La Turquie ne restera pas silencieuse face aux crimes d’Assad, déclare Erdogan

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Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, au Forum de Davos en 2006 (Photo: World Economic Forum)
Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, au Forum de Davos en 2006 (Photo: World Economic Forum)

Après les critiques de l’opposition face l’inaction de la communauté internationale. le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré ce dimanche 24 février que son pays ne resterait pas silencieux face aux crimes commis par le régime d’al-Assad, rapporte le quotidien turc Hurrryet.

Au lendemain des tirs de missiles contre Alep qui ont fait plusieurs au moins 58 morts, dont 36 enfants, et plusieurs blessés, l’opposition syrienne avait annoncé samedi 23 février qu’elle suspendait sa participation à plusieurs rencontres internationales pour dénoncer le «silence international sur les crimes” commis par le régime de Bachar al-Assad.

Le chef de la Coalition de l’opposition syrienne, Ahmed Moaz al-Khatib, avait alors déclaré que le retrait de l’opposition des réunions internationales était «un message de protestation adressé à tous les gouvernements du monde qui voient comment le peuple syrien est en train d‘être tué et ne font que regarder.»

Un peu plus tard, dans la soirée de samedi, Washington avait condamné les tirs de missiles meurtriers.Ce attaques sont « les dernières démonstrations de la cruauté du régime syrien et de son manque de compassion pour le peuple syrien qu’il prétend représenter », avait déclaré la porte-parole du département d’Etat Victoria Nuland, réitérant que le régime n’avait « pas de légitimité ».

À son tour, aujourd’hui,lors d’un discours au Forum de communication du gouvernement dans les Émirats arabes unis, le premier ministre turc a déclaré:«Chaque jour, un grand nombre d’enfants et de femmes innocents meurent en Syrie », a déclaré M. Erdogan lors d’un discours au Forum de communication du gouvernement dans les Émirats arabes unis.

« Nous ne resterons pas silencieux sur ceux qui commettent des crimes contre leur peuple », at-il dit. « Nous ne resterons pas silencieux sur le dictateur brutal en Syrie […] Certaines personnes sont dérangés par la voix forte avec laquelle nous affrontons les problèmes du monde, mais «nous ne resterons pas silencieux. […] Le voisin de la Turquie au sud a été enfermé 23 mois dans ce conflit, dans lequel l’Organisation des Nations Unies estime que plus de 70.000 personnes ont été tuées depuis le début du soulèvement contre le régime d’Assad. »

Dès le début de la révolte populaire syrienne en mars 2011, la Turquie avait rompu ses liens diplomatiques avec le régime d’Assad dont elle réclame d’ailleurs le départ. Il y a aujourd’hui en Turquie près de 200.000 réfugiés syriens et la plupart des rencontres des opposants syriens, quand elle n’on pas lieu au Caire, se déroulent en Turquie.

Pendant ce temps, les violences continuaient de faire rage dans plusieurs régions du pays et bilan provisoire de l’OSDH, l’Observatoire syrien des droits de l’Homme. s‘élevait pour dimanche à 63 morts: 23 rebelles, 23 soldats et 17 civils.

Toujours selon l’OSDH, des combats intenses se déroulent autour d’une académie de police dans l’ouest de la province d’Alep, dernier bastion des troupes loyalistes sur cette zone, dans le nord de la Syrie, où les insurgés contrôlent déjà de larges territoires en particulier à Idlib (nord-ouest), à Raqqa (nord) et à Hassaké (nord-est), mais sont encore sous la menace de bombardements de l’aviation ou de tirs de missiles.

Un autre journaliste perd la vie

Par ailleurs, le conflit coûté la vie à un autre journaliste, le reporter-photographe français indépendant Olivier Voisin, qui a succombé en Turquie après avoir été touché par des éclats d’obus dans la région d’Idleb (nord-ouest), selon le ministère français des Affaires étrangères.

Les jeudi et vendredi, 17 et 18 janvier dernier, un journaliste syrien, Mohamed Al-Horania, qui travaillait pour la chaîne Al-jazzera, et un journaliste français d’origine belge et ancien militaire, Yves Debay, avaient été tués en Syrie par des tireurs embuasqués alors qu’ils couvraient des affrontements entre les rebrlles et les forces du régime.

Ces décès viennent aussi s’ajouter à ceux d’une vingtaine d’autres journalistes professionnels et d’une cinquantaine de citoyens-journalistes tués, selon Reporters sans frontières (RSF), depuis le début du conflit en mars 2011

Dans son Bilan annuel 2012, Reporters sans frontières expliquait le nombre de journalistes tués en Syrie, d’une part, par « la répression sanglante menée par Bashar Al-Assad qui s’est abattue sur les acteurs de l’information, témoins gênants d’exactions commises par un régime aux abois » et, d’autre part, par l’action certains groupes armés en lutte contre le régime Assad et «de plus en plus intolérants face aux critiques et prompts à cataloguer comme espions les professionnels de l’information qui ne relaient pas leurs thèses.»

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

DiscussionUn commentaire

  1. Antioche, Pays Syrien5

    Deux Cents mille refugiés syriens en « Turquie ».
    Ils peuvent les installer dans le territoire d’Antioche et créer la République de Syrie du Nord, avec capital Alexandrette (Iskenderun). Géré par la résistance et islamistes syriens.
    Ce territoire était syrien, mais par trahison est cédé par la France à la Turquie en 1938.
    C’est l’occasion de récupérer ce territoire syrien.

    Vive la République du Syrie du Nord.

    Ahmad Anazé