Kidal se renforce, Tombouctou se vide et le Mali revit

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Au lendemain de la prise de Tombouctou, les armées française, malienne et africaine stabilisent la zone (Photo: EMA/ECPAD)
Après la libération de Tombouctou, le 28 janvier dernier, les 600 soldats français vont progressivement reprendre la route en direction du nord du pays (Photo: EMA/ECPAD)

Alors que les membres du Groupe de soutien au Mali se sont réunis, ce mardi à Bruxelles, les opérations se poursuivent au nord du pays. 1 800 soldats tchadiens assurent désormais la sécurité de la ville de Kidal. Ils seront bientôt rejoints par de nouvelles forces françaises qui quittent progressivement Tombouctou après en avoir assuré la libération, le 28 janvier dernier.

François Hollande l’a assuré lors de sa visite au Mali, le week-end dernier: «L’opération se poursuit». Après près d’un mois depuis le début de l’intervention française, le président de la République française sait que le plus dur reste à venir.

Car après plusieurs semaines d’avancée sans opposition, la traque des islamistes s’intensifie de jour en jour, au nord du pays. Des frappes aériennes ont ainsi été effectuées, ces derniers jours, dans les régions de Tessalit et d’Aguelhok, dans le massif des Ifoghas.

Ces frappes importantes ont donc été menées au nord de Kidal, à proximité de la frontière algérienne. Elles visaient «principalement des dépôts logistiques et des centres d’entraînement», comme l’a précisé l’Elysée.

«Le moment est venu de libérer les otages»

Dans son allocution à Bamoko, ce samedi, François Hollande a également assuré que «le moment est venu de libérer les otages». Sept otages français seraient en effet retenus dans cette région après avoir été enlevés au Niger et au Mali, en 2011 et 2012.

A mesure que les forces françaises progressent, elles se rapprochent inexorablement de la zone de détention présumée.

Selon des sources de sécurité touaregs, une délégation de cette communauté des Ifoghas a, par ailleurs, récemment rencontré les ravisseurs des otages français, assurant que certains se sont montrés dans «de bonnes dispositions».

Les islamistes retranchés dans les montagnes du massif des Ifoghas

Car les ravisseurs semblent de plus en plus menacés par la présence militaire aux abords du massif des Ifoghas.

«Les distances ne se jouent plus aujourd’hui en milliers de kilomètres, mais en milliers de mètres», a ainsi confié François Heisbourg, conseiller spécial de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS).

1 800 soldats tchadiens sont ainsi présents à Kidal afin de «sécuriser» la ville, comme l’a indiqué le ministère français de la Défense, ce mardi.

Après avoir repris la ville aux mains des islamistes d’Ansar Dine, le Mouvement islamique de l’Azawad (MIA) et le Mouvement national de libération de l’Azawad (MLNA) ont apporté leur soutien à l’arrivée des soldats français.

Mais en contrepartie, l’armée a accédé à leur requête, refusant, par peur d’exactions et de représailles, la présence de militaires de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), dont le Tchad est absent.

Des troupes françaises quittent Tombouctou pour le nord du pays

Dans le même temps, les troupes françaises commencent à se retirer de Tombouctou, libérée le 28 janvier dernier.

Progressivement, les 600 soldats français présents vont prendre la direction de la ville de Gao, plus grande ville du nord du pays, où les forces militaires de la Misma poursuivent leur déploiement.

Les forces françaises se rendront ensuite à Kidal où l’armée tricolore contrôle déjà l’aéroport depuis presque une semaine.

La communauté internationale réunie à Bruxelles, ce mardi

De leur côté, différentes organisations internationales se sont réunies, ce mardi, à Bruxelles, afin de rencontrer le ministre malien des Affaires étrangères, Tiéman Coulibaly. Les hauts responsables de la CEDEAO, de l’Union Africaine, de l’ONU ou encore de l’Union Européenne étaient ainsi présents.

Au cœur des débats, la nécessité d’aide à destination du Mali en vue d’assurer un retour à la stabilité au sein du pays, à l’issue des différentes opérations militaires.

La communauté internationale va ainsi «proposer son aide à l’organisation des élections», promise par le président Traoré avant le 31 juillet prochain.

Un soutien financier et humanitaire

Par ailleurs, la France, l’Union Européenne et les Nations Unies ont également décidé de reprendre et/ou développer leur soutien financier et humanitaire à destination du Mali.

Alors que Paris a déjà annoncé la reprise de l’aide publique, gelée depuis mars dernier, l’instance européenne pourrait débloquer 250 millions d’euros pour épauler le Mali dans sa reconstruction.

Pour sa part, le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies a annoncé, ce mardi, la reprise de la distribution de rations alimentaire afin d’assister près de 35 000 personnes au nord du pays.

Si les opérations avancent au nord, le soutien s’intensifie dans le reste du Mali. Alors que les forces militaires se rapprochent inexorablement des islamistes retranchés dans le massif des Ifoghas, la reconstruction débute progressivement dans un pays encore meurtri par la terreur.

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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