La situation au Mali et en Syrie au centre de la Conférence de Munich sur la sécurité

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La 49e édition de Conférence de Munich sur la sécurité, a entamé le vendredi 1er février ses travaux qui porteront essentiellement sur la situation en Syrie et au Mali, le contrôle des armements et la sécurité énergétique.

Le Canada y est représenté par le ministre de la Défense, Peter MacKay, qui est le seul participant canadien de haut-rang à la Conférence où seront présents un grand nombre d’experts, de dirigeants et de responsables politiques des autres nations.

La Conférence de Munich sur les politiques de défense est un forum annuel consacré aux questions de sécurité internationale qui permet à des ministres, députés, hauts responsables militaires, scientifiques et représentants des médias d’avoir des échanges et de débattre de leurs points de vue sur les questions de politique étrangère et de politique de défense.

La Conférence, qui se déroulera cette année du 1er au 3 février, a commencé par les interventions du président du forum Wolfgang Ischinger et du ministre allemand de la Défense Thomas de Maizière, et la première discussion a porté sur la crise dans la zone euro et l’avenir de l’Union européenne.

Les violences consternantes en Syrie ainsi que le programme nucléaire de l’Iran sont des dossiers qui seront d’une importance cruciale au cours des prochains mois, et peut-être années, a aussi souligné au début des travaux Wolfgang Ischinger,  le président de la Conférence de Munich sur la sécurité.

La conflit en Syrie,  qui dure depuis bientôt deux ans et a déjà fait, selon les dernières estimations de l’Onu, plus de 60 000 morts,  a été l’objet d’une rencontre à la Conférence de l’émissaire spécial des Nations Unies et de la Ligue arabe, Lakhdar Brahimi, , du président de la Coalition nationale des Forces révolutionnaires et de l’opposition syriennes, Cheikh Moaz al-Khatib et du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

La Russie, prête à un dialogue avec l’opposition syrienne

La Russie s’est déclarée à cette rencontre samedi favorable à des «contacts réguliers» avec l’opposition syrienne, en saluant la volonté de son chef d’entamer un dialogue sous conditions avec le régime de Bachar al-Assad.

C’était la première fois que le ministre russe des Affaires étrangères, rencontrait Ahmed Moaz al-Khatib depuis que ce dernier a été élu fin 2012 à la tête de la Coalition de l’opposition syrienne.

Cette ouverture de Moscou, principal soutien du régime de Bachar Al Assad, survient après que M. Khatib eut annoncé cette semaine qu’il était prêt à entamer un dialogue avec le régime, à l’exception des dirigeants «ayant du sang sur les mains».

Pour sa part, le vice-président américain, Joe Biden, qui effectue sa première visite en Europe depuis la réélection de Barack Obama a prononcé un discours ce samedi 2 février à la Conférence et a rencontré séparément MM. Brahimi et Lavrov.

De profondes divergences subsistent sur la question syrienne entre les Américains et les Russes.

Le ministre russe des Affaires étrangères a réitéré la position de Moscou sur le départ d’Assad: «L’insistance de ceux qui affirment que le départ du président Assad est la priorité numéro un est la principale raison de la poursuite de la tragédie syrienne», a-t-il affirmé, estimant que l’on pouvait «faire des progrès» si le Groupe d’action sur la Syrie, conduit par le médiateur Lakhdar Brahimi, se réunissait à nouveau pour tenter de parvenir à des mesures de transition.

M. Brahimi, quant à lui, n’a pas caché le fait qu’aucune solution n’était en vue et que la Syrie «éclatait un peu plus chaque jour».

En même temps,  les craintes d’un débordement et d’une régionalisation du conflit sont grandes. Un haut responsable américain aurait confirmé, rapportait une agence de presse, qu’Israël avait bombardé cette semaine près de Damas des missiles sol-air et un complexe militaire soupçonné d’abriter des armes chimiques, redoutant qu’elles soient livrées au Hezbollah libanais.

Session consacrée à la crise malienne

Par ailleurs, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, participe quant à lui à la session consacrée à la crise malienne.

La situation humanitaire au Mali est l’objet de vives préoccupations au sein de la communauté internationale, qui craint de la part des maliens des exactions et des représailles contre les Arabes et Touaregs maliens, assimilés aux islamistes qui ont occupé et fait régner leur loi dans le nord du pays pendant 10 mois. De pareilles représailles compromettraient, bien sûr, le rétablissement de la paix et de l’ordre constitutionnel, ainsi que le développement futur du Mali.

Sécurité euro-atlantique

Enfin, s’il faut en croire l’agence officielle Ria Novosti, le ministre Lavrov , devrait aussi profiter de la Conférence pour mettre l’accent sur la nécessité de créer un espace de sécurité indivisible dans la région euro-atlantique, en indiquant que les pays de la région pourraient le faire en renforçant la confiance mutuelle, en respectant les intérêts réciproques et en réagissant ensemble aux menaces transnationales.

Les puissances émergentes en Asie et en Amérique latine et la sécurité cybernétique sont également au menu des discussions à Munich.


Biden, Brahimi et Biden à la Conférence de Munich sur la sécurité (source: Al Jazzera)

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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