Séisme de 4,9 en Corée du Nord, un nouvel essai nucléaire

1
Le site de lancement de la fusée UNHA, en Corée du Nord (Photo: agence DPRK-KCNA)
Le site de lancement de la fusée UNHA, en Corée du Nord (Photo: agence DPRK-KCNA)

Mise à Jour 12/02/13, 8h45

Un concert de condamnations accueille le troisième essai nucléaire nord-coréen.

Le Conseil de sécurité de l’ONU doit d’ailleurs se réunir en urgence ce mardi à 9h00, heure de New-York pour examiner la manière de réagir.

Barack Obama, pour sa part, a dénoncé un essai «provocateur», a appelé à une action internationale rapide et crédible de la communauté internationale. Le nouvel essai ne rend pas la Corée du Nord «plus sûre», il «l’isole» un peu plus, mine la stabilité régionale et viole les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, a déclaré le président américain.

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a jugé quant à lui profondément déstabilisateur l’acte de la Corée du Nord, «une violation claire et grave, selon Ban Ki-moon, des résolutions du Conseil de sécurité»,

La Chine, toute alliée de la Corée du Nord soit elle, a elle aussi fait part de sa ferme opposition à cet essai. Le ministère chinois des Affaires étrangères a exhorté Pyongyang à ne mener aucune action qui aggraverait la situation et appelé à la reprise des pourparlers à Six (les deux Corées,la Russie, la Chine, les États-Unis,et le Japon) sur son programme nucléaire.

Moscou et Tokyo ont de leur côté dénoncé une «violation» des résolutions de l’ONU, la Russie a appelant la Corée du Nord à cesser ses activités illégales alors que le premier ministre japonais Shinzo Abe déclarait que l’essai était extrêmement regrettable.

Se sont joints au concert de condamnation l’Agence internationale de l’énergie atomique, l’OTAN, qui a jugé l’acte de la Corée du Nord irresponsable, l’Union européenne, qui a promis une réponse ferme, le Royaume-Uni, qui a dénoncé les provocations répétées de la Corée du Nord et souhaité une réponse forte de l’ONU, la France, qui a dit vouloir appuyer une action ferme, l’Allemagne, qui plaidait pour de nouvelles sanctions, l’Italie, qui a dénoncé une énième violation de ses obligations par la Corée du Nord, et, dans la région Asie-pacifique, l »Australie, les Philippines et Taïwan qui ont aussi condamné l’essai nucléaire nord-coréen.

Mise à Jour 12/02/13, 1h20

La Corée du Nord a confirmé avoir mené un troisième test nucléaire ce mardi matin 12 février, ignorant les mises en gardes de la communauté internationale, de l’ONU, des États-Unis et même de la Chine.

Pyongyang a confirmé en effet avoir mené un essai nucléaire souterrain «réussi» trois heures après l’ annonce, à 22h57, heure UTC, mardi, d’un séisme par l’agence sismographique américaine, la US Geological Survey, et la Corée du Sud a elle aussi confirmé de son côté l’existence de ce troisième essai.

Pour sa part, l’agence sismographique américaine, qui avait la première détecté le séisme a révisé à la hausse le chiffre de 4,9 de magnitude qu’elle avai annoncé à la hausse plus tôt. Il s’agit maintenant d’un séisme de 5,1 sur l’échelle Richter.

M5.1 – 23km ENE of Sungjibaegam, North Korea
2013-02-12 02:57:51 UTC

Et l’évènement s’est effectivement produit dans la région de Kilju, au nord-ouest du pays, là où le régime avait conduit ses deux précédents tests en 2006 et 2009.

L’agence sismographique américaine, la US Geological Survey, a annoncé vers 22 h lundi 11 février (2h57, heure UCT mardi) qu’elle avait détecté un tremblement de terre de magnitude 4,9 en Corée du Nord, mais ni Pyongyang, ni Séoul n’ont confirmé que la Corée du Nord ait procédé à son très attendu troisième essai nucléaire.

L’agence de presse officielle KCNA, venait tout juste d’annoncer que la Corée du Nord avait bien l’intention de poursuivre ses tests de fusées à longue portée et qu’elle allait procéder de manière imminente à un nouvel essai nucléaire.

Au cours d’une réunion, le bureau politique du parti communiste nord-coréen « a appelé à préparer une action générale de forte intensité», a indiqué en outre l’agence KCNA.

Le ministère sud-coréen de la Défense a indiqué qu’il tentait de déterminer si la Corée du Nord avait procédé effectivement à un essai nucléaire. Les explosions nucléaires peuvent créer des tremblements, mais ils sont distincts de ceux causés par les tremblements de terre naturels.

Les États-Unis et leurs alliés sont en alerte depuis que, le mois dernier, la Corée du Nord a déclaré qu’elle effectuera son troisième essai nucléaire pour protester contre les sanctions votés par le Conseil de Sécurité à l’unanimité de ses 15 membres contre la elle suite au lancement d’un missile balistique.

La puissante Commission de défense nationale nord-coréenne avait déclaré le 23 janvier dernier que les États-Unis seraient la cible de choix pour un essai nucléaire et le lancements de fusées à longue portée. La Corée du Nord accuse Washington de pousser les autres pays à punir Pyongyang.

En octobre dernier, un porte-parole de la commission avait même déclaré aux médias officiels nord-coréens que le pays avait construit un missile capable de frapper les Etats-Unis, mais n’a pas fourni plus de détails.

Nous reproduisons ici en partie le rapport du US Geolocical Survey 

2013 February 12,  02:57:51 UTC  , Magnitude 4.9

Date-Time

Tuesday, February 12, 2013 at 02:57:51 UTC
Tuesday, February 12, 2013 at 11:57:51 AM at epicenter

Location
41.299°N, 129.081°E
Depth
1 km (~0.6 mile) (poorly constrained)

Region NORTH KOREA, Distances

24 km (14 miles) ENE of Sungjibaegam, North Korea
34 km (21 miles) WNW of Hau-ri, North Korea
42 km (26 miles) NNW of Kilju, North Korea
51 km (31 miles) WSW of Hoemul-li, North Korea

Il faut noter que les coordonnées de l’emplacement du séisme (longitude et latitude) correspondent  au site de Punggye-ri, où des essais nucléaires ont été effectués en 2006 et 2009. Des images, révélées par le site 38 North de l’Institut américano-coréen de la Johns Hopkins School of Advanced International Studies le mois dernier, montraient que les routes enneigées  de la Nuclear Test Road avaient été déblayées et que les Nord-Coréens avaient scellé un tunnel dans une montagne à l’intérieur de laquelle ils pourraient faire exploser un engin nucléaire.

À lire aussi:

La Corée du Nord réitère son intention de faire un nouvel essai nucléaire >>

Essais nucléaires: ce n’est pas du bluff, les Nord-Coréens sont prêts, dit une étude >>

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

Les commentaires sont fermés.