Nucléaire: l’Iran installe de nouvelles centrifugeuses

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En 2009, le président iranien Ahmadinejad visite l'installation nucléaire de Natanz, ville située au centre de l'Iran. (Photo: Presidency of The Islamic Republic of Iran)
En 2009, le président iranien Ahmadinejad visite l’installation nucléaire de Natanz, ville située au centre de l’Iran. (Photo: Presidency of The Islamic Republic of Iran)

Selon le rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), paru jeudi, de nouvelles centrifugeuses ont été installés, début février, sur le site de Natanz alors que se profile le rendez-vous avec les membres du «groupe 5+1», le 26 février prochain.

L’Iran modernise son site nucléaire de Natanz. «Le 6 février 2013, l’agence a observé que l’Iran a commencé l’installation de centrifugeuses IR-2m», constate ainsi l’AIEA dans son rapport, paru jeudi. Elle précise également que «c’est la première fois que des centrifugeuses plus avancées que les IR-1 ont été installées».

Malgré l’opacité sur son programme nucléaire, l’Iran avait d’ores et déjà confirmé, le 13 février dernier, qu’une modernisation de ses centrifugeuses était à l’ordre du jour. «Nous avons réussi à maîtriser la technologie pour la fabrication de matériel composite et nous avons réussi à fabriquer les pièces de la nouvelle génération de centrifugeuses avec ce matériel», déclarait alors le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie nucléaire (OIEA), Fereydoun Abbassi Davani.

Un manque de transparence regrettable

Pour autant, l’AIEA regrette notamment l’absence d’accord sur la vérification des activités nucléaires iraniennes. En visite, la semaine dernière, l’agence onusienne a constaté qu’«il n’a pas été possible de finaliser un document d’approche structurelle ou de commencer un vrai travail dans cette direction», comme précisé dans son rapport.

Des divergences dont a déjà fait état le chef des inspecteurs de l’agence, Herman Nackaerts, à son retour d’Iran, la semaine passée. S’il a regretté l’établissement d’un document structurel «qui n’a pas pu être finalisé», il a également assuré que «nous [l’AIEA, ndlr] allons travailler dur afin de résoudre les différends qui restent».

Car jusqu’à présent, l’AIEA cherche, en vain, à éclaircir les différents points soulevés lors de son rapport de 2011, selon lesquels l’Iran avait œuvré à la mise au point de la bombe atomique avant 2003 et peut-être après. Téhéran est en effet accusé de mener un programme d’enrichissement d’uranium en vue d’acquérir l’arme atomique. Des accusations réfutées en bloc, l’Iran exigeant ainsi la réduction des sanctions à son encontre.

Moscou appelle au dialogue

Par ailleurs, la Russie a appelé Téhéran à s’ouvrir au dialogue lors de la prochaine réunion avec le groupe 5+1 (France, Chine, Etats-Unis, Royaume-Uni, Russie et Allemagne), prévue le 26 février prochain, à Almaty, au Kazakhstan. Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a déclaré, ce jeudi, qu’il attendait que «la partie iranienne soit mieux préparée au dialogue».

Plus de huit mois après la dernière réunion entre les différents partis, Moscou assure ainsi qu’il faut «trouver une solution qui permette de rétablir la confiance envers le caractère pacifique du programme nucléaire iranien».

De son côté, la France a affirmé, jeudi, qu’«une offre actualisée» sera faite à l’Iran, lors de cette réunion. S’il attend «un vrai échange, aboutissant à des résultats concrets», le porte-parole adjoint du ministère français des Affaires étrangères, Vincent Floreani, a confié que le groupe 5+1 espère «que l’Iran abordera cette réunion dans un esprit constructif, et sera prêt à discuter, dans le détail et avec une perspective renouvelée, des aspects à clarifier de son programme nucléaire».

Des déclarations qui font écho à celles d’un diplomate occidental, cité sous couvert d’anonymat, ce mercredi. Il a précisé qu’«une offre sérieuse et substantielle […]avec des éléments significatifs» serait faite à destination de Téhéran, lors de cette réunion.

En attendant, l’Iran et son président, Mahmoud Ahmadinejad, poursuivent leur activité nucléaire. Bien loin des inquiétudes et sanctions prononcées par la communauté internationale.

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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