Le chef des putschistes maliens à la tête d’un comité de réforme de l’Armée

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Le chef des putschistes maliens à la tête d'un comité de réforme de l'Armée
Le chef des putschistes maliens à la tête d’un comité de réforme de l’Armée (Africapresse)

Le capitaine Amadou Haya Sanogo, chef des putschistes qui ont renversé en mars 2012 le président malien Amadou Toumani Touré, a été officiellement investi mercredi à la tête d’un comité de réforme de l’armée.

Il avait été nommé à ce poste mais n’avait pas encore été officiellement investi.

Le capitaine Sanogo a donc été investi ce mercredi 13 janvier en tant que président du “Comité militaire de suivi de la réforme des forces de défense et de sécurité” lors d’une cérémonie au siège de la présidence, à Koulouba (près de Bamako), en présence du président par intérim Dioncounda Traoré, du premier ministre Diango Cissoko et de plusieurs chefs militaires maliens, tous, ironie du sort, des gens qui lui doivent leur poste.

Le coup d’Etat du 22 mars 2012, en plongeant le pays dans le chaos, avait précipité la chute du nord du Mali aux mains de groupes islamistes armés liés à Al-Qaïda.

En perte de vitesse depuis le début de l’opération Serval et la reconquête d’un Nord-Mali, le capitaine Amadou Haya Sanogo devrait donc continuer à jouer un rôle après la période de transition, selon la revue Jeune Afrique, qui se demande si celui qui se compare en privé au général De Gaulle se contentera des honneurs qui lui seront faits – avec les prébendes qui vont avec, ou voudra un rôle important dans la transition.

Pendant ce temps, l’arrivée des casques bleus de la Misma se précise. Le Conseil de sécurité des Nations unies devrait parvenir d’ici deux à trois semaines à un accord sur le déploiement d’environ 6 000 casques bleus, a déclaré hier, mardi 12 février, le secrétaire général adjoint des Nations unies aux opérations de maintien de la paix Hervé Ladsous.

Les casques bleus de l’ONU devraient donc être déployées avant les élections prévues au plus tard le 31 juillet et censées rétablir l’ordre constitutionnel après le coup d’Etat militaire de mars 2012. Les casques bleus déployés au Mali pourraient être environ 6 000.

Mais les autorités maliennes, encore sous l’influence des putschistes qui avaient renversés le président Touré, se montrent réticentes.Le déploiement d’une force de maintien de la paix de l’ONU nécessite une résolution du Conseil de sécurité mais aussi l’accord des autorités maliennes.

Par ailleurs, une cache d’explosifs a été découverte ce matin à Gao.L’armée française a découvert dans le centre-ville de Gao un dépôt d’explosifs et de munitions appartenant au Mujao (Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest), contenant 300 à 400 kilos d’explosifs, notamment des obus, qui auraient pu être utilisés pour des opérations kamikazes menées par les djihadistes.

Les forces française et africaines restent vigilantes alors que Gao, la plus grande ville du nord du Mali, a été ces derniers jours le théâtre de violences de la part des groupes islamistes armés qui ont réussi à s’y infiltrer et promis d’y rester pour mener le combat.


Mali : Gao craint l’infiltration de djihadistes (source: Al-Qarra TV)

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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