Premier acte de guérilla urbaine à Gao, les islamistes attaquent

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Opération Serval : militaires français de la force Serval et nigériens de la MISMA patrouillent côte-à-côte dans les rues de Gao (Photo: EMA/ECPAD)
Opération Serval : militaires français de la force Serval et nigériens de la MISMA patrouillent côte-à-côte dans les rues de Gao (Photo: EMA/ECPAD)

Alors que la reconquête s’achève, les islamistes, chassés pourtant de Gao le 26 janvier, au 16e jour de l’intervention militaire française, y ont affronté dimanche 10 février des soldats maliens lors d’une attaque éclair en pleine ville et…en plein jour.

L’attaque a été revendiquée par le Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) qui, avant d’en être chassé, occupait depuis des mois Gao et le nord du Mali, y multipliant les exactions.

Les islamistes armés, qui avaient sagement évité l’affrontement frontal avec les forces françaises et maliennes et avaient quitté presque sans combattre les villes du nord du Mali qu’ils occupaient depuis près de dix mois, multiplient maintenant depuis plusieurs jours les actes de guérilla: attentats suicides, pose de mines le long des routes et même, dorénavant, des opérations armées éclair en pleine ville.

Un porte-parole du Mujao, Abou Walid Sahraoui, a déclaré:«Les fidèles de Dieu ont attaqué avec succès aujourd’hui l’armée malienne, qui a laissé venir les ennemis de l’islam à Gao. Les combats vont se continuer jusqu’à la victoire, grâce à la protection de Dieu. Les moujahidines sont dans la ville de Gao et y resteront.» Il a aussi revendiqué l’attentat suicide dans la nuit de samedi à dimanche sur un poste de contrôle de l’armée malienne à l’entrée nord de Gao, qui aurait mis en fuite les militaires maliens et permis l’infiltration des membres du commando qui ont mené l’attaque éclair de dimanche après-midi.

Des témoins, cités par les agences de presse occidentales, ont affirmé que les islamistes se sont retranchés dans le commissariat central de Gao et que, quand des soldats maliens sont arrivés en renfort pour les en déloger, les forces maliennes été pris à partie par d’autres islamistes dissimulés dans les bâtiments alentours.

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L’armée française serait finalement intervenue et, en milieu d’après-midi, les tirs ont cessé autour du siège de la police islamique dans le centre de Gao, mais ils ont repris ensuite au gouvernorat, à environ 800 mètres plus au sud-est, vers le fleuve Niger.

Des détonations d’armes légère, de mitrailleuses lourdes et l’explosion de roquettes se sont faites entendre au centre-ville  et n’ont pas cessé avant que la ville, privée d’électricité, soit plongée dans le noir.

Les militaires français patrouillent maintenant au côté de soldats et gendarmes maliens et mettent les habitants en garde les habitants contre la présence de tireurs embusqués, tandis qu’un hélicoptère français d’attaque Tigre survole la zone.

C’était la première fois que les islamistes organisaient une pareille attaque qui après l’attentat suicide dans la nuit de samedi à dimanche sur un poste de contrôle à l’entrée nord de Gao, le deuxième attentat du genre en deux jours, alors que le Mali n’avait jamais encore auparavant été frappé par des attentats suicides.

Par ailleurs, des mines antipersonnel ont aussi été découvertes dans la zone de Gao et des sources concordantes laissent croire que plusieurs des villages entourant la ville sont acquis à la cause des islamistes. Deux jeunes portant des ceintures bourrées d’explosifs ont d’ailleurs aussi été arrêtés samedi matin à 20 kilomètres au nord de Gao.

La crainte des exactions et des représailles de la part des soldats maliens contres les «peau clair» n’aident certainement pas à pacifier la zone.


Gao: l’inquiétude (source: BFMTV)

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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