Attentat à la bombe contre un centre de recrutement: arrestation d’un antimilitariste

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Une personne liée à l’explosion d’une bombe dans centre de recrutement des Forces canadiennes à Trois-Rivières, en juillet 2010, et au groupe antimilitariste Résistance Internationaliste a été arrêtée et interrogée ce mercredi 27 février dans les Laurentides. La personne a ensuite été relâchée et aucune accusation n’a été portée pour le moment, car les enquêteurs en sont encore à analyser les informations et preuves recueillies.

Toujours dans le cadre de cette affaire, la Gendarmerie Royale Canadienne (la GRC) a procédé à quatre perquisitions ce mercredi dans le cadre de son enquête dans la région de Montréal, de Saguenay, dans l’arrondissement Saint-Hubert de Longueuil et dans les locaux de l’association étudiante du Cégep Lionel–Groulx, à Sainte-Thérèse.

Résistance Internationaliste, ou L’Initiative de résistance internationaliste, qui a commencé à se faire connaître il y a un peu moins d’une dizaine d’années, est un groupe anticapitaliste, antimilitariste et antiaméricain qui dit «s’opposer aux pratiques et aux idéaux militaristes de l’État canadien. ».

Le quotidien montréalais La Presse écrivait en 2010 que le discours du groupe terroriste «s’apparente à celui des groupes marxistes des années 60 et 70.»

Dans un communiqué envoyé il y quelques années à un quotidien montréalais, le groupe affirmait vouloir « s’assurer que les pouvoirs politique, économique et militaire ne poursuivent impunément l’entreprise d’endoctrinement justifiant leur aventure impérialiste», ce qui explique l’attentat à la bombe au centre de recrutement des Forces canadiennes à Trois-Rivières en 2010.

L’attentat de Trois-Rivières avait eu lieu dans la nuit qui suivait la fête du Canada, alors que la reine Elisabeth était est en visite au pays et moins d’une semaine après les sommets du G8 et du G20, s’étaient sous forte supervision policière.

Le lieutenant-colonel à la retraite Rémi Landry, chargé de cours à l’école de politique l’Université de Sherbrooke, avait déclaré à l’époque, alors que la mission de combat des Forces canadiennes en Afghanistan n’était pas encore terminée: «La cible est très porteuse, car les gens font immédiatement le lien avec ce qui se passe en Afghanistan.», ajoutant, «Ça vient aussi alimenter la crainte qu’un attentat terroriste arrive chez nous»

Le groupe a aussi revendiqué des actes de vandalisme sur un pylône d’Hydro-Québec en Estrie, en décembre 2004 et l’explosion de la voiture d’un porte-parole de l’Institut canadien des produits pétroliers en août 2006.

Dans le cas des actes de vandalisme en 2004 contre le pylône d’Hydro-Québec, le groupe affirmait dans un communiqué envoyé aux médias que l’attaque visait à dénoncer «le pillage des ressources du Québec par les États-Unis» et, dans celui de l’explosion de la voiture d’un porte-parole de l’Institut des produits pétroliers, Résistance internationaliste prétendait avoir agi « en réponse aux innombrables exactions perpétrées par les pétrolières voraces que sont Esso, Shell et Petro-Canada […[.»

L’Équipe intégrée sur la sécurité nationale de la police fédérale canadienne poursuit donc maintenant son enquête sur l’Initiative de résistance internationaliste et Il se pourrait qu’il y ait d’autres perquisitions, d’autres arrestations et que des accusations soient enfin portées.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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