Le ministre français de la Défense pour une transition sans Assad en Syrie

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Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense (Photo: ministère français de la Défense)
Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense (Photo: ministère français de la Défense)

Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a prôné samedi 16 février à Abou Dhabi une action en Syrie pour favoriser une transition sans le président Bachar al-Assad, rapporte l’AFP.

“Face au prix énorme que le peuple syrien a déjà payé (…), il est plus que jamais urgent d’agir pour dépasser les divisions en faveur d’une transition politique”, a déclaré le ministre français à Abou Dhabi.

C’est un deuxième week-end dans la région du Golfe persique pour Jean-Yves le Drian, qui s’était rendu samedi 9 février 2013 au Qatar pour y rencontrer le prince héritier Cheikh Tamin bin Hamad Al Thani et le chef d’état-major adjoint des armées du Qatar.

Cette fois,ce 16 février, il participait à une réunion de la Conférence sur la sécurité dans le Golfe, à Abou Dhabi, le plus grand émirat des Émirats arabes unis.

Le changement en Syrie devrait être “une transition où le président Assad n’aura pas sa place”, a-t-il déclaré. “Une tragédie, un drame se déroulent sous nos yeux à cause de l’acharnement d’un homme et d’un clan, accrochés au pouvoir en multipliant les exactions et les massacres quotidiens”.

La veille, la Coalition de l’opposition syrienne, dont le chef, Ahmed Moaz al-Khatib, avait proposer d’entamer des négociations avec des représentants du régime qui n’ont « pas sang sur les mains”, avait affirmé de nouveau que tout dialogue en vue d’une solution devait exclure al-Assad et les piliers de son régime.

Pendant ce temps, vendredi 15 février , des combats, continuaient à faire rage entre les troupes du régime et les combattants rebelles à Alep, un enjeu stratégique de première importance de la guerre dans le nord de la Syrie.

De plus, ces derniers jours, des rapts à caractère confessionnel se sont multipliés.

Les groupes rebelles concentrent désormais leur offensive dans les aéroports et bases aériennes d’Alep dans le but de neutraliser la puissance aérienne du régime, le principal atout de Bachar el-Assad dans sa guerre contre les rebelles syriens et il se pourrait fort bien que les rebelles parviennent dans un avenir proche à contrôler l’aéroport de cette ville, métroplole économique de la Syrie.

Le régime n’en demeure pas moins inébranlable dans son refus de céder le pouvoir et al-Assad continue de s’accrocher, malgré les 70 000 morts (selon les estimations de l’ONU) qu’ a fait ce conflit qui dure depuis maintenant deux ans.

Les opérations militaires du régime de Bachar al-Assad gagnent en brutalité au fur et à mesure que le régime perd du terrain, alors que la communauté internationale reste divisée sur la façon d’intervenir quant à elle, l’Union européenne et les États-Unis multipliant les sanctions contre Damas alors que la Russie n’a pas complètement renoncé à soutenir al-Assad.

L’occident caint aussi l’après Assad, crainte alimentée par la forte présence de groupes islamistes au sein de l’opposition syrienne et parmi les combattants rebelles.

La question iranienne

Le ministre français de la Défense a aussi abordé à Abou Dhabi la question du nucléaire iranien, afirmant que l‘évolution du programme nucléaire de l’Iran “ne fait que renforcer notre inquiétude alors que la perspective de l’acquisition par l’Iran de l’arme nucléaire est plus que jamais inacceptable”.

“Notre responsabilité est de faire échec” à la prolifération nucléaire, a-t-il ajouté, précisant que la France était “en faveur de l’approche qui combine la fermeté nécessaire et l’ouverture à un dialogue sérieux”.

L’Iran exige un allègement de ces sanctions en échange d’une réduction de son activité d’enrichissement d’uranium. Une demande rejetée par le groupe 5+1 (Etats-Unis, Chine, Russie, Grande-Bretagne, France et Allemagne) qui doit reprendre les négociations avec Téhéran le 26 février à Almaty au Kazakhstan.

La communauté internationale soupçonne encore l’Iran, malgré ses dénégations, de chercher à se doter de l’arme atomique sous le couvert de son programme civil. L’ONU et les Occidentaux ont pour cette raison imposé à l’Iran, qui n’a pas donneé de preuve satisfaisante de ses intententions sois-disant pacifiques, une série de sanctions économiques.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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