Les républicains bloquent la nomination de Hagel au Pentagone

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Chuck Hagel, alors qu'il était sénateur (Photo, DoD)
Chuck Hagel, alors qu’il était sénateur (Photo, DoD)
Chuck Hagel n’est pas au bout de ses peines: après une comparution éprouvante le 31 janvier devant la Commission de la Défense du Sénat, les républicains ont réussi à bloquer temporairement jeudi 14 février la confirmation par l’ensemble du Sénat de la nomination de Chuck Hagel à la tête du Pentagone en refusant de passer au vote, repoussant ainsi d’au moins dix jours son éventuelle confirmation comme secrétaire à la Défense.

Au Sénat américain, l’obstruction parlementaire, appelée filibuster, est une technique visant à retarder le plus possible l’adoption d’une loi ou, comme c’est le cas ici, la confirmation d’une nomination de responsable politique de haut-rang, à l’aide des moyens réglementaires de la chambre.

Le filibuster est tout simplement une tactique dilatoire qui consiste, par exemple, à prononcer délibérément d’interminables discours pour prolonger interminablement le débat et repousser le moment de passer au vote. Ainsi, en 1953, un sénateur américain, Wayne Morse, qui tentait d’empêcher l’adoption d’un projet de loi, avait prononcé un discours de 22 heures et 26 minutes…

Ce jeudi, les sénateurs républicains n’ont donc pas voté pour ou contre la nomination de Chuck Hagel, ils ont plutôt, tout simplement, refusé de passer au vote et décidé de prolonger le débat. Les règles du sénat américain prévoient que, dans ce cas, pour mettre au débat et pouvoir passer enfin au vote, il faut alors qu’une super-majorité, 60 voix sur 100, décide de clore le débat.

Le vote pour clore le débat sur la nomination de Chuck Hagel et passer au vote, n’aura finalement été que de 58 contre 40, ce qui était insuffisant.

Les démocrates ont donc échoué de deux votes: les 55 sénateurs n’ayant pu rallié à leur cause 5 républicains pour ainsi obtenir une super-majorité, il n’ont pu surmonter l’obstruction des républicains

La nomination du candidat du président Obama à la tête du Pentagone s’en donc trouve bloquée temporairement.

Selon le leader de la majorité républicaine au Sénat, c’est la première fois dans l’histoire des Etats-Unis que le choix du président pour diriger le département de la Défense fait l’objet d’une telle obstruction.

Chuck Hagel devrait toutefois être confirmé dans la semaine du 25 février, après la semaine d’ajournement du Sénat, plusieurs républicains, dont le sénateur John McCain, ayant assuré qu’ils mettraient alors fin à leurs objections après ce délai.

Entre temps, M. Hagel manquera une importante réunion de l’Otan à Bruxelles la semaine prochaine consacrée au retrait d’Afghanistan, réunion qui devait marquer ses débuts comme secrétaire d’État.

Les républicains s’opposent vigoureusement au choix de l’ex sénateur républicain du Nebraska par le président Obama pour diriger le ministère américain de la Défense en raison de ses déclarations passées sur Israël, l’Iran et la guerre en Irak, à laquelle il s’est rapidement opposé, en contradiction avec les positions de son propre parti et du président républicain de l’Époque, George W. Bush.

Lors d’une audition parlementaire tendue, il s’est excusé pour certaines de ses déclarations passées, mais ses détracteurs continuent de réclamer des documents supplémentaires sur ses discours et revenus depuis 2008, sous-entendant même qu’il aurait pu avoir été payé par des organisations radicales ou anti-israéliennes.

La campagne de dénigrement qui se poursuit ne peut qu’embarrasser la Maison Blanche et seule la confirmation peut y mettre un terme.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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