Tunisie: pas d’accord pour le nouveau gouvernement

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Rached Ghannouchi, le chef de la frange radicale d'Ennahda, en 2012 (Photo: Chatham House)
Rached Ghannouchi, le chef de la frange radicale d’Ennahda, en 2012 (Photo: Chatham House)

Réunis ce lundi, les dirigeants des différents partis politiques tunisiens n’ont pas réussi à trouver un consensus sur la formation d’un nouveau gouvernement. Un échec pour le premier ministre, Hamadi Jebali, qui avait prôné l’émergence d’un cabinet de technocrates pour résoudre la crise politique et sociale que traverse le pays.

L’idée n’aura donc pas fonctionné. Depuis le 6 février dernier et la mort du leader de l’opposition, Chokri Belaïd, le premier ministre tunisien, Hamadi Jebali militait pour former un nouveau gouvernement, en lieu et place de la coalition actuelle. Mais, ce lundi après-midi, le projet n’a pas abouti.

«Je dis en toute clarté que l’initiative telle que je l’ai présentée, c’est-à-dire un gouvernement composé de membres n’appartenant pas à des partis politiques […] n’a pas recueilli un consensus», a-t-il déclaré à l’issue d’une réunion avec les dirigeants d’une quinzaine de partis politiques.

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Un désaccord provoqué par son propre camp, celui des islamistes d’Ennahda. Membre de la coalition au pouvoir, le parti de M. Jebali a refusé cette refonte du gouvernement, invoquant une remise en cause de sa légitimité issue des élections d’octobre 2011.

Figure de proue de cette contestation, le chef du parti Ennahda, Rached Ghannouchi, a assuré, sur les ondes de Shems-FM, que le gouvernement actuel était en mesure de «réaliser les objectifs de la révolution».

Interrogé ce lundi par l’AFP, il a maintenu son propos, assurant que les différents membres de la réunion s’étaient mis d’accord sur un gouvernement politique restreint chargé de travailler pour des élections dans les plus brefs délais.

Les discussions continuent

S’il avait pourtant répété son intention de démissionner en cas de rejet du projet, le premier ministre Jebali ne semble pas résigné. Malgré l’absence de réussite, il a néanmoins souligné que son initiative a permis d’établir un dialogue entre les différents acteurs politiques du pays.

«J’irai demain [mardi]voir le président [Moncef Marzouki] pour parler des étapes à venir mais j’ai constaté des progrès durant les discussions politiques en vue de la recherche d’un consensus autour d’une autre solution», a-t-il ajouté.

De son côté, Aziz Krichène, le représentant du Congrès pour la République, parti du président Marzouki, a d’ores et déjà assuré à l’AFP qu’un accord a été trouvé pour la formation d’un gouvernement mixte regroupant personnalités politiques et technocrates.

En attendant, la Tunisie avance encore et toujours dans l’inconnu au cœur de sa transition politique, plus de deux ans après la chute du président Ben Ali.

Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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