Mali: la France souhaite l’intervention des casques bleus de l’ONU

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Le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, souhaite que les Casques Bleus remplacent la Misma au Mali (Photo: UN Photo/JC McIlwaine)
Le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, souhaite que les Casques Bleus remplacent à terme la Misma au Mali (Photo: UN Photo/JC McIlwaine)

Acteur principal de la guerre au Mali, la France souhaite retirer progressivement ses troupes du pays. Si le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, a évoqué, ce mardi, un possible retrait à partir du mois de mars, il a renchéri, ce mercredi, en ajoutant que l’Élysée oeuvrait pour la mise en place d’une opération de maintien de la paix dirigée par l’ONU.

«Cela ne signifie pas du tout qu’il y aura une modification de l’organisation, simplement, ce sera mis sous l’ombrelle générale de l’ONU», a ainsi déclaré Laurent Fabius, ce mercredi, à la presse anglo-américaine.

Alors que l’opération Serval se poursuit dans le nord du Mali, le ministre français des Affaires étrangères assure que Paris continue de travailler sur la pacification du pays. Il a ainsi évoqué sa volonté de voir l’ONU déployer des casques bleus à partir du mois d’avril prochain.

«Beaucoup de nos spécialistes et de nos collaborateurs travaillent dans cette perspective-là», a-t-il affirmé.

«À partir du moment où la sécurité est assurée, on peut tout à fait envisager sans changer les structures que ça se fasse à travers ce cadre d’une opération de maintien de la paix. Cela présente l’avantage d’être sous le chapeau des Nations unies, sous le financement des Nations unies et puis ce sont des structures bien connues qui ont fonctionné dans beaucoup d’endroits», a ainsi détaillé Laurent Fabius.

Une demande officielle devant le Conseil de sécurité

Des déclarations qui font écho à celles de l’ambassadeur français aux Nations unies, Gérard Araud. Ce dernier a en effet demandé officiellement, ce mercredi, au Conseil de sécurité de réfléchir à l’envoi d’une force de maintien de la paix au Mali en vue de chapeauter les actions de la MISMA.

«La France a évoqué la perspective de la création d’une opération de maintien de la paix sous casque bleu», a-t-il déclaré aux journalistes, précisant que cette force «aidera les Maliens à refonder le pays» en vue d’une «stabilisation».

Une stabilisation du pays qui passera par une pacification des tensions envers les islamistes. Par crainte de représailles et d’exactions, la France a également insisté devant le Conseil de sécurité sur la nécessité d’envoyer des observateurs des droits de l’homme dans les zones reprises aux islamistes, dans le nord du pays.

La Communauté internationale soutient une intervention des Nations Unies

Alors que Paris prépare déjà l’après-guerre, les pays africains et occidentaux semblent soutenir son initiative.

Réunis, ce mardi, à Bruxelles, les membres du groupe de soutien pour le Mali (Union Européenne, CEDEAO, ONU et l’Union Africaine) ont affiché leur accord quant à un déploiement futur des casques bleus dans le pays.

Après s’être prononcé en faveur d’une action forte afin de vaincre militairement les rebelles, le chef de la diplomatie tchadienne a notamment avoué «qu’un processus dans le cadre d’une mission des Nations unies sera opportun».

Pour sa part, le ministre malien des Affaires étrangères, Tieman Coulibaly, a déclaré qu’il n’était pas hostile à cette idée de transformer la MISMA en mission de l’ONU, mais à condition qu’elle soit dotée d’un mandat clair.

Des conditions qui n’étonnent pas Gérard Araud. «Il est normal qu’il y ait des questions et des objections à Bamako, nous devons avoir un dialogue avec les autorités maliennes», a ainsi déclaré l’ambassadeur français à l’ONU.

Une nouvelle possibilité de financement

Principal atout d’une telle intervention des Nations Unies, le volet financier est au cœur des débats. Le déploiement des forces de la MISMA a déjà été retardé pour des problèmes financiers et logistiques.

L’intervention des casques bleus permettraient ainsi de faciliter le financement de l’opération. Chaque pays membre de l’ONU doit, en effet, obligatoirement y contribuer alors que l’intervention de la MISMA ne repose que sur des contributions volontaires.

«À moyen terme, nous devons nous assurer que le Nord dispose de suffisamment d’argent pour son développement, de sorte que les populations sur place puissent avoir de réels moyens de subsistance», affirme un responsable européen sous couvert de l’anonymat.

Alors que la traque des islamistes se poursuit dans le nord du pays, la Communauté internationale pose progressivement les bases de son projet en vue d’une pacification retrouvée entre les différentes ethnies présentes au Mali.

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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