qu’il se soit porté lui-même volontaire pour espionner quand il s’est rendu dans l’ambassade de Russie à Ottawa de sa propre initiative.

L’avocat de la défense Mike Taylor, pour sa part, a suggéré une peine de neuf ou dix ans.

L’avocat du sous-lieutenant Delisle, Mike Taylor, avait demandé à plusieurs reprises aux témoins de la Couronne de prouver que l’espionnage avait vraiment mis des personnes en danger.

Me Taylor avait fait appel au témoignage de Wesley Wark, un expert en renseignement et sécurité, qui avait affirmé qu’il serait difficile pour le Renseignement des Forces canadiennes de prouver les dommages causés par Delisle, déclarant qu’il n’a perçu aucune réaction de la part de la Russie aux informations transmises par Delisle tout au long de ces années.

À la fin de l’audience de détermination de la peine, Delisle, quant à lui, s’est excusé auprès de sa famille et de ses enfants pour la douleur qu’il leur a causé. «Je les aime beaucoup», a-t-il dit en cour, ajoutant« Si je pouvais remonter le temps, je le ferais. Mais je ne peux pas.»

À lire aussi:

Jeffrey Paul Delisle plaide coupable d’espionnage >>

L’affaire de l’espion canadien cause bien des maux de tête aux Australiens >>

Jeffrey Paul Delisle sera le premier Canadien puni en vertu de la Loi sur la protection de l’information >>

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

Les commentaires sont fermés.