Tunisie: le Premier ministre Hamadi Jebali démissionne

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De gauche á droite: Rached Ghannouchi, Hamadi Jebali, Moncef Marzouki et Mustapha Ben Jaafar (source; Ennahda)
Le Premier ministre tunisien, Hamadi Jebali (deuxième en partant de la gauche), a décidé de démissionner afin de « tenir (sa) promesse faite devant le peuple » (Photo: Ennahda)

A l’issue d’une entrevue avec le président Moncef Marzouki, le Premier ministre tunisien, Hamadi Jebali, a présenté sa démission, ce mardi. Alors que le pays traverse une crise politique et sociale, le chef du gouvernement a préféré se retirer suite au refus de formation d’un gouvernement apolitique.

Il l’avait promis, il l’a fait. Hamadi Jebali n’est donc plus le Premier ministre de la Tunisie. Au lendemain du rejet de son idée de gouvernement apolitique, formé de technocrates, pour diriger le pays, il a présenté sa démission au président de la République tunisienne, Moncef Marzouki.

«J’ai promis et assuré qu’en cas d’échec de mon initiative je démissionnerais de la présidence du gouvernement, et c’est ce que je viens de faire», a-t-il annoncé dans une déclaration retransmise à la télévision.

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A l’issue du meurtre du leader de l’opposition, Chokri Belaïd, le 6 février dernier, Hamadi Jebali avait proposé une refonte du gouvernement afin de rétablir l’ordre politique et social dans le pays. Son idée s’appuyait sur une formation apolitique pour être à la tête des ministères régaliens notamment.

Ennahda ne voulait pas d’un gouvernement apolitique

Mais ce lundi, la réunion des dirigeants de différents partis politiques tunisiens n’a débouché sur aucun consensus. Un désaccord en partie provoqué par le propre camp de M. Jebali, celui des islamistes d’Ennahda.

Membre de la coalition au pouvoir, le parti dirigé par Rached Ghannouchi a refusé cette refonte du gouvernement, invoquant une remise en cause de sa légitimité issue des élections d’octobre 2011.

Pour autant, Hamadi Jebali ne s’est pas montré résigné quant à l’avenir du pays. «Il y a une forte déception. Notre peuple est déçu par sa classe politique, il faut restaurer la confiance», a-t-il déclaré, ce mardi. Avant d’ajouter que «l’échec de [son]initiative ne signifie pas l’échec de la Tunisie ou l’échec de la révolution».

Il s’est également déclaré «convaincu» qu’un gouvernement apolitique «est le meilleur moyen pour sortir le pays de l’errance». Pour autant, il a affirmé, ce lundi, avoir constaté «des progrès durant les discussions politiques en vue de la recherche d’un consensus autour d’une autre solution».

Par ailleurs, la loi tunisienne affirme que c’est au président Marzouki d’assigner «au candidat du parti qui a remporté le plus grand nombre de sièges de former un gouvernement». Les islamistes d’Ennahda, majoritaires au sein de la coalition au pouvoir, devront donc s’y atteler dans les prochains jours.

Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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