L’attentat à la bombe du 16 février au Pakistan fait 47 morts et 200 blessés

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Journée sombre le 10 janvier 2013 au Pakistan avec une série d'attentats qui a fait plus de 100 morts
La minorité chiite de la province pakistanaise du Baloutchistan a encore été frappée, cette fois à Hazara, non loin de Quetta

Mise à jour 16/02/13, 13h25

Le bilan des morts est passé à 52 selon les agences de presse et des sources locales parlent même de 63.

Un attentat à la bombe contre la communauté chiite a fait au moins 47 morts et 200 blessés ce samedi 16 février dans le sud-ouest du Pakistan, rapporte l’AFP.

La bombe télécommandée a explosé dans la ville d’Hazara, majoritairement peuplée de chiites, non loin de Quetta, la capitale de la province du Baloutchistan.

Les précédents bilans de la police ne parlaient que de huit, puis de dix morts.

Les violences contre les musulmans chiite, jugées hérétiques, par les musulmans sunnites, qui représentent l’orthodoxie dans l’islam, se sont multipliées ces dernières années au Pakistan, particulièrment au Baloutchistan, province frontalière de l’Iran et de l’Afghanistan.

Le 10 janvier, un double attentat suicide commis dans eun club de billard à Quetta avait causé la mort de 92 chiites, dans ce qui est encore l’attaque la plus meurtrière jamais perpétrée contre cette minorité au Pakistan, où les sunnites sont majoritaires, mais où un cinquième des 180 millions d’habitants sont chiites.

Selon l’organisation de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch (HRW), 2012 fut l’année la plus sanglante pour les chiites de ce pays alors que 400 d’entre eux ont été tués cette année au Pakistan.

Après l’attentat du 10 janvier, HRW avait dénoncé «la lâcheté et l’indifférence des autorités», notamment de l’armée et des services de sécurité, face à ces «massacres de sang-froid».

Le Baloutchistan a toujours été le théâtre d’affrontements entre la minorité chiites et le gouvernement d’Islamabad Une insurrection avait éclaté en 2004 au Baloutchistan pour exiger l’autonomie politique et un meilleur partage des revenus tirés de l’exploitation des ressources naturelles de la région. En 2010, HRW accusait le gouvernement pakistanais de faire disparaître des opposants au Baloutchistan.

De plus, certains observateurs estiment que les violences intercommunautaires sont soutenues par des pays tels que l’Arabie Saoudite (sunnite) ou l’Iran (chiite), qui exportent ainsi leur rivalité religieuse au Pakistan.


Attentat à la bombe contre la minorité chiite à Hazara, au Pakistan, 16 février (source: sakhi g)

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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