Mali: quatre blessés dans de nouveaux bombardements de l’armée française au Nord

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Opération Serval : le 4 février 2013, un Mirage F1CR armé de 4 bombes MK82 et un Rafale biplace armé de 6 GBU12, se dirigent vers une cible à détruire dans le Nord du Mali (Photo: EMA/ armée de l'Air)
Opération Serval : le 4 février 2013, un Mirage F1CR armé de 4 bombes MK82 et un Rafale biplace armé de 6 GBU12, se dirigent vers une cible à détruire dans le Nord du Mali (Photo: EMA/ armée de l’Air)

La guerre s’intensifie au Nord-Mali. Entre explosions, affrontements et bombardements, le conflit a pris une nouvelle tournure, ces derniers jours. Ce dimanche, l’aviation française a touché une base des rebelles du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA), faisant quatre blessés.

Un week-end animé au cœur de la région de Tessalit. Les affrontements violents entre les forces françaises et maliennes et les islamistes du Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) dans la ville de Gao avaient émaillé la fin de semaine dernière. Samedi et dimanche, le front se situait plus au Nord, à proximité de la frontière algérienne.

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Suite aux heurts entre des membres du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA) et les rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), l’aviation française est venue épauler ses alliés de circonstance.

Cité par l’AFP, un des responsables du MAA, Boubacar Ould Taleb, a affirmé, ce lundi, que quatre de ses combattants ont été blessés lors des bombardements de l’armée française contre leur base d’Infara. Il a également précisé que cinq véhicules ont été détruits lors de cette opération.

Une information confirmée par une source sécuritaire régionale, assurant que des appareils militaires ont bombardé les positions du MAA à proximité de la frontière algérienne.

Confusion autour de la bataille d’In-Khalil

Cette intervention française intervient quelques heures après les affrontements entre membres du MAA et du MNLA dans la localité d’In-Khalil, à 30km d’Infara. Ce samedi, le responsable du MNLA basé à Ouagadougou, Mohamed Ibrahim Ag Assaleh, avait affirmé que son mouvement avait été attaqué par des «terroristes» à In-Khalil.

Il avait alors accusé les membres du MUJAO d’attaquer les positions du MNLA dans cette ville. Le groupe islamiste avait d’ores et déjà revendiqué l’attentat-suicide de vendredi, ayant coûté la vie à trois membres du MNLA.

Mais le MAA assure avoir mené cette opération pour protester contre les exactions et les pillages des rebelles touaregs du MNLA à l’encontre des populations arabes de la cité. Si la confusion règne dans la région, l’armée française est intervenue dès samedi pour effectuer un seul tir sur l’un des véhicules des assaillants.

Suite aux nouvelles frappes françaises effectuées, ce dimanche, Boubacar Ould Taleb s’indigne de telles opérations. «Pourquoi les Français nous bombardent ? Pourquoi prennent-ils parti pour le MNLA ?», s’interroge-t-il, voyant les rebelles touaregs s’allier aux forces françaises dans le nord du pays.

Ce vendredi, l’aviation tricolore avait déjà dû intervenir lors d’un violent accrochage entre les forces tchadiennes et des djihadistes, dans la région montagneuse de Tessalit, proche de la frontière algérienne. «Le bilan général des affrontements […] et des opérations de ratissage qui ont suivi s’établit comme suit: 93 terroristes tués […] dans les rangs ennemis. Nous déplorons 23 soldats tués et 30 blessés», a précisé l’état-major tchadien, ce lundi, dans un communiqué.

Les islamistes ont «la capacité de destruction d’une armée»

De violents affrontements qui traduisent les capacités d’armement des différents groupes islamistes actuellement en guerre face aux forces françaises, maliennes et africaines. Pour le commandant de la zone de Gao, le colonel Laurent Mariko, il n’y a aucun doute: ces groupes ont la «capacité de destruction» d’une véritable armée, comme il l’a confié, ce dimanche, lors de la présentation à la presse d’armements saisis aux islamistes depuis le 26 janvier.

Il a également précisé que ces armes (fusils d’assaut, mitrailleuses, lance-roquettes, obus, explosifs,…) proviennent de «stocks de l’armée malienne -il y a eu des défections massives avec des capacités militaires-, mais aussi de la gendarmerie sénégalaise ou d’autres pays limitrophes».

Pour le colonel-major Didier Dacko, «l’impression qu’on a, c’est qu’eux et nous avons quasiment les mêmes armes, sauf la troisième dimension, l’aviation, qu’ils n’ont pas».

«Les groupes armés djihadistes arrivent à mettre en place des systèmes (explosifs) télécommandés avec des téléphones et ils le font pour faire peser une menace permanente sur la ville de Gao. […] Ils ont aussi des engins blindés, mais on s’est rendu compte qu’ils ne savaient pas les utiliser ou les réparer», a précisé le colonel Mariko.

Avant d’ajouter que «ces gens n’ont pas de signe distinctif et peuvent opérer partout», faisant craindre la poursuite d’une véritable guérilla urbaine sur fond d’attentats et d’embuscades. Une tactique que les forces françaises tentent de contrer grâce, notamment, au nouveau soutien américain avec l’appui aérien des fameux drones Predators.

Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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