Mali: chute de Tessalit, un des derniers bastions islamistes

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L’armée française a pris  ce vendredi 8 février le contrôle de Tessalit, l’un des derniers bastions des groupes islamistes dans le nord-est du Mali, au cours d’une opération des forces spéciales, des unités d’élite de l’armée régulière, particulièrement équipées et entraînées, a indiqué l‘état-major des armées françaises.

Dans la nuit du 7 au 8 février 2013, une opération aéroterrestre a été menée dans la zone de Tessalit, au nord du Mali, dit un communiqué de l’État-major français.

« Des éléments français des forces spéciales ont été parachutés sur l’aéroport de Tessalit afin de sécuriser la piste. Un poser d’assaut est venu renforcer les premiers éléments qui se sont infiltrés en vue de sécuriser l’aéroport. Les renforts d’une cinquantaine de soldats du 1er RCP [égiment de chasseurs parachutistes], initialement basés sur Kidal, ont été acheminés par l’escadron de transport des forces spéciales afin de renforcer ce dispositif et de permettre aux forces spéciales de lancer des patrouilles en vue de s’assurer du contrôle de la ville. »

« Parallèlement », poursuit le communiqué de l’État-major, « le SGTIA [sous-groupement tactique interarmes] blindé du 1er RIMA[régiment d’infanterie de marine], a réalisé un raid blindé de plus de 500 kilomètres à partir de Gao afin de rejoindre dans la matinée du 8 les éléments français dans la zone de Tessalit. De leurs côtés, les éléments des forces armées tchadiennes sont partis de Kidal dans la journée du 7 février afin de rallier ce dispositif. »

Le minsitère de la Défense français précise encore que cette opération, « menée en toute discrétion, a été exécutée avec l’appui d’hélicoptères et d’appareils de l’armée de l’air qui ont réalisé pour cette seule nuit plus d’une trentaine de sorties dont une douzaine dédiée aux frappes afin de sécuriser la zone. ».

Les forces françaises contrôlent donc à présent Tessalit.

Les régions d’Aguelhok et de Tessalit, à 200 km au nord de Kidal, étaient la cible depuis plusieurs jours des frappes aériennes françaises, visant des dépôts logistiques et des centres d’entraînement des groupes islamistes qui s’y étaient réfugiés.

Pendant ce temps, commence la guérilla islamiste 

Pendant ce temps, alors que les forces françaises achève la reconquête du Mali, les islamistes, qui ont perdu la guerre, se tournent vers la guérilla et les maliens recommencent, quant à eux, à se battre entre eux.

Un islamiste a commis ce vendredi 8 février le premier attentat suicide de l’histoire du Mali, à Gao (Nord), ville récemment reprise aux groupes armés, alors qu‘à Bamako, des soldats maliens ont attaqué un camp de militaires proches de l’ex-président Amadou Toumani Touré dont le renversement l,an dernier, et le chaos qui avait suivi, avait  permis aux rebelles touaregs, bientôt évincés par leurs alliés islamistes, de s’emparer du nord du pays.

A Gao, à 1.200 km au nord-est de Bamako, un homme s’est fait exploser vendredi dans un attentat suicide visant des militaires maliens.

L’attentat a été revendiqué par le Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), l’un des groupes armés qui occupait depuis des mois le Nord du Mali, y faisant appliquer la loi islamique dans toute sa rigueur.

Au même moment, dans la capitale malienne,  Bamako, plusieurs personnes ont été blessées lors de l’attaque du camp des “Bérets rouges”, proches du président renversé l’an dernier, par des soldats des autres corps de l’armée malienne.

On ne saurait mieux illustrer les divisions qui règnent au sein de l’armée malienne que les rebelles avaient facilement mis en déroute l’an dernier.

L’attaque  de ce vendredi semble motivée par le refus des “Bérets rouges” d’être « éparpillés » en étant individuellement réaffectés dans d’autres unités pour aller combattre les islamistes dans le Nord.

Les “Bérets rouges” avaient vainement tenté en avril 2012 de reprendre le pouvoir après le coup d’Etat du 21 mars contre le président Toumani Touré, mené par un autre corps d’armée, les « Bérets verts », mené par capitaine Amadou Haya Sanogo.

Par ailleurs, les zones reconquises ne sont pas encore toutes parfaitement sécurisées.


Recherche et destruction des munitions cachées par les islamistes(source: BBC)

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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