Tunisie: l’idée d’un gouvernement apolitique gagne du terrain

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De gauche á droite: Rached Ghannouchi, Hamadi Jebali, Moncef Marzouki et Mustapha Ben Jaafar (source; Ennahda)
De gauche á droite: Rached Ghannouchi, Hamadi Jebali, Moncef Marzouki et Mustapha Ben Jaafer (source: Ennahda)

En Tunisie, l’idée d’un gouvernement apolitique, constitué en tout ou en partie de technocrates, pour réduire la tension jusqu’aux prochaines élections législatives, gagne de plus en plus de terrain.

Rached Ghannouchi, chef du parti islamiste Ennahda et associé à la frange radicale du parti, a proposé ce mardi 12 février un compromis au premier ministre Hamadi Jebali, islamiste modéré, secrétaire général du parti islamiste et numéro deux du parti, pour sortir de la crise politique provoquée par l’assassinat du chef laïc de l’opposition Chokri Belaïd, dont plusieurs en Tunisie tiennent le parti islamiste pour moralement et politiquement responsable.

La frange radicale d’Ennahada s’opposait  à la formation par Jebali d’un gouvernement apolitique de transition pour calmer le jeu jusqu’aux prochaines élections, mais, maintenant, son chef, Rached Ghannnouchi, se dit favorable à un gouvernement au sein duquel on trouverait des technocrates et des représentants de partis politiques. «On est ouvert à tous, afin d’arriver à composer un gouvernement de compétences nationales, qui rejoint ce que demande Jebali, avec une représentation élargie».

Le chef d’Ennahda a ausi  indiqué des pourparlers sont en cours avec une demi-douzaine de formations politiques, dont les alliés laïcs d’Ennahda, le Congrès pour la république, du président Moncef Marzouki, et Ettakatol, le parti du président de la constituante, Mustapha Ben Jaâfer. Dans un entretien accordé à Reuters, le chef du parti a été jusqu’à prédire ce mardi la formation d’un gouvernement de coalition dans la semaine en Tunisie, ajoutant s’attendre à ce que le premier ministre Hamadi Jebali, secrétaire général d’Ennahda, conserve son poste à la tête du gouvernement et soulignant la possibilité que son parti Ennahdha puisse quitter le pouvoir définitivement si jamais Jebali tient mordicus au gouvernement de technocrates.

L’Union générale tunisienne du travail (UGTT) s’est déclarée pour sa part favorable à la formation du gouvernement de technocrates proposée par Hamadi Jebali. « Nous avons discuté au sein du bureau exécutif, avec les membres du syndicat et nos associés comme la Ligue tunisienne de défense des droits de l’homme et l’ordre des avocats, et nous avons réagi positivement à la proposition», a déclaré son porte-parole Sami Taheri, précisant que l’UGTT, forte de quelque cinq cent mille membres, souhaitait que l’éventuel futur gouvernement ait pour priorités «d’assurer la sécurité en Tunisie, d’établir un calendrier électoral et d’engager un véritable dialogue social.»


Tunisie: on se dirige vers un gouvernement d’union nationale (source: JewishNewsOne)

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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