Le Soudan, entre conflits permanents et désaccords chroniques

0
Le Soudan du Sud accuse son voisin soudanais de continuer à déployer des forces militaires, notamment dans la région frontalière d'Abyei (Photo: UN Photo/Tim McKulka)
Le Soudan du Sud accuse son voisin soudanais de continuer à déployer des forces militaires, notamment dans la région frontalière d’Abyei (Photo: UN Photo/Tim McKulka)

De nouveaux affrontements ont éclaté, ce mercredi, à la frontière entre le Soudan et le Soudan du Sud. Des rebelles du Mouvement populaire de libération du Soudan/branche Nord (SPLM-N) seraient aux prises avec l’armée soudanaise dans la province du Nil Bleu mais chaque partie dément la version de son adversaire.

Les insurgés du SPLM-N ont assuré, ce mercredi, affronter les Forces armées soudanaises (SAF) dans la ville frontalière de Kurmuk, dans la province du Nil Bleu. Le chef du SPLM-N, Yasir Arman, a ainsi assuré que ses hommes étaient en train de mener des combats à l’intérieur de la ville, dont ils occupaient l’aéroport, dans des propos rapportés par Reuters.

Une version totalement démentie par l’armée soudanaise. Un porte-parole militaire des SAF, al-Sawarmi Khalid, a assuré à l’agence américaine que les rebelles ne se trouveraient pas dans la ville de Kurmuk mais à 20 kilomètres de là, dans la cité de Muffa, où l’armée serait parvenue à les repousser.

La France demande l’application des accords du 27 septembre

Par ailleurs, un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères a évoqué, ce mercredi, la préoccupation de la France à l’égard de ces affrontements. Il a notamment assuré que la diplomatie française «appelle les parties à négocier au plus vite un accord de cessation des hostilités et à trouver un règlement politique à cette crise, comme l’ont demandé de manière répétée l’Union africaine et le Conseil de sécurité des Nations unies».

Il a également regretté «le manque de progrès dans la mise en œuvre des accords du 27 septembre 2012 entre le Soudan et le Soudan du Sud et les rapports faisant état de renforcements de troupes à la frontière». Avant d’ajouter que la France «appelle instamment les autorités des deux pays à activer immédiatement la zone démilitarisée le long de la frontière et à déployer les observateurs prévus par les accords du 27 septembre 2012».

Cet accord établi à Addis Abeba, en Ethiopie, prévoyait la mise en place d’une zone tampon entre les deux pays. Cela aurait ainsi permis d’apaiser les tensions dans la région en imposant une zone démilitarisée où chaque armée devait reculer ses positions.

Pour l’heure, les tensions se poursuivent entre rebelles et armées des deux pays. Khartoum et Juba ne parviennent toujours pas à s’entendre et la zone frontalière apparait de plus en plus instable et propice aux affrontements.

A lire aussi:

Le Soudan du Sud dénonce le renforcement militaire soudanais à la frontière >>

Nouvelles violences à la frontière entre Soudan et Soudan du Sud >>

Soudan: dégradation de la situation au Darfour et dans le Jebel Marra >>

Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l’Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d’une licence en Information­-Communication, Gaëtan s’intéresse aux enjeux internationaux à travers l’analyse des différents conflits mondiaux.

Les commentaires sont fermés.