Panetta: «la Corée du Nord menace le territoire américain lui-même»

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Le secrétaire à la Défense Leon Panetta lors de la cérémonie d'adieu en son honneur dans la cour du pentagone le 12 février ( Photo: Erin A. Kirk-Cuomo, DoD)
Le secrétaire à la Défense Leon Panetta lors de la cérémonie d’adieu en son honneur dans la cour du pentagone le 12 février ( Photo: Erin A. Kirk-Cuomo, DoD)

Le secrétaire américain à la Défense Leon Panetta, qui part à la retraite et devrait être remplacé bientôt par l’ex-sénateur Hagel, a déclaré que la Corée du Nord représentait une «menace» pour les intérêts américains en Asie du Nord-Est, ainsi que pour ses alliés dans la région et menaçait même le territoire américain.

Lors d’un point de presse au Pentagone, mercredi 13 février, le secrétaire américain a condamné l’essai nucléaire «apparent» auquel les Nord-Coréens ont procédé cette semaine et a déclaré que les experts de son ministère étaient en train de recueillir des données sur cet essai.

«Cet acte hautement provocateur est une violation grave des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU» et des engagements pris par la Corée du Nord dans le cadre des pourparlers du groupe des six [Russie, Etats-Unis, Chine, Japon et les deux Corées], a poursuivi M. Panetta. «Les actions du régime augmentent les risques de prolifération [nucléaire] et risquent d’isoler davantage» le pays.

Selon le chef du Pentagone, il est évident que la Corée du Nord «constitue une menace contre les Etats-Unis, la stabilité régionale, et la sécurité mondiale.» Selon lui, l’association d’essais de missiles et d’essais nucléaires constitue une menace réelle pour les États-Unis.

«L’armée américaine prendra toutes les mesures nécessaires pour respecter nos engagements sur le plan de la sécurité envers la République de Corée et nos alliés régionaux», a-t-il ajouté.

Le président Obama pour sa part  a  même renchéri mercredi 13 février en affirmant l’engagement des États-Unis à protéger le Japon, y compris grâce au “parapluie nucléaire” américain, au cours d’un entretien téléphonique avec le Premier ministre japonais.

Les 15 pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU, réunis d’urgence la veille, mardi 12 février, avaient quant à eux condamné fermement le troisième essai nucléaire nord-coréen et menacé de prendre des «appropriées».

La déclaration unanime, lue par le ministre sud-coréen des affaires étrangères, Kim Sung-hwan, dont le pays assure la présidence tournante du Conseil en février, qualifiait cet essai de «menace claire pour la paix et la sécurité», et de «violation grave» des résolutions des Nations-Unies.

«Nous allons entamer des négociations en faveur d’une résolution forte sous chapitre VII», avait-t-il précisé.

Le régime du chapitre VII de la Charte des Nations-Unies, invoqué dans le cas d’une menace contre la paix, permet l’adoption de mesures coercitives, allant de sanctions économiques au recours à la force.

L’ambassadrice américaine Susan Rice, quant à elle, avait  précisé le même jour que Washington souhaitait «non seulement élargir les mesures existantes, mais aussi renforcer le régime de sanctions dans «divers domaines, y compris le secteur financier.


L’ambassadrice américaine à l’ONU, Susan Rice (source: Department of State)

En outre, dans son discours mardi sur l’État de l’Union, le président Barack Obama s’était engagé à une « action ferme.» «Des provocations comme celles qu’on a vues la nuit dernière ne feront qu’isoler encore un peu plus [la Corée du Nord], au moment où nous nous tenons aux côtés de nos alliés, renforçons notre défense antimissile et conduisons la communauté internationale pour mener une action ferme en réponse à ces menaces.», avait déclaré le président américain dans son discours, ajoutant que «le régime de Corée du Nord doit savoir que c’est uniquement en remplissant ses obligations internationales qu’il sera en sécurité et prospère.»

L’adoption de nouvelles sanctions dépendra toutefois de la Chine, principal allié de la Corée du Nord et qui, en tant que membre permanent du Conseil de sécurité, est dotée du droit de veto.

La Chine semble perdre patience et ne plus soutenir inconditionnellement le régime de Pyongyang. Elle avait voté avec les autres membres du Conseil de Sécurité la dernière résolution en décembre dernier renforçant les sanctions contre la Corée du Nord après le tir d’une fusée Unha-3 porteuse d’un satellite, considéré comme une violation des résolutions antérieures des Nations-Unies. Les 15 pays membres du Conseil avaient alors menacé de « prendre des mesures décisives » si les Nord-Coréens récidivaient.

L’agence chinoise officielle Chine Nouvelles écrivait mercredi 13 février, citant une déclaration du ministère chinois des Affaires étrangères, que la Chine s’opposait résolument au nouvel essai nucléaire réalisé par la République populaire démocratique de Corée (RPDC).

«Le 12 février 2013, la RPDC a effectué un autre essai nucléaire au mépris de l’opposition de la communauté internationale», précise la déclaration, ajoutant que «le gouvernement chinois est fermement opposé à cet acte» et soulignant que le chef de la diplomatie chinoise Yang Jiechi, avait convoqué mardi l’ambassadeur de la RPDC en Chine, Ji Jae Ryong, afin d’adresser des représentations solennelles à Pyongyang.

«Nous prions instamment la RPDC de respecter son engagement quant à la dénucléarisation de la péninsule et d’éviter de prendre des mesures qui pourraient aggraver la situation. Sauvegarder la paix et la stabilité dans la péninsule et en Asie du Nord-Est est dans l’intérêt commun de toutes les parties», poursuit la déclaration du ministère, rapporte l’agence officielle chinoise.

Il n’est par contre pas fait mention pour l’instant dans la déclaration de sanctions ou de mesures coercitives, le gouvernement chinois invitant plutôt les parties à reprendre les pourparlers dans le cadre du groupe des six, qui sont suspendues depuis décembre 2008.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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