L’opération Palaci: le plus vaste programme de prévention des avalanches au monde

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Après un déploiement de deux mois à Revelstoke, en Colombie-Britannique, les participants à la Roto 1 de l’opération Palaci sont rentrés au 1 Royal Canadian Horse Artillery (RCHA), à Shilo (Manitoba) en ce début du mois de février et font l’objet d’un article cette semaine sur le site du Commandement des opérations interarmées du Canada, le COIC.

Il faut dire qu’ils…ont vu neiger.

Dans le cadre de l’opération Palaci, les Forces canadiennes affectent chaque année deux troupes d’artillerie du RCHA au programme de prévention des avalanches de l’Agence Parcs Canada dans le col Rogers, en Colombie-Britannique. L’opération a pour but de prévenir le déclenchement d’avalanches naturelles qui risqueraient de bloquer la route et la voie ferrée qui relient la Colombie-Britannique au reste du Canada.

«Jusqu’à maintenant cette année, nous avons tiré 167 obus et déclenché 92 avalanches consignées », déclare le lieutenant Hughes, commandant de troupe d’artillerie de la Roto 1,« Normalement, de novembre à février, ils tirent 300 obus. C’est donc une année un peu moins chargée.»

Comme le col Rogers, en Colombie Britannique, est situé dans le parc national des Glaciers, peut-on lire dans l’article du COIC,l’opération Palaci est menée dans le cadre d’un protocole d’entente conclu entre le ministère de la Défense nationale et l’Agence Parcs Canada, de qui relève la gestion de ce secteur.

«Ensemble, nous exécutons le plus vaste programme mobile de prévention des avalanches au monde et les Forces canadiennes apportent une aide importante à l’Agence Parcs Canada en lui fournissant l’appui d’artillerie », ajoute Jeff Goodrich, prévisionniste d’avalanche principal des parcs nationaux du Mont-Revelstoke et des Glaciers, cité dans l’article.«Nous entretenons des liens solides depuis plus de 50 ans et nous comptons continuer encore longtemps de mener ensemble des opérations en vue d’assurer la sécurité des automobilistes qui circulent sur la route transcanadienne en hiver.»

Le col Rogers, qui s’étend de Revelstoke à Donald, comporte 130 couloirs d’avalanche traversant la route transcanadienne et la voie ferrée du Canadien Pacifique. L’hiver, il peut passer chaque jour jusqu’à 4 000 véhicules automobiles et 40 trains dans ce secteur.

La troupe d’artillerie de l’opération Palaci compte 17 membres de la Force régulière et de la Réserve qui se positionnent sur 18 plateformes disposées sur les côtés est et ouest de la route, à la demande de l’Agence Parcs Canada, qui surveille les conditions climatiques. Les plateformes sont dotées d’obusiers C3 de 105 mm modifiés pour le tir de précision.

Cette année jusqu’à présent, l’Agence Parcs Canada a fait appel à la troupe d’artillerie à cinq reprises: trois fois pour des missions de tir d’une demi-journée et deux fois pour des missions d’une journée complète.

Lorsque les artilleurs tirent, bien sûr la route est fermée pour des raisons de sécurité, mais ils doivent réaliser la mission le plus rapidement pour qu’elle puisse être de nouveau ouverte à la circulation, car chaque heure de fermeture de la route représente une perte d’environ 65 000 dollars pour l’économie locale.

«Nous veillons à travailler rapidement et efficacement quand la route est fermée parce que nous sommes conscients des répercussions », poursuit le lieutenant Hughes, cité dans l’article du Commandement des opérations interarmées. « Ils parviennent généralement à déneiger au moins une voie pour nous permettre de passer et de nous acquitter de notre tâche assez rapidement. Toutefois, il arrive parfois qu’on ne parvienne pas à déneiger la route en une seule journée.»

Touefois, souligne-t-on, les coûts découlant de la fermeture de la route pour une opération de tir représentent peu en comparaison avec ce qu’il en coûterait en temps et en argent pour déblayer la route après une véritable avalanche naturelle.

Quant à eux, les participants à la Roto 2 de l’opération Palaci demeureront à Revelstoke jusqu’en avril 2013.

D’autres opérations des Forces canadiennes à connaître

Les opérations des Forces canadiennes ne sont donc pas toutes de nature «guerrière».

Outre l’opération Palaci de prévention des avalanches, il convient de rappeler que les Forces canadiennes sont les principales responsables des service de recherche et sauvetage au pays. Elles participe aussi, dans le cadre de l’opération Drifnet, à la protection des pêches.

Le Programme national de recherche et de sauvetage (PNRS) est dirigé par le ministre de la Défense nationale et soutenu par le Secrétariat national de recherche et de sauvetage (SNRS). Au Canada, la SAR constitue un service intégré offert par les Forces canadiennes, la Garde côtière canadienne, la Gendarmerie royale du Canada et d’autres organisations fédérales, provinciales, municipales et bénévoles. Les Forces canadiennes sont les principales responsables de la prestation de services de SAR aéronautiques alors que principale responsabilité pour la SAR maritime est partagée entre les Forces canadiennes et la Garde côtière canadienne.

Par ailleurs, les Forces canadiennes participent avec le ministère canadien des Pêches et Océans à l’application du moratoire mondial sur la pêche au filet dérivant en haute mer, dans le cadre de l’opération Driftnet, la participation du Canada aux efforts multinationaux visant à contrôler la pêche au filet dérivant et d’autres formes de pêche illégale, non réglementée et non signalée dans le Nord de l’océan Pacifique.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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