Raid israélien: Assad crie au complot et brandit une vidéo

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La tension monte à la frontière entre Israël et la Syrie, suite au raid israélien dans la nuit de mardi à mercredi (Photo: Tsafrir Abayov/Keystone)
La tension monte à la frontière entre Israël et la Syrie, suite au raid israélien dans la nuit de mardi à mercredi (Photo: Tsafrir Abayov/Keystone)

Cinq jours après l’évènement, les médias syriens continuent de parler abondamment du raid israélien de mercredi 30 janvier, en oubliant presque les 60 000 morts de la guerre civile qui fait rage depuis deux ans. La télévision syrienne a diffusé encore, samedi 3 février, des séquences vidéo montrant l’emplacement de la  prétendue attaque israélienne de mercredi 30 janvier sur un centre de recherche à Jamarya, à la périphérie de la capitale, Damas.

On peut voir, sur ses images, des véhicules militaires brûlés et un bâtiment incendié.

Selon un communiqué officiel du gouvernement syrien, il s’agit d’un centre de recherche scientifique, mais les agences de renseignement occidentales croient l’établissement voué au développement de missiles, de roquettes et d’armes non conventionnelles.

Plusieurs médias étrangers ont affirmé pour leur part que l’aviation israélienne a plutôt frappé ce mercredi là un convoi transportant des armes de pointe, des missiles anti-aériens russes SA-17, à proximité de la frontière syro-libanaise, ce que le ministre irraélien de la Défense, présent à la Conférence de Munich sur la sécurité, a implicitement reconnu, même si Israël n’a pas reconnu officiellement être l’auteur de l’attaque.

L’attaque se serait donc plutôt produite près de la ville syrienne d’al-Zabadani, non loin de la frontière syro-libanaise.

La chaîne américaine de journaux McClatchy, quant à elle, suggère une version qui réconcilieraient les deux versions apparemment contradictoires: Israël aurait attaqué le convoi de missiles anti-aériens à destination du Liban alors qu’il était garé centre de Jamarya, s’apprêtant à se mettre en route pour le Liban.

Jamarya est à seulement huit kilomètres d’un point de passage au nord de Zabadani le long de la frontière libanaise.

par ailleurs, même si les séquences vidéo montrées à la télévision syrienne montraient bien le site de Jamarya, il n’y a aucun moyen, pour l’instant, de savoir si la vidéo a été filmée au cours des derniers jours. Pendant des mois, bien avant qu’on ne parle d’attaque aérienne israélienne, le site de Jamarya a été l’objet d’attaques répétés de la part des rebelles syriens, qui croient que le régime y produit des armes chimiques.

Le régime d’Assad , quant à lui, n’a cessé ces dernier jours de trompeter sa version de l’histoire, criant au complot et tentant d’établir un lien entre l’opposition syrienne et Israël.

Quoiqu’il en soit, les Israéliens ont clairement fait avoir qu’il s ne resteraient pas les bras croisés face aux dangers de débordement et de régionalisation du conflit syrien, pas plus qu’il ne laisserait le régime Assad armer de missiles le Hezbollah libanais.


Images à la télévision syrienne du centre de recherche scientifique qui aurait été frappé par un raid aérien israélien

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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