Le Soudan du Sud dénonce le renforcement militaire soudanais à la frontière

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Le Soudan du Sud accuse son voisin soudanais de continuer à déployer des forces militaires, notamment dans la région frontalière d'Abyei (Photo: UN Photo/Tim McKulka)
Le Soudan du Sud accuse son voisin soudanais de continuer à déployer des forces militaires, notamment dans la région frontalière d’Abyei (Photo: UN Photo/Tim McKulka)

Khartoum et Juba ne parviennent toujours pas à s’entendre. Ce mardi, le vice-ministre sud-soudanais de la Défense, Majak D’Agoot, a accusé le Soudan de renforcer sa présence à la frontière entre les deux pays. De nouvelles déclarations qui interviennent quelques jours après de nouveaux affrontements meurtriers dans cette zone contestée.

Majak D’Agoot est unanime. «Au cours des deux derniers mois, nous avons constaté une augmentation inhabituelle des forces le long de notre frontière commune», a ainsi assuré le vice-minisitre sud-soudanais de la Défense, ce mardi.

Il a également ajouté que les forces sud-soudanaises sont «en état de préparation maximum pour repousser toute attaque de Khartoum. Nous resterons sur nos positions actuelles, nous respecterons les termes de l’Accord [de septembre]».

Cet accord établi à Addis Abeba, le 27 septembre dernier, prévoyait la mise en place d’une zone tampon entre les deux pays. Cela aurait ainsi permis d’apaiser les tensions dans la région en imposant une zone démilitarisée où chaque armée devait reculer ses positions.

«C’est contraire à l’esprit de dialogue»

Riche en pétrole, la région d’Abyei constitue l’une des zones clés du désaccord persistant entre le Soudan et le Soudan du Sud.

Ce dimanche, le co-président du Comité de surveillance commun d’Abyei (AJOC), Luka Biong Deng, a dénoncé la décision du gouvernement soudanais de «former et d’imposer» leur propre commission pour les affaires humanitaires à Abyei sans consulter le gouvernement du Soudan du Sud.

«C’est également contraire à l’esprit de dialogue. L’accord [de juin 2011, certifiant la démilitarisation commune de la région, ndlr]ne prévoit pas de formation de ce corps. Ce qui est dans l’accord est [un]groupe de travail inter-gouvernemental», a-t-il déclaré.

«Il s’agit d’une violation flagrante de l’accord que l’UNIFSA [la Force intérimaire de sécurité des Nations Unies pour Abyei]devrait signaler. Il n’y a aucun autre moment mieux que maintenant. Les gens d’Abyei ont beaucoup souffert. Il est temps pour la communauté internationale de leur donner [le]soutien qu’ils méritent», a-t-il ajouté.

24 morts dans des affrontements proche de la frontière, ce samedi

Ces tensions et affrontements jaillissent notamment des relations délicates qu’entretiennent le Soudan et le Soudan du sud, héritage des vingt années de guerre civile.

Des heurts ont ainsi eu lieu, ce samedi, à la frontière des deux pays, entre miliciens et soldats sud-soudanais, faisant au moins 24 morts. L’armée du Sud (SPLA) aurait ainsi saisi un camion de l’armée du nord utilisé par les miliciens lors d’affrontements à Obed, dans l’État du Haut-Nil, au nord-est du pays.

Un porte-parole de l’armée du Soudan du Sud a également indiqué que les soldats ont tué sept activistes d’une milice soutenue par le Soudan après avoir franchi la frontière entre les deux pays.

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l’Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d’une licence en Information­-Communication, Gaëtan s’intéresse aux enjeux internationaux à travers l’analyse des différents conflits mondiaux.

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