Mali: des affrontements à Gao, un attentat à Kidal

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Opération Serval : militaires français de la force Serval et nigériens de la MISMA patrouillent côte-à-côte dans les rues de Gao (Photo: EMA/ECPAD)
L’armée malienne tente de repousser l’avancée des islamistes dans la ville de Gao
(Photo: EMA/ECPAD)

Des heurts entre l’armée malienne et des islamistes armés se poursuivent dans la ville de Gao, après des tirs d’armes lourdes perpétrés dans la nuit de mercredi à jeudi.

Les combats continuent au cœur de la plus grande ville du Nord du Mali. Une «quarantaine d’islamistes», selon une source militaire malienne, sont actuellement aux prises avec les forces maliennes, à 1 200 km au nord-est de Bamako.

Cette même source affirme que trois islamistes ont été tués dans ces affrontements avec des soldats nigériens, aux entrées Nord et Sud de la ville, suite à des tirs à l’arme lourde entendus, dans la nuit de mercredi à jeudi.

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Les combats se sont poursuivis au centre de Gao, ce jeudi, où une correspondante de l’AFP a constaté que le palais de justice était en feu. Interrogé depuis Bamako, le capitaine Amadou Diarra de l’armée malienne a affirmé que ses troupes faisaient face aux djihadistes à proximité de la mairie de Gao, dans des propos rapportés par l’AFP.

L’un des principaux groupes islamistes armés, le Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) a confirmé sa présence dans les rues de Gao. Interrogé par l’AFP, le porte-parole du Mujao, Abu Walid Sahraoui, a assuré que ses troupes avaient reçu l’ordre d’attaquer, affirmant que si les forces armées en face s’avèrent plus fortes, les islamistes n’hésiteraient pas à reculer pour mieux revenir, jusqu’à la libération de Gao.

«La ville est déserte»

Selon le correspondant de France24 à Bamako, Serge Daniel, «les djihadistes ont tenté, dans un premier temps, de prendre le contrôle de la mairie car la mairie se trouve à plus ou moins cinquante mètres du fleuve Niger, par lequel ils sont arrivés».

Le capitaine Diarra a également précisé que les djihadistes ont infiltré la ville, les forces maliennes tentant désormais de riposter.

«Les troupes gouvernementales sont en train de riposter mais ripostent de loin», a déclaré le correspondant de France24, précisant ainsi que «ce n’est pas forcément les islamistes qui ont détruit le palais, cela peut être l’armée malienne qui, voulant attaquer les djihadistes à l’arme lourde, a détruit ce palais».

Il a également ajouté que «la ville est déserte aujourd’hui, […] il y a une réelle tension, exactement comme il y a quelques jours lorsque les djihadistes ont pénétré le commissariat de la ville de Gao et se sont affrontés à l’arme lourde avec l’armée malienne». Les forces françaises avaient alors bombardé le commissariat, faisant une victime parmi les djihadistes, dans la nuit du 10 au 11 février dernier.

L’explosion d’une voiture piégée à Kidal

A Kidal, 350km plus au Nord, l’explosion d’une voiture piégée a coûté la vie à au moins un civil, à proximité du camp militaire occupé par les soldats français et tchadiens.

«Le véhicule est arrivé en filant vers le sud-ouest de Kidal. Il a explosé à environ 500 mètres du camp occupé par les Français et les Tchadiens. Deux civils ont été blessés, ils sont à l’hôpital», a déclaré par téléphone un élu de Kidal, confirmé par la suite par une source sécuritaire malienne à Bamako.

S’il a également ajouté que «personne n’a encore approché le véhicule pour savoir si le conducteur vivait toujours», un fonctionnaire du gouvernorat de Kidal a, de son côté, précisé que le conducteur du véhicule était sans doute «un kamikaze» qui «visait le camp». «Mais il est allé exploser avec sa voiture noire dans une cour. Il y a eu un grand bruit», a-t-il conclu.

Alors que les forces françaises et maliennes tentent de «désorganiser les groupes terroristes et [de]démanteler les sanctuaires terroristes» dans le massif de l’Adrar des Ifoghas, la rébellion islamiste est encore présente dans les villes clés du Nord-Mali. La phase de sécurisation est encore loin d’être terminée dans cette région du pays.

Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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