Syrie: Bachar al-Assad a «la certitude de gagner»

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Le président syrien reste persuader que le conflit touchant le pays depuis près de deux ans va se régler par une victoire du régime sur la rébellion (Photo: capture CNN)
Le président syrien reste persuadé que le conflit touchant le pays depuis près de deux ans va se régler par une victoire du régime sur la rébellion (Photo: capture CNN)

Le conflit syrien n’en finit plus. Alors que les rebelles mènent actuellement la «bataille des aéroports» dans la région d’Alep, le président syrien, Bachar al-Assad, est convaincu de sa victoire face aux «groupes terroristes extrémistes». Pendant ce temps-là, les Nations Unies s’alertent d’une telle escalade de violences.

Bachar al-Assad va gagner. En tout cas, il en est persuadé. Selon le journal libanais as-Safir, proche du régime syrien, le président assure qu’il va pouvoir stopper la rébellion au sein du pays. «Nous sommes convaincus que l’avenir nous appartient […]. La Syrie a la volonté de vaincre le complot», a-t-il affirmé devant des hommes politiques libanais.

Malgré l’avancée récente des rebelles, le président Assad se dit convaincu de pouvoir mener à bien la reconstruction du pays, miné par des «groupes terroristes extrémistes». S’il a notamment évoqué «les exploits politiques et militaires» du régime, il s’est montré prudent sur ses perspectives d’avenir. «Cela ne veut pas dire que tout est réglé», a-t-il déclaré.

Il s’appuie également sur le soutien, qu’il juge indéfectible, du peuple syrien. Les «fidèles» du régime représenteraient ainsi «la majorité absolue des Syriens» à en croire ses propos. Une aide nécessaire pour lui face à la rébellion, qu’il juge terroriste mais aussi instrumentalisée et financée par des pays étrangers comme l’Arabie Saoudite ou encore la Turquie.

La «bataille des aéroports», au cœur des tensions

Mais sur le terrain, ces rebelles avancent. Depuis vendredi, la «bataille des aéroports» fait rage dans les environs d’Alep. L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) rapporte notamment que les insurgés se sont emparés d’un barrage militaire sur la route menant à l’aéroport international d’Alep.

Des combats ont, par ailleurs, éclaté dans le secteur. Dans le même temps, l’armée syrienne a affirmé qu’elle se préparait à «nettoyer» la zone tenue par les rebelles, dans les prochaines 48 heures.

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La Cour pénale internationale comme dernier recours ?

C’est dans ce contexte tendu et explosif que les Nations Unies sont, de nouveau, montées au créneau pour dénoncer l’escalade de violence actuelle en Syrie.

Lors de la présentation d’un nouveau rapport de la commission indépendante de l’ONU, Carla Del Ponte a appelé à la mise en place d’une justice internationale pour parvenir à résoudre ce conflit. «Nous suggérons la Cour pénale internationale (CPI)», a-t-elle ajouté afin de répondre aux différents crimes de guerre constatés.

Le rapport mentionne notamment que ce conflit «réduit également à néant toute la structure sociale complexe du pays» et «met en danger les générations futures et menace la paix et la sécurité dans toute la région».

Pas question non plus de juger la responsabilité des deux camps dans cette guerre entre régime et rébellion. Chacun devrait avoir à répondre de ses actes, selon le rapport de la commission indépendante. «Les deux parties du conflit ont violé les règles internationales de droits des enfants en les utilisant comme des fantassins», peut-on y lire.

«Il est incroyable que le Conseil de sécurité de l’ONU n’ait pris aucune décision», a ajouté Mme Del Ponte. Un constat que dresse également Navi Pillay. La Haute commissaire de l’ONU pour les droits de l’Homme a alerté, ce samedi, la communauté internationale sur la nécessité d’intervenir en Syrie en vue de régler le conflit.

«Nous appelons à une action immédiate. S’il y a des doutes ou de l’hésitation, c’est parce que les gens s’interrogent sur l’intérêt d’une guerre dans des lieux comme la Libye, la Syrie et l’Afghanistan», a-t-elle précisé sur la chaîne de télévision britannique Channel 4.

L’émissaire spécial de l’ONU et de la Ligue arabe appelle au dialogue

Pour sa part, Lakhdar Brahimi assure qu’un dialogue est encore possible entre les deux partis. L’émissaire spécial de l’ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie a notamment mentionné l’appel à la paix lancé par Ahmed Moaz al-Khatib, le chef de l’opposition, qui a, selon lui, «ouvert une porte».

M. Brahimi a également ajouté que «le gouvernement a dit sincèrement qu’il confirmait ce qu’il déclare sans relâche, à savoir qu’il est prêt au dialogue et à une solution pacifique».

Présent au siège de la Ligue arabe, au Caire, il a ainsi proposé de réunir «une délégation acceptable» du régime syrien ainsi que des rebelles pour engager des pourparlers dans les locaux de l’ONU.

Entre violences et agressions, la communauté internationale s’inquiète. Mais elle peine à trouver un consensus légitime pour apporter une aide des plus efficaces à la résolution du conflit syrien. Un conflit armé qui dure déjà depuis près de deux ans et qui a coûté la vie à 70 000 personnes.

Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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