Assad perd encore du terrain: après les aéroports, les installations pétrolières!

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Champ pétrolifère en Syrie(Photo:)arabianoildandgas
Champ pétrolifère en Syrie (Photo: arabianoildandgas)

Les rebelles syriens disent presque contrôler la province stratégique d’Hassaka, et ses installations de production de pétrole, indispensables au régime syrien s’il veut faire voler ses avions.

Après trois jours de violents affrontements, l’insurrection syrienne a déclaré jeudi soir avoir le contrôle quasi total ce cette province d’une grande importance stratégique dans le nord du pays, qui abrite plusieurs des rares installations syriennes de production de pétrole qui alimentation en carburant les forces militaires d’al-Assad.

Si elle est confirmée, cette victoire serait au moins le troisième gain d’importance de l’insurrection, cette semaine, après la prise du plus important barrage hydroélectrique et la prise de contrôle d’une base aérienne militaire du nord, avec sa flotte d’avions intact, dans la province d’Alep, la métropole économique syrienne.

Les rebelles avaient affirmé jeudi avoir abattu trois avions de guerre syriens de la Force aérienne, corroborant leurs allégations avec des vidéos publiées sur Internet.

Si les allégations des rebelles s’avèrent exactes, ce serait pour les forces du régime la pire semaine de ce conflit, commencé il ya deux ans par des manifestations pacifiques qui ont fini par dégénérer en guerre civile sanglante qui coûté la vie à 70 000 personnes, selon les estimations de l’Organisation des Nations Unies, 90 000 même selon l’Arabie saoudite, sans compter les 750 000 réfugiés syriens et les millions de personnes déplacées.

Hassaka, située à environ 375 miles au nord-est de Damas, sur la zone frontalière de l’Irak, est l’une des provinces les plus riches de la Syrie. C’est le cœur de production de pétrole et des céréales. Elle abrite une partie importante de la minorité kurde du pays.

Selon l’Observatoire syrien pour les Droits de l’Homme (OSDH), les combattants rebelles ont été menées par le front Al Nosra Front, un groupe islamique militant connu pour ses aptitudes au combat, mais sur la liste noire par les États-Unis, qui le soupçonne d’être lié à Al-Qaïda en Irak.

Al Nosra a mené, toujours selon l’OSDH, une série d’attaques sur les postes militaires d’Hassaka, pour finir par une attaque massive contre les bases militaires du régime dans la ville de d’al-Shahadi, une importante ligne de défense pour les ressources pétrolières de la région.

L’Observatoire syrien pour les droits de l’homme a également déclaré que les rebelles avaient pris d’assaut les bâtiments de l’administration et ceux où sont logés les travailleurs de la Syrian Petroleum Company sur le champ pétrolifère de Jbeysa, le plus grand de la province, et qu’ils contrôlaient maintenant ces installations.

Dans la ville d’al-Shahadi, selon l’OSDH, au moins 100 membres des forces armées et 30 combattants rebelles ont été tués, dont cinq du Koweït et de l’Irak.

L’OSDH rapporte aussi que les insurgés se sont emparés d’un trésor de munitions et d’armes, y compris des canons anti-aériens, des lance-roquettes, des mitrailleuses, des lance-roquettes, deux réservoirs, 400 fusils Kalachnikov et plus de 500 voitures.

Par ailleurs, Les insurgés ont également déclaré avoir vaincu un bataillon de l’armée dans la banlieue de Deraa, la ville du sud de la Syrie où le soulèvement contre M. Assad avait commencé il y a deux ans. L’Observatoire syrien pour les droits de l’homme a déclaré que «beaucoup d’hommes des forces stationnées en régime de ce bataillon ont été tués ou arrêtés par les combattants et que des renforts de l’armée préparaient maintenant un contre-assaut.

Et, comme il fallait s’y attendre, SANA, l’agence de nouvelles officielles de la Syrie, ne fait pour sa part aucune mention de Hassaka ou des avions tombés dans son compte rendu quotidien de la lutte contre les insurgés.

Pendant ce temps, sur le front politique, l’opposition a réitéré son refus de négocier avec le président Assad et les piliers de son régime, après l’offre initiale, rejetée par le régime, de son chef Ahmed Moaz al-Khatib de dialoguer avec des représentants du pouvoir n’ayant pas de sang sur les mains.

«Bachar al-Assad et le commandement sécuritaire et militaire responsable des décisions qui ont mené le pays à la situation actuelle, ne font pas partie du processus politique ni d’aucune solution en Syrie», a fait savoir la Coalition de l’opposition syrienne vendredi 15 février.


Province d’Hassaka: les rebelles de Jabhat al-Nosra se sont emparés de la ville d’al-Shadadi, après trois jours de violents combats (source: OSDH)

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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