Tunisie: grève générale, incertitude et parfum de révolution

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 La veuve de Chokri Belaid arborant le drapeau de la #Tunisie et le V de la victoire (Photo: Lamia Slim, Twitter)

La veuve de Chokri Belaid arborant le drapeau de la #Tunisie et le V de la victoire (Photo: Lamia Slim, Twitter)

En Tunisie, alors que le corps de Chokri Belaïd était mis en terre à 16h, heure de Tunis, les manifestations se déchaînaient contre le pouvoir islamiste, la plus puissante centrale syndicale, l’UGTT, lançait une grève générale et le premier ministre Jebali, islamiste modéré désavoué par son propre parti, maintenait son projet de gouvernement apolitique.

Plus de 40 000 personnes ont assisté aux funérailles de l’opposant tunisien Chokri Belaïd, selon le ministère de l’Intérieur, qui a fait état de 132 arrestations à Tunis, mais, un peu plus tôt dans la journée, la chaîne de télévision Nessma, quant à elle, parlait de 1 400 000 manifestants.

Une partie de l’opposition et la famille de l’ancien dirigeant de gauche a accusé Ennahda, le parti islamiste au pouvoir, d’être responsable de l’assassinat de Chokri Belaïd, un crime sans précédent depuis la «révolution du jasmin» au printemps 2011, souligne-t-on.

De l’enterrement du leader de l’opposition, une manifestation est née opposant les forces laïques aux forces de l’ordre du gouvernement dominé par les Islamistes.


Tunisie : L’enterrement de Chokri Belaïd sous tension (source: BFMTV)

De l’aveu même du ministère de l’Intérieur, des bâtiments publics et des locaux du partis islamistes Ennahda ont été attaqués dans plusieurs  autres villes tunisiennes, dont Mahdia (est) et Hammam-Lif, banlieue sud de Tunis.

Par ailleurs, le premier ministre tunisien Hamadi Jebali, un islamiste modéré, maintient son projet de former un gouvernement apolitique de technocrates jusqu’aux prochaines élections malgré le désaveu de son propre parti.

«Je m’en tiens à ma décision de former un gouvernement de technocrates et je n’aurai pas besoin de l’aval de l’Assemblée constituante» où le parti islamiste Ennahda contrôle 89 des 217 sièges, a déclaré M. Jebali, ajoutant : «Je vais de l’avant dans la constitution de ce gouvernement pour l’intérêt du pays, peu importe la position des partis politiques», , assurant que sa composition était quasiment prête, et qu’elle sera qu’elle sera dévoilée dans les prochains jours.

Et, finalement, la grève générale au parfum de révolution a été largement suivie à l’appel de l’UGTT et de ses 500 000 membres.

Le dernier débrayage national de cette envergure, faut-il le rappeler avait duré deux heures, le 14 janvier 2011, et précipité la chute du régime de Zine El Abidine Ben Ali, qui avait pris la fuite ce jour-là vers l’Arabie Saoudite.


Tunisie: journée de grève générale et incertitude sur le sort du gouvernement (source: France 24)

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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