Le ministre tunisien de l’Intérieur, Ali Larayedh, au poste de premier ministre

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Ali Larayedh, le ministre de l'intérieur Tunisien, leader fondateur du parti Ennahdha , mainbtenant désigné au poste de premier ministre (Photo: Arbimaestro, WikiCommons)
Ali Larayedh, le ministre de l’intérieur Tunisien, leader fondateur du parti Ennahdha , mainbtenant désigné au poste de premier ministre (Photo: Arbimaestro, WikiCommons)

Le président tunisien Moncef Marzouki a approuvé ce vendredi 22 février la désignation par le parti islamiste Ennahda d’Ali Larayedh, actuel ministre de l’Intérieur, au poste de premier ministre, a annoncé le porte-parole de la présidence, Adnène Mancer, rapporte l’AFP.

Outre Ali Larayedh (ministre de l’Intérieur), les autres noms évoqués pour le poste de premier ministre étaient ceux de Mohamed Ben Salem (ministre de l’Agriculture), Noureddine Bhiri (ministre de la Justice) et Abdellatif Mekki (ministre de la Santé).

M. Larayedh aura donc à compter de maintenant un délai de 15 jours pour composer son gouvernement et présenter son programme au chef de l’Etat. Le gouvernement de M. Larayedh devra par la suite obtenir l’approbation de l’Assemblée nationale constituante (ANC) par une majorité d’au moins 109 députés sur 217.

La Tunisie est en proie à une crise politique depuis l’assassinat mercredi 6 février du leadr laïque de l’opposition Chokri Belaïd dont plusieurs en Tunisie spup¸onne le parti isalmiste au pouvoir, Ennahda, d’être responsable, tout au moins politiquement et moralement.

S’en était suivi des manifestations et un appel à la grève générale dans tous le pays.Le premier ministre Hamadi Jebali, lui même secrétaire gén.ral d’Ennahda, avait alors proposé pour calmer le jeu de former un gouvernement apolitique constitué de technocrates jusqu’aux prochaines élections.

Mais la frange adicale de son propre parti s’opposant à cette initiative, Hamadi Jebali, incapable en l’absence du soutien de son propre parti de former ce gouvrnement de transition, avait alors démissionné, ouvrant une crise institutionnelle qui s’ajoutait à la crise politique, qui se déroule elle-même sur fond de troubles sociaux et de crise économique. Bref, la Tunisie, berceau du printemps arabe, ne pouvait pas aller plus mal.

Le premier ministre démissionnaire a d’ailleurs déclaré dans son discours d’adieu jeudi 21 février que le peuple en avait marre des querelles et des tiraillements de la classe politique.Ennahda a toutefois promis de bâtir la coalition la plus large possible pour sortir le pays de la crise.

Ali Larayedh, 57 ans, qui vient d’être désigné par Ennahda au poste de premier ministre, a été l’un des principaux dirigeants du parti islamiste Ennahda, qu’il dirige en tant que secrétaire général jusqu’à son arrestation en décembre 1990 sous le régime Ben Ali.. Il est considéré comme un homme de dialogue et il appartient au courant modéré de son parti, tout comme Hamadi Jebali, dont il fut minsitre l’un des principaux ministres.

Tunisie numérique, dans un portrait d’Ali Larayedh, rapporte qu’il a été, à l’époque du régime de Ben Ali, arrêté et soumis à de très fortes persécutions psychologiques, allant jusqu’à des menaces de mort par injection de produits toxiques et des menaces de contamination au sida par transfusion sanguine.

L’enlèvement de sa femme Ouided Lagha en 1992, harcelée et abusée sexuellement dans les locaux du ministère de l’intérieur, l’a profondément marqué.

Militant de la premièr heure, torturé sous le régime tunisien déchu de Zine El Abidine Ben Ali, il a été l’objet à cette époque condamné par le tribunal militaire à quinze ans de prison en 1992, il passe dix ans de sa peine en isolement.

Mais, à sa sortie de prison, il multiplie les interventions dans les médias étrangers, notamment Al Jazeera, particulièrment sur la question des droits de l’homme.

Après le renversement de Ben Ali lors de la révolution de 2001 et la formation d’un gouvernement de coalition tripartite où Ennahda domine, en octobre de la même année, Ali Larayedh devient en décembre ministre de l’Intérieur dans le gouvernement d’Hamadi Jebali à qui il succède aujourd’hui.

Ali Larayedh est marié et père d’une fille et de deux garçons.

Son frère, Amer Larayedh, député du parti Ennahda à l’assemblée constituante, est membre du bureau exécutif d’Ennahda, chef de son département politique et communication et chargé des relations extérieures.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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