OTAN : vers une Alliance «plus efficace» et «plus énergique»

0
Le ministre ukrainien de la Défense, Pavlo Lebedev, et le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, ont signé, ce vendredi, à Bruxelles, un échange de lettres en vue de renforcer leur coopération (Photo: OTAN)
Le ministre ukrainien de la Défense, Pavlo Lebedev, et le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, ont signé, ce vendredi, à Bruxelles, un échange de lettres en vue de renforcer leur coopération (Photo: OTAN)

Réunis jeudi et vendredi à Bruxelles, les 28 ministres de la Défense des pays membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) ont décidé de renforcer leur collaboration avec l’Ukraine, de poursuivre la mission de formation en Afghanistan et de développer l’interopérabilité de leurs forces.

«Nous avons pris plusieurs mesures importantes, pour faire en sorte que l’OTAN demeure prête à faire face aux menaces de demain tout en nous adaptant aux réalités économiques d’aujourd’hui». Par ces mots, le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, synthétise les deux jours d’âpres discussions qu’ont menés les différents membres de l’Alliance atlantique.

Les ministres de la Défense des 28 pays membres ont ainsi pu plancher sur la question des relations entre l’OTAN et l’Ukraine. A ce titre, le ministre ukrainien, Pavlo Lebedev, et le secrétaire général ont signé un échange de lettres visant à renforcer leur coopération. Cet échange doit permettre la mise à disposition par l’Ukraine d’une frégate et d’un hélicoptère pour l’Opération Ocean Shield, menée par l’OTAN dans le but de lutter contre la piraterie aux larges des côtes somaliennes.

Dans le même temps, l’organisation nord-atlantique contribue au développement et à l’application des réformes structurelles de l’Ukraine dans les secteurs de la défense et de la sécurité. «Nous sommes également déterminés à soutenir les autres réformes de l’Ukraine. La mise en œuvre énergique de réformes visant à renforcer la démocratie et l’état de droit profiteraient non seulement à la population ukrainienne, mais aussi à l’ensemble de la communauté euro-atlantique», a déclaré Anders Fogh Rasmussen à l’issue de cette réunion.

Le secrétaire général de l’Alliance atlantique a également ajouté que «l’OTAN et l’Ukraine sont des partenaires clés lorsqu’il s’agit de sécurité». Car «depuis de nombreuses années, l’Ukraine apporte une contribution importante et très appréciée à toutes les grandes opérations dirigées par l’OTAN, y compris notre engagement en Afghanistan», s’est félicité M. Rasmussen.

Une transition lente mais assurée en Afghanistan

Les 50 membres de la coalition de la FIAS, le ministre afghan de la Défense et les représentants de l'ONU et de l'Union européenne ont débattu sur la transition actuelle entre les forces de l'OTAN et leurs homologues afghanes (Photo: OTAN)
Les 50 membres de la coalition de la FIAS, le ministre afghan de la Défense et les représentants de l’ONU et de l’Union européenne ont débattu sur la transition actuelle entre les forces de l’OTAN et leurs homologues afghanes (Photo: OTAN)

Par ailleurs, les ministres des pays de l’OTAN ainsi que les autres membres de la Force internationale d’assistance et de sécurité (FIAS), le ministre de la Défense afghan, et des représentants des Nations Unies et de l’Union européenne, ont fait le point sur la mission qu’ils conduisent en Afghanistan.

Après l’exposé du nouveau commandant de la FIAS, le général Joseph Dunford, M. Rasmussen a assuré que «les forces de sécurité afghanes ont gagné en compétence et en confiance. Elles sont mieux entraînées et mieux formées, et plus efficaces». Depuis 2011, les forces de l’OTAN ont entamé un transfert de responsabilité de la sécurité aux Afghans, qui doit s’achever fin 2014.

Alors que les forces afghanes assument, actuellement, la responsabilité principale de la sécurité dans les zones où vivent 87% de la population, la mission de la FIAS passera, dans les prochains mois, d’un rôle de combat à un rôle de soutien.

Mais l’aide accordée en Afghanistan ne s’arrêtera pas à l’horizon 2014 pour l’OTAN. «Notre nouvelle mission [à partir de 2015, ndlr] sera axée sur la formation au niveau national et institutionnel. Et nous envisageons une approche régionale plus restreinte que notre mission actuelle», a commenté M. Rasmussen. Avant d’ajouter que «c’est au peuple afghan qu’il revient de construire l’avenir de son pays. Nous pouvons aider à construire la sécurité, mais seul le peuple afghan peut construire sa société».

L’interconnexion des forces au centre des débats

Les différents ministres de l’OTAN présents à Bruxelles ont également pu échanger sur la gestion commune de leurs forces au sein de l’Alliance. Une volonté d’interopérabilité qui avait déjà été évoqué lors du sommet de Chicago, en mai 2012.

Ce jeudi, les pays membres de l’organisation nord-atlantique ont décidé de mener, à l’avenir, des entraînements et des exercices plus ambitieux. Pour preuve, un exercice réel de grande ampleur sera organisé dès 2015, alors qu’un calendrier complet pour la période 2015-2020 doit également voir le jour.

«Nous travaillons à rendre cette Alliance plus efficace dans la façon dont nous menons ensemble nos entraînements et nos exercices. Plus efficace dans la façon dont nous planifions et dont nous utilisons nos ressources. Et plus énergique dans la façon dont nous utilisons la Force de réaction de l’OTAN», a affirmé Anders Fogh Rasmussen.

Deux jours d’intenses discussions, de nombreux projets et de réelles avancées : les 28 pays membres de l’OTAN n’ont cessé d’échanger, de débattre et de s’interroger sur les orientations à donner à cette organisation. Une sorte de modernisation de l’Alliance atlantique dans son approche des conflits et des opérations communes afin de conserver l’ampleur et l’influence du traité de Bruxelles du 4 avril 1949.

A lire aussi:

OTAN: vers un maintien des effectifs en Afghanistan >>

Afghanistan, Ukraine et capacités militaires au menu du sommet de l’OTAN >>

Sommet de l’OTAN: le Canada quittera bien l’Afghanistan en 2014 >>

Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

Les commentaires sont fermés.