Après le rapport de Kevin Page sur la construction navale, les libéraux passent à l’attaque

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Le NCSM Protecteur quitte son port d’attache d’Esquimalt (Colombie-Britannique) en 2009 pour un déploiement de trois mois à l’ouest de l’océan Pacifique (Photo:  Shelley Lipke , Marine royale canadienne)
Le NCSM Protecteur quitte son port d’attache d’Esquimalt (Colombie-Britannique) en 2009 pour un déploiement de trois mois à l’ouest de l’océan Pacifique (Photo: Shelley Lipke , Marine royale canadienne)

Dans la foulée du rapport du directeur parlementaire du budget sur le plan conservateur en matière de construction navale, les libéraux passent à l’attaque, accusant les conservateurs d’avoir caché aux Canadiens les véritables coûts de ce projet et les sommant de dire s’ils ont maintenant l’intention d’acquérir moins de navires pour remédier à la situation.

On sait que le directeur parlementaire du budget, Kevin Page, ne voit pas comment le gouvernement pourrait livrer les navires promis, tels que promis, avec les 2, 6 milliards $ budgétisés pour le remplacement des deux navires de la marine d’approvisionnement existants qui devraient plutôt coûter, selon lui, 4,13 milliards de dollars.

Les conservateurs ne cessent d’avoir des problèmes avec les programmes d’achat pour la Défense.

Le programme de navire de soutien a parcouru quant à lui un long et torueux chemin, parsemé d’embûches. Il avait d’abord été proposée dans un livre blanc sur la défense de 1994, mais la décision de remplacer nos vieux navires des navires n’a été prise qu’en 2004. Par contre, comme les propositions du chantier naval à l’époque, en 2008, ont été jugées trop coûteuses par le gouvernement Harper, le projet est retourné à la planche à dessin.

Le programme en cours ne devrait donc pas nous permettre de mettre à l’eau des navires pour remplacer ceux que nous avons avant 2018… si tout va bien.

Et on semble être pris dans un dilemme: soit qu’on dépasse les coûts, soit qu’on obtienne pas les navires qu’on attendait, alors que le NCSM Protecteur et le NCSM Preserver, que doivent remplacer les navires prévus au programme de construction navale, ont aujourd’hui 45 ans et seront âgés d’un demi-siècle en 2018.

Attaque libérale en règle

Le porte-parole libéral en matière de défense nationale, John McKay, a donc attaqué sec aujourd’hui: « Dans la foulée des fiascos vivement critiqués qu’ont été les F-35 et de nombreux autres projets d’acquisition d’équipement militaire, il est maintenant évident que la Stratégie nationale d’approvisionnement en matière de construction navale est tout autant mal gérée par les conservateurs de Harper, bien qu’ils en vantent les mérites.»

« Le rapport du directeur parlementaire du budget publié aujourd’hui confirme à nouveau l’incompétence financière du gouvernement en matière d’approvisionnement militaire – une incompétence qui met directement en péril non seulement des emplois canadiens, mais également les capacités de notre marine.», peut-on lire dans un communiqué que le bureau du chef libéral a fait parvenir aux médias et qui ajoute:

«Des délais sans fin et des estimations de coûts inexactes sont à l’origine de ce dernier fiasco. Alors que les conservateurs continuent de couper des rubans et de financer leur autopromotion à coup de publicités, il est de plus en plus manifeste que le gouvernement a caché aux Canadiens les véritables coûts de ce projet. Les conservateurs doivent immédiatement jouer franc-jeu et dire clairement s’ils ont maintenant l’intention d’acquérir moins de navires et combien de millions de dollars supplémentaires durement gagnés par les contribuables seront nécessaires pour remédier à cette dernière ineptie.»

Hier, mercredi 27 février, à la séance d’information technique du secrétariat de la Stratégie nationale d’approvisionnement en matière de construction de navires (la SNACN) on a appris en effet que le chifre de 28 navires en tout, dont on parle depuis toujours, n’était pas un engagement et n’avait été fourni qu’à titre indicatif.

En outre, le taux d’inflation de 2,6% utilisé dans les projections de coûts des conservateurs est bien loin des 7 à 11% qu’on utilise généralement dans le cas de projets de construction de navires.

Ce qu’on a entendu à la séance d’information pourrait laisser croire que, craindre pour éviter de dépasser l’enveloppe budgétaire, les conservateurs construisent moins de navires ou éliminent des fonctionnalités, vidant ainsi le projet de son sens.

Qui seront les perdants?

S’il y a véritablement erreur dans les estimations de coûts des conservateurs pour la construction des navires prévus par la Stratégie nationale d’approvisionnement en matière de construction navale, il restera à savoir si les perdants seront les contribuables qui devront payer plus ou les marins qui devront se contenter de moins.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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