Mali: 5 morts dans un attentat près de Tessalit, Gao sous les tirs maliens

0
Opération Serval : militaires français de la force Serval et nigériens de la MISMA patrouillent côte-à-côte dans les rues de Gao (Photo: EMA/ECPAD)
L’armée malienne tente de repousser l’avancée des islamistes dans la ville de Gao
(Photo: EMA/ECPAD)

Les combats se poursuivent au Mali. Vendredi, l’armée malienne a tiré à l’arme lourde sur la mairie de Gao pour tenter de déloger les islamistes présents dans la ville depuis la nuit de mercredi à jeudi. Un attentat-suicide visant les rebelles du MNLA a fait cinq morts aux environs de Tessalit, à proximité de la frontière algérienne.

Le Nord-Mali est en proie à l’instabilité. Ce vendredi, de nouveaux tirs à l’arme lourde ont été constatés dans la ville de Gao, à 1 200 km au Nord-Est de Bamako, comme l’a rapporté une journaliste de l’AFP.

A l’aide de lance-roquettes, des soldats maliens ont visé la mairie de la ville, où s’étaient retranchés un groupe d’islamistes armés, ce jeudi, lors de violents combats au cœur de la cité.

NOTRE DOSSIER SUR LE MALI >>


Un militaire malien a indiqué que des mines avaient été placées dans le secteur alors que de «nombreux» corps de djihadistes, portant des ceintures d’explosifs et tenant des grenades dégoupillées, se trouvaient encore dans la mairie ou dans le palais de justice à proximité. Pour sa part, le colonel malien Mamadou Samaké a assuré qu’«au moins» un islamiste se trouvait à l’intérieur, essayant même de riposter avant d’être tué.

De son côté, l’armée française a fait état, ce jeudi, de quinze à vingt victimes dans le camp islamiste, précisant que deux soldats français auraient été «très légèrement blessés» et que «quatre soldats maliens auraient été blessés». Une source militaire malienne avait alors assuré qu’une «quarantaine d’islamistes» étaient aux prises avec les forces maliennes dans les rues de Gao, suite à des tirs d’armes lourdes perpétrés dans la nuit de mercredi à jeudi.

Dans une déclaration à la presse, effectuée ce jeudi en marge de la réunion des ministres de la Défense de l’OTAN, le ministre français, Jean-Yves Le Drian, a assuré que les forces françaises se trouvaient en appui de leurs homologues maliennes, en vue de repousser les attaques des groupes islamistes.

Parmi ceux-ci, le Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) avait confirmé sa présence dans les rues de Gao. Les rebelles islamistes entendent ainsi combattre dans la ville pour la «libérer des mécréants», comme l’a assuré le porte-parole du Mujao, Abu Walid Sahraoui, interrogé par l’AFP. Avant d’ajouter que cette «bataille» visant à rétablir la domination islamiste dans le Nord-Mali ne faisait «que commencer».

Cinq morts dans un attentat-suicide visant les rebelles touaregs du MNLA

Dans le même temps, un attentat-suicide mené par deux kamikazes a coûté la vie à cinq personnes dans la localité d’Inhalil, à proximité de Tessalit. Une zone située au Nord du massif de l’Adrar des Ifoghas, région montagneuse considérée comme un bastion touareg mais aussi le lieu de refuge des islamistes poursuivis par l’armée française.

Citée par l’AFP, une source sécuritaire malienne a affirmé que deux véhicules piégés ont explosé, prenant pour cible des civils et des combattants du MNLA. Avant d’ajouter que «les terroristes ont toujours affirmé qu’ils combattraient les forces françaises et leurs alliés, c’est ce qui s’est passé à mon avis».

Selon un responsable du MNLA à Ouagadougou, Mohamed Ibrahim Ag Assaleh, cet attentat a eu lieu à 5h30, heure locale (0h30, heure de Montréal), à la frontière algérienne, précisant que les deux kamikazes sont morts ainsi que trois membres du MNLA, dans des propos rapportés par l’AFP.

Une attaque contre les alliés de la France

Parmi les initiateurs du coup d’État du 22 mars 2012 contre le gouvernement et l’armée malienne, le MNLA, mouvement indépendantiste touareg, a rapidement vu sa domination dans le Nord-Mali être remise en cause par les ambitions des différents groupes islamistes armés.

S’ils craignent désormais des représailles de l’armée malienne lors de la reconquête du Nord du pays avec l’Opération Serval, les membres du MNLA n’ont pas hésité à apporter leur soutien aux armées française et tchadienne lors de leur arrivée à Kidal, fin janvier.

Pour le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, il s’agit de «relations fonctionnelles avec le MNLA», l’état-major de l’armée tricolore confirmant, pour sa part, «se coordonner» avec «les groupes qui ont les mêmes objectifs» que Paris.

Entre attentat-suicide et confrontations directes, la mission de sécurisation du Nord-Mali entamée par les forces françaises, maliennes et africaines se poursuit dans l’incertitude. Si l’avancée de l’Opération Serval n’a connu que peu de difficultés lors des premières semaines, «il y a désormais une vraie guerre au Mali», comme l’a confirmé Jean-Yves Le Drian.

Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l’Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d’une licence en Information­-Communication, Gaëtan s’intéresse aux enjeux internationaux à travers l’analyse des différents conflits mondiaux.

Les commentaires sont fermés.