Plaidoiries en cour martiale au procès de l’adjudant Ravensdale

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La Justice militaire (Photo: Openphoto)
La Justice militaire (Photo: Openphoto)

Les plaidoiries finales ont eu lieu ce lundi 11 février à Shilo, au Manitoba, au procès en cour martiale de l’adjudant Paul Ravensdale, qui fait face à six chefs d’accusation, dont un d’homicide involontaire, suite à l’accident survenu lors d’un exercice de tir en février 2010, en Afghanistan, qui avait fait un mort et quatre blessés.

Le caporal Joshua Baker, d’Edmonton, avait perdu la vie lors dans cet accident lors d’un entraînement de routine dans un champ de tir à environ quatre kilomètres de Kandahar au cours duquel les services militaires d’enquête ont estomé que les procédures de sécurité habituelles n’avaient pas été respectées.

Outre homicide involontaire, les chefs d’accusation sont: un chef d’infliction illégale de lésions corporelles, de deux chefs de manquement à une obligation et deux chefs de négligence.

À ce procès en cour martiale, l’accusation a dépeint l’adjudant ravensdale comme un expert en armes dont la négligence a causé la mort du soldat Baker alors que la défense l,a présenté sous les traits d’un leader consciencieux qui a fait pour le mieux dans des conditions etrêmement difficiles.

« La tentation est très forte d’adopter une attitude de gérant d’estrade », a déclaré l’avocat de Ravensdale, le major Philippe-Luc Boutin, dans sa plaidoirie.

« L’addjudant Ravensdale ne demande pas de pitié ou de compassion. L’adjudant Ravensdale demande seulement que justice soit faite. », a renchéri le major Boutin.

Les soldats s’entraînaient ce jour de février avec un système de mines anti-personnel C-19, conçu pour tirer 700 billes d’acier en éventail vrs l’avant. Une des mines a plutôt été tiré alors vers l’arrière, atteignant les soldats qui se croyaient hors d’atteinte et en sécurité.

Quatre projectiles ont attreint le caporal. Joshua Baker, dont un, à la poitrine, lui a été fatal. Quatre autres soldats ont aussi été blessés dans cet accident.

L’accusation, mené par le major Tony Tamburro, a soutenu pour sa part que Ravensdale a ignoré les consignes de sécurité stipulant que le personnel doit être à au moins 100 mètres dos d’un C-19, sauf si les soldatrs sont dans un abri, un véhicule ou protégés par un bouclier.

Une vidéo présentée à la cour montre un soldat debout près de la mine à une distance de beaucoup inférieure à 100 mètres.

Dans sa plaidoirie, Tamburro a donc invité les cinq membres de la cour à reconnaître l’accusé coupable des chefs d’acusations qui pèsent contre lui.

« Il a laissé les gens circuler à proximité au moment des tirs. Ce n’est pas comme si il ne savait pas. Il était, là, sur place. », a dit l’accusation , soutenant que « Ravensdale était responsable de ce qui s’était produit en tant que responsable de l’exercice », et ajoutant, à propos du comportement de l’accusé que « Il a eu une attitude cavalière à l’égard de la sécurité. »

L’avocat de la défense, le major Boutin, a répliqué pour sa part que Ravensdale était une situation de quasi-impossible en étant responsable de l’exécution de l’exercice, tout en devant agir en même temps à titre d’officier responsable de la sécurité des soldats et responsable du champ de tir, une fonction qui doit être normalement attribuée à une personne distincte.

« Il a été essentiellement dû jouer remplir trois fonctions. C’était une tâche très difficile et il l’a réalisé, à notre avis, à un niveau très élevé. »

L’avocat de la défense a donc rejeté le blâme sur les chefs de Ravensdale, le capitaine Darryl Watts, qui a ensuite été promu au grade de major, et le major Christopher Lunney, qui celui qui a attribué à Ravensdale ces rôles multiples et approuvé son plan de sécurité.

Des soldats, présents sur les lieux au moment de l’évènement, avaient auparavant déclaré lors de l’enquête que Ravensdale leur avait dit de rester derrière une rangée de véhicules blindés légers, mais que, même si certains n’avaient pas suivi ses consignes, Ravensdale avait donné l’ordre de tirer.

Le major Boutin a également souligné que la zone de 100 mètres que doivent respecter les soldats lors de ce genre d’exercice vise à les protéger des pierres, des bâtons ou d’autres débris qui pourraient être soulevée par l’explosion et causer des blessures mineures, pas à les protéger des balles. Personne n’aurait été blessé, a-t-il dit, si l’arme n’avait pas été défectueuse.

Tamburro avait plus tôt rejeté cette idée, déclarant pour sa part que les zones de sécurité de 100 mètres sont conçues pour s’assurer que les soldats soient protégés même si une arme est défectueuse.

Les membres de la cour, l’équivalent d’un jury dans un tribunal pour les civils, commenceront leurs délibérations dès mardi, après avoir reçu les instructions du juge.

Un des supérieurs de l’adjudant Ravensdale s’est déjà reconnu coupable dans cette affaire. Le major Lunney a été rétrogradé au rang de capitaine et reçu un blâme sévère après avoir plaidé coupable à une accusation d’exécution négligente de son devoir.

Quant au capitaine Daryll Watts, il est en attente de jugement sur des accusations de négligence et d’infliction illégale de lésions corporelles.
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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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