Un attentat-suicide fait un mort devant l’ambassade américaine à Ankara

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Un attentat-suicide a tué un agent de sécurité turc devant l'ambassade américaine, à Ankara (Photo: Mareb Press)
Un attentat-suicide a tué un agent de sécurité turc devant l’ambassade américaine, à Ankara (Photo: Mareb Press)

Un attentat-suicide a fait un mort et un blessé grave, ce vendredi, à Ankara devant l’ambassade américaine en Turquie. Alors que les autorités turques imputent cet attentat à un mouvement interdit d’extrême gauche, la Maison Blanche a condamné «avec force» ce triste évènement.

Malgré le fort dispositif de sécurité présent sur les lieux, un kamikaze a pu faire exploser une bombe à l’entrée de l’ambassade américaine, basée à Ankara. Un agent turc de sécurité a trouvé la mort alors qu’une femme a été grièvement blessée.

«Les premiers éléments de l’enquête indiquent que le kamikaze était un militant d’une organisation clandestine de gauche», a déclaré le ministre turc de l’Intérieur, Muammer Güler, devant la presse.

Selon plusieurs médias turcs, la police aurait en effet identifié l’auteur de l’attentat comme étant Ecevit Sanli, membre du Parti/Front révolutionnaire de libération du peuple (DHKP-C). Pour autant, aucune organisation n’a revendiqué cette attaque.

«Un acte terroriste»

Jay Carney, porte-parole du président Obama, n’a pas tardé à condamner cette agression, assurant qu’il s’agit bel et bien d’un «attentat-suicide contre notre ambassade à Ankara.» Avant d’ajouter qu’«un attentat-suicide dans le périmètre d’une ambassade est par définition un acte terroriste.»

S’il n’a pas su confirmer l’identité du kamikaze, le porte-parole de la Maison Blanche a néanmoins assuré qu’une étroite collaboration sera menée avec la Turquie pour faire la lumière sur cet évènement. «Nous travaillerons de près avec les autorités turques pour enquêter sur cet événement et faire rendre des comptes en justice aux instigateurs», a-t-il déclaré.

Par ailleurs, l’ambassadeur américain à Ankara, Francis Ricciardone, a tenu à saluer l’action des autorités turques, déclarant que «le complexe est sécurisé, nous nous sentons tous en sécurité grâce à votre action.» Avant d’ajouter que «nous sommes chez des amis, […] nous allons continuer à combattre le terrorisme ensemble.»

En réunion à Istanbul, le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, est allé dans le même sens, assurant «mener ensemble le combat contre le terrorisme partout dans le monde.»

Une condamnation internationale

La communauté internationale a également condamné cet attentat. Le ministre français des affaires étrangères, Laurent Fabius, a témoigné sa «solidarité aux autorités américaines et turques» dans un communiqué, condamnant cet acte «avec la plus grande fermeté».

Son homologue canadien, John Baird, a également condamné cet attentat. Dans un communiqué le ministre canadien assure, «au nom de tous les Canadiens», qu’il «offre [ses]plus sincères condoléances à la famille et aux proches des victimes de cet acte de violence lâche» et qu’il «souhaite un prompt rétablissement aux blessés.»

De son côté, le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a adressé un message à Barack Obama, se disant «choqué et attristé» par ce qu’il venait de se passer.

En 2008, les Etats-Unis avaient déjà été la cible d’un attentat contre leur consulat général en Turquie. Une fusillade menée par trois personnes appartenant à la mouvance islamiste avait coûté la vie à trois policiers, au poste de contrôle à l’entrée du consulat.

Le DHKP-C considéré comme terroriste par les USA et l’UE

Ce parti est présent sur la liste des organisations considérées comme terroristes par les Etats-Unis et l’Union Européenne. La police turque a, par ailleurs, mené un vaste coup de filet, le 18 janvier dernier, arrêtant 85 de ses membres présumés.

Le 11 septembre 2012, ce parti avait revendiqué un attentat-suicide coûtant la vie à un policier dans les rues d’Istanbul. Depuis la fin des années 1970, il est à l’origine de nombreuses actions violentes.

Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l’Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d’une licence en Information­-Communication, Gaëtan s’intéresse aux enjeux internationaux à travers l’analyse des différents conflits mondiaux.

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