Tunisie: le présumé meurtrier de Belaïd serait maintenant en fuite

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Le secrétaire général du Parti des patriotes démocrates unifié a été abattu mercredi 6 février à la sortie de son domicile. (Photo: Rais67, Wiki Commons)
Le secrétaire général du Parti des patriotes démocrates unifié avait été abattu mercredi 6 février à la sortie de son domicile. (Photo: Rais67, Wiki Commons)

Le meurtrier présumé de l’opposant tunisien Chokri Belaïd a été identifié, mais reste en fuite, et quatre complices, appartenant à un groupe religieux radical, ont été arrêtés, a finalement annoncé mardi le ministre de l’Intérieur, Ali Larayedh, qui était resté muet jusqu’à maintenant.

«Le tueur a été identifié et est pourchassé», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse, «les quatre autres suspects ont été arrêtés. Ils appartiennent à un courant religieux radical», a ajouté celui qui est appelé à former le prochain gouvernement tunisien.

L’AFP avait pourtant hier, s’appuyant sur des sources policières, des sources policières, que l’auteur présumé du meurtre de Chokri Belaïd et un complice avaient été arrêtés et que les deux hommes appartiendraient à la mouvance radicale salafiste.

Les sources policières sur lesquelles s’appuyait l’agence de presse disaient que l’assassin avait été arrêté à deux heures du matin, dans la nuit de dimanche 24 février, mais l’information n’avait pu être confirmée par le ministère de l’Intérieur et ce n’est que dans la fin de la matinée, ce mardi 26 février, que le ministère tunisien de l’Intérieur a finalement fait une déclaration..

Le 6 février dernier, le secrétaire général du parti des Patriotes démocrates, Chokri Belaïd, a été abattu devant son domicile d’El Menzah, dans la banlieue de Tunis.

Deux personnes à moto se sont arrêtées à sa hauteur avant qu’il ne monte dans un taxi. L’un d’eux a logé plusieurs balles dans la tête et le corps de la victime avant de prendre la fuite. Une journaliste présente dans l’immeuble a alors alerté les premiers secours.

L’assassinat du leader laïc de l’opposition a déclenché une crise politique sans précédent depuis la révolution de jasmin, en 2011, et la chute de Ben Ali.

La crise a conduit le premier ministre suite au refus de la coalition au pouvoir de former un gouvernement apolitique de transition pour calmer le jeu jusqu’aux prochaines élections et c’est justement le ministre de l’Intérieur, Ali Larayedh qui a été désigné par le parti islamiste au pouvoir, Ennahda, pour tenter de former un gouvernement dans les 2 prochaines semaines. C’est cette semaine qu’Ali Larayedh prévoyait présenter la composition du nouveau cabinet.

Le parti Ennahda, à laquelle appartient le ministre Larayedh a été accusé d’être moralement et politiquement responsable de l’assassinat de Chokri Belaïd, mais certains observateurs ont été plus loin, allant jusqu’à dire qu’il aurait pu en être carrément le commanditaire.

La veuve de Chokri Belaïd, réagissant mardi à l’annonce de l’arrestation du tueur présumé lundi à Tunis, a déclaré qu’elle voulait savoir qui avait commandité l’assassinat de son mari: «C’est beau de savoir qui a exécuté, mais pour moi c’est très important de savoir qui a commandé, comme cela a été fait, car c’est un crime très organisé», a-t-elle déclaré sur les ondes d’Europe 1.

Sans tomber dans les théories de complot, la fuite du meurtrier dont des sources policières avaient annoncé l’arrestation hier est tout de même bien commode pour ceux, quels qu’ils soient, qui sont derrière l’assassinat du 6 février du leader de l’opposition.


Basma Belaïd en appelle à la solidarité sur Europe 1 (Vidéo: Europe 1)

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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