Le ministre canadien Baird est le tout premier visiteur du secrétaire américain Kerry

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Le secrétaire d'État John Kerry and le ministre canadien des Affaires étrangères John Baird au Département d'État ont donné une conférence de presse le 8 février après leur rencontre (Photo: Michael Gross, Département d'État)
Le secrétaire d’État John Kerry et le ministre canadien des Affaires étrangères John Baird au Département d’État ont donné une conférence de presse le 8 février après leur rencontre (Photo: Michael Gross, Département d’État)

Le tout premier visiteur du nouveau secrétaire d’État américain, John Kerry aura été le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, ce qui en dit long, affirme John Kerry, sur l’importance des relations canado-américaines. Recevant le minsitre canadien ce vendredi 8 février à Washington, le secrétaire américain a souligné l’importance particulière des relations dans le domaine de l’énergie.

Lors de la conférence de presse conjointe avec le ministre Baird, après leur rencontre, le nouveau secrétaire d’État américain a dit que John Baird et lui avaient parlé « de nos relations dynamiques en matière d’énergie. Le Canada est le principal fournisseur étranger d’énergie des États-Unis d’Amérique. Et beaucoup de gens en Amérique ne sont pas conscients de cela. Ils pensent toujours au Moyen-Orient ou à une autre partie du monde. Mais le Canada est notre principal fournisseur d’énergie. ».

Le secrétaire américain a aussi souligné que « […] nos réseaux électriques partagés permettent à l’énergie de circuler librement dans les deux sens à travers la frontière. Alors que nous avançons pour répondre aux besoins d’un avenir énergétique propre et sécuritaire sécurité sur ce continent que nous partageons, nous allons continuer à bâtir sur les bases de la coopération. »

Quant au projet d’oléoduc Keystone XL de TransCanada, il pourrait faire l’objet d’une annonce prochaine de la part de Washington a indiqué John Kerry, lors de la conférence de presse.

En réponse à une question de la journaliste Lee-Anne Goodman de la Presse canadienne, qui s’inquiétait de l’impact négatif que la volonté du président Obama de s’attaquer au changement climatique pourrait avoir sur l’approbation du projet controversé d’oléoduc, le secrétaire américain a répondu:  » […] la secrétaire Clinton a mis en place un processus très ouvert et transparent [ d’étude du projet]. Je peux vous garantir que ce sera juste et transparent, responsable, et nous espérons que nous pourrons être en mesure de faire une annonce dans le court terme. Je ne veux pas d’établir avec précision quand, mais je vous assure que ce sera dans le court terme. »

Le ministre Baird, pour sa part, a profité de cette visite pour plaider encore une fois la cause du projet d’oléoduc de Trans-Canada: « Nous avons eu une bonne discussion à l’égard de Keystone », a-t-il dit en conférence de presse. […] Nous avons parlé de prendre une décision fondée sur la science et basée sur des faits ».

« Évidemment, quand il s’agit de l’environnement, je pense que nous avons des objectifs communs », a dit le ministre canadien des Affaires étrangères, mentionnant que « Le premier ministre Harper et le président Obama visent tous deux ensemble une réduction de 17 pour cent des émissions de GES(gaz à effet de serre) », mais soulignant la nécessité de favoriser aussi la croissance économique « Je pense que nous partageons tous la nécessité d’une économie en croissance, de créer des emplois », ajoutant aussi  » Nous partageons le désir de la sécurité énergétique en Amérique du Nord ».

Scène internationale

Par ailleurs, les deux hommes ont abordé aussi la question du conflit en Syrie et celle du programme nucléaire en Iran, John Kerry exhortant l’Iran à venir négocier sérieusement lors d’une rencontre au Kazakhstan avec le groupe des 5 grandes puissances le 26 février prochain: « La fenêtre de la diplomatie reste ouverte. Et nous avons convenu de rencontrer à nouveau l’Iran dans deux semaines au Kazakhstan. Nous avons fait connaître notre position. Le balle est vraiment dans le camp de l’Iran. La communauté internationale est prête à répondre si l’Iran est prête à parler sérieusement et pour à répondre aux préoccupations, qui ne pouvaient pas être plus claires, à propos de son programme nucléaire. S’ils ne le font pas, alors ils choisiront eux-mêmes de s’isoler. »

Quant à la Syrie, le secrétaire d’État américain a évoqué une éventuelle action diplomatique pour tenter de mettre fin au conflit. «Tout le monde au gouvernement et ailleurs dans le monde est profondément ébranlé par la violence qui se poursuit en Syrie […] Nous faisons le point en ce moment, nous regardons quelles mesures, notamment diplomatiques, pourraient être prises pour s’efforcer de réduire cette violence » a déclaré John Kerry. Il y a trop de tueries, trop de violences et nous voulons évidemment essayer de trouver un moyen d’aller de l’avant.»

Jeudi, lors d’une comparution de le comité du Sénat américain sur les Forces armées, où il témoignait sur l’affaire de l’attaque de Benghazi, le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, avait révélé que la CIA avait établi un plan pour armer et entraîner les rebelles syriens, soutenu par l’ex-secrétaire d’État Hillary Clinton, mais que le plan avait été rejeté par le président Barack Obama pour protéger les civils syriens et les Israéliens, assurer la sécurité des États-Unis et parce qu’il redoutait une aggravation du conflit en Syrie et un embrasement de la région.

Les États-Unis fournissent depuis près de deux ans à une aide humanitaire à la Syrie et aux réfugiés dans les pays voisins, ainsi qu’une assistance dite non létale pour les rebelles (équipements de communication, formation, etc.).

Les craintes que des armes, si la communauté internationale décidait d’armer les rebelles, tombent aux mains des djihadistes, est grande.

Le président français François Hollande a lui aussi écarté une levée par l’Union européenne de l’embargo sur les armes à destination des opposants syriens tant et aussi longtemps qu’un dialogue politique était encore possible.

Ahmed Moaz al-Khatib,le chef de la Coalition de l’opposition syrienne a d’ailleurs proposé d’entamer des discussions directes avec des représentants du régime syrien qui n’ont pas « de sang sur les mains », précisant toutefois que tout dialogue devait porter nécessairement sur le départ du président Assad.

L’offre de M. Khatib a reçu l’aval des Etats-Unis et de la Ligue arabe et surtout des alliés de la Syrie, la Russie et l’Iran, mais Damas, tout en se disant ouvert au dialogue, rejette les conditions préalables posées par al-Khatib.

Par contre, le nouveau secrétaire américain semble avoir entrouvert la porte: interrogé sur la possibilité d’armer l’opposition au régime d’Al-Assad, le nouveau secrétaire d’État américain a déclaré: «Je ne sais pas quelles étaient les discussions à la Maison-Blanche et qui disait quoi et je ne vais pas revenir en arrière. C’est un nouveau gouvernement maintenant, un second mandat pour le président, je suis le nouveau secrétaire d’État et nous allons avancer à partir de là.»

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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