Syrie: au moins 31 personnes tuées par un missile à Alep

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Un missile Scud a été tiré lundi soir 18 février sur un quartier populaire d'Alep (Photo: C.N.S.)
Un missile Scud a été tiré lundi soir 18 février sur un quartier populaire d’Alep (Photo: Aleppo Media Center.)

Au moins 31 personnes, dont 14 enfants et cinq femmes, ont été tuées et des dizaines blessées par un missile sol-sol qui a détruit un quartier populaire d’Alep dans le nord syrien, a indiqué mardi l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), précisant que Le bilan pourrait s’alourdir «car beaucoup de corps se trouvent encore sous les décombres» des bâtiments détruits.

«Au moins 31 personnes ont été tuées, dont cinq femmes et 14 enfants, lundi soir à Jabal Badro», dans l’est d’Alep, a dit l’OSDH. «C’est vraisemblablement un missile sol-sol en raison de l’ampleur des destructions et du fait qu’il n’y a eu qu’un seul tir et que les habitants n’ont pas fait état de survols de l’aviation».

Selon des photos transmises par des activistes, les bâtiments ont subi des dégâts considérables. «Il s’agit d’un quartier populaire composé d’habitations de mauvaise qualité. Un seul missile a détruit le secteur», a souligné Abou Hicham, un militant d’Alep.

Le Conseil national syrien (CNS, principale composante de l’opposition), a pour sa part vilipendé la communauté internationale suite à cet attentat.

«Après la décision européenne de continuer à priver le peuple syrien des armes dont il a besoin pour se défendre et le rapport d’une commission de l’ONU qui ne distingue pas entre le génocide perpétré par le régime et des exactions individuelles rejetées par toutes les parties syriennes, le régime a bombardé Alep avec des missiles balistiques russes, causant la mort de dizaines de civils et la destruction de leurs maisons», a déclaré le CNS dans un communiqué.

«La destruction de la Syrie par des missiles russes, les armes iraniennes et les combattants du Hezbollah (libanais) sont le résultat de la décision européenne, le silence arabe et la perte de temps causée par des initiatives internationales mortes nées», ajoute le CNS.

Pour le Conseil national syrien, ce bombardement d’Alep représente le commencement d’une nouvelle phase de violences aveugles généralisées par le régime contre les grandes villes uniquement destinées à intimider, et à se venger de la défaite des soldats du régime aux mains des rebelles dans les combats au sol.

Le Conseil ajoute dans son communiqué le peuple syrien ressent une profonde amertume, face «au silence du monde devant la mort horrible des civils et des enfants tués par ses méthodes».

On se rappelle que, lundi 18 février, l’Union européenne avait décidé de maintenir l’embargo sur les armes à destination des rebelles syriens alors que, le même jour, lors de la présentation d’un nouveau rapport de la commission indépendante de l’ONU, Carla Del Ponte appelait à la mise en place d’une justice internationale pour parvenir à résoudre ce conflit. «Nous suggérons la Cour pénale internationale (CPI)», a-t-elle ajouté afin de répondre aux différents crimes de guerre constatés.

«Il est incroyable que le Conseil de sécurité de l’ONU n’ait pris aucune décision», a ajouté Mme Del Ponte. Un constat que dresse également Navi Pillay. La Haute commissaire de l’ONU pour les droits de l’Homme a alerté, ce samedi, la communauté internationale sur la nécessité d’intervenir en Syrie en vue de régler le conflit.

Ce ne serait pas la première fois que le régime syrien utilise des missiles contre les rebelles. En décembre 2012, l’OTAN faisait déjà état dès de l’utilisation de missiles balistiques en Syrie, accusant le régime de les avoir tirés. Les forces du président Bachar al-Assad auraient tiré en décembre 2012 moins six missiles Scud de conception soviétique munis d’ogives contre les combattants rebelles à l’intérieur de la Syrie dans une tentative désespérée de repousser les rebelles qui ne cessaient de gagner du terrain.


Une vidéo amateur postée par Aleppo Media Center, une association antirégime, et relayée par le CNS, montre des gens rassemblés sur les ruines et un bulldozer dégageant les décombres. «J’ai trouvé un nourrisson de deux mois sous les décombres», y crie un homme.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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