Syrie: Moscou met en garde les deux parties contre le risque de destruction mutuelle

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Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov (Photo: W.C.)
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov (Photo: W.C.)

Miser sur une résolution militaire du conflit syrien ne mène à rien, la conscience de la nécessité d’un dialogue entre le gouvernement de Damas et l’opposition s’imposant de façon pressante, a déclaré mercredi 20 février à Moscou le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, rapporte l’agence russe Ria Novosti.

«Aucune des parties en conflit ne peut se permettre de miser sur une solution militaire. C’est une voie qui ne mène nulle part, une voie vers la destruction mutuelle», a déclaré Sergueï Lavrov. Selon le chef de la diplomatie russe, Moscou contribue à la mise en place de conditions propices au lancement d’un dialogue politique en Syrie dans le plus brefs délais, sur la base des accords de Genève.

On se rappelle que le Groupe d’action sur la Syrie, comprenant les ministres des Affaires étrangères des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’Onu, de la Turquie et de pays de la Ligue arabe, avait formulé à Genève le 30 juin dernier des principes de règlement de la crise syrienne qui prévoyaient notamment la création d’un gouvernement de transition réunissant toutes les parties.Le sort de Bachar al-Assad s’était avéré toutefois la pierre d’achoppement de l’accord de Genève.Les puissances occidentales exigent son départ, la Russie dit ne pas pouvoir le convaincre de partir et Assad lui-même s’accroche au pouvoir malgré le conflit qui s’envenime et dégénère, le bilan des morts ayant maintenant atteint 70 000 selon l’ONU.

La Russie est avec l’Iran un des derniers alliés du régime syrien auquel elle livre encire des armes et s’est toujours opposé à toute ingérence des puissances occidentales dans le conflit. Membre permanent du Conseil de Sécurité, la Russie a depuis le début du conflit opposé son droit de veto à l’imposition de sanctions à la Syrie. Par contre, aujourd’hui, avec la dégénérescence du conflit, la Russie craint désormais la désintégration du régime Assad et le chaos et l’instabilité qui s’ensuivrait.

La Russie a donc mis en garde mercredi le régime syrien et les rebelles contre la poursuite de leur conflit militaire qui mènera, selon les Russes, à “une destruction mutuelle”.

La Ligue arabe appelle les parties en conflit en Syrie à engager un dialogue le plus vite possible, a déclaré pour sa part ce même jour le secrétaire général de la Ligue Nabil al-Arabi, en visite à Moscou, ajoutant que, malgré les divergences sur la façon de lancer le processus de transition « Le principal est d’engager la période de transition et de former un gouvernement de transition, ce qui n’est pas du tout facile, mais nous avons convenu que c’est là notre objectif »

Le secrétaire général de la Ligue arabe a aussi exprimé l’espoir que Moscou persuade le gouvernement syrien qu’on ne peut désamorcer la crise que par des moyens pacifiques.

Le chef de la Coalition nationale des forces de l’opposition et de la révolution syrienne Ahmed Moaz al-Khatib, qui a jusqu’à maintenant exprimé son refus de nécocier avec « ceux qui ont du sang sur les mains », est quant à lui attendu à Moscou début mars.

« Nous sommes en train de concilier la date de la visite du [chef de la Coalition nationale de l’opposition]M.Khatib à Moscou. C’est prévu pour début mars », a indiqué pour sa part le ministre russe des Affaires étrangères, soulignant que la partie russe s’attendait à un dialogue franc avec Ahmed Moaz al-Khatib et avec le ministre syrien des Affaires étrangères Walid al-Moualem, attendu à Moscou le 25 février prochain.

Moscou tente d’en arriver à l’établissement de contacts directs entre gouvernement et opposition en Syrie. Selon le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, les représentants du gouvernement et les responsables de l’opposition en sont encore à formuler des conditions préalables à leurs négociations, mais l’essentiel, est acquis: » Les parties sont désormais conscientes de la nécessité d’un dialogue. »

Le gouvernement syrien doit concrétiser sa disposition au dialogue avec l’opposition anti-Assad, a-t-il souligné mercredi à l’issue de la rencontre avec le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil al-Arabi. »Il faut que les parties en conflit entament des négociations. Jusqu’ici, certains dissuadaient l’opposition de dialoguer avec les autorités, mais la situation change. À présent, il est important que la disposition de l’opposition syrienne au dialogue soit accueillie par une confirmation du gouvernement allant dans le même sens ».


La Russie évacuent une centaine de ses ressortissants et le ministre lavrov presse les parties de négocier (Vidéo: JewishNewsOne)

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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