Un pétrolier français détourné au large de la Côte d’Ivoire

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L'équipage du pétrolier n'a plus donné signe de vie depuis quelques jours (Photo: SEA-tankers)
L’équipage du pétrolier n’a plus donné signe de vie depuis le dimanche 3 février (Photo: SEA-tankers)

Un pétrolier français est porté disparu depuis le week-end dernier au large des côtes ivoiriennes. Si les services du port d’Abidjan ont affirmé que les 19 passagers auraient été attaqués dans les «eaux internationales», le Bureau maritime international (BMI) a évoqué un possible acte de piraterie.

Mise à jour du 04/02/2013 à 15h08:

Le colonel Bertin Koffi Tano a précisé, lors d’une conférence de presse, que «le bateau a été bel et bien détourné à 139 kilomètres d’Abidjan, dans les eaux ivoiriennes, par une bande armée».

De son côté, l’équipage est composée de 17 membres parmi lesquels «sept Togolais, quatre Béninois, deux Sénégalais, deux Ivoiriens, un Chinois et un Coréen», comme l’a confié le colonel Tano. Il a également ajouté que «ce navire est parti d’Abidjan le 31 janvier avec 3.000 tonnes de gasoil. Le 2 février à 139 kilomètres du port d’Abidjan, des individus non identifiés ont changé la destination du navire. […] Le navire serait au large du Nigeria, selon nos informations».

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Voilà plus de vingt-quatre heures que Le Gascogne n’a pas donné signe de vie. Ce navire-citerne battant pavillon luxembourgeois appartient à la compagnie française Sea Talkers. Il a été «détourné» au cœur des «eaux internationales», comme l’ont confirmé les services du port d’Abidjan.

De son côté, le Bureau maritime international (BMI) a précisé que «le propriétaire a perdu contact le 3 février. Nous pensons qu’il a été capturé avec 17 marins à bord».

Le gouvernement français a, pour sa part, fait état de 19 passagers de nationalité togolaise, comme l’a précisé le ministre français des Transports, de la Mer et de la Pêche, Frédéric Cuvillier, assurant qu’aucun français ne se trouve à bord.

Le ministre a, par ailleurs, ajouté que le bateau se trouverait désormais «à la hauteur du sud du Ghana».

Par ailleurs, les autorités luxembourgeoises ont assuré, via un communiqué, qu’«aucun contact n’a pu être établi avec le navire-citerne Gascogne battant pavillon luxembourgeois, se trouvant au large de la Côte d’Ivoire», ajoutant avoir été informé par la compagnie propriétaire du bateau.

Les actes de piraterie en forte hausse

Le BMI a alerté les autorités sur un possible acte de piraterie.

Noel Choong, directeur au BMI de la division de surveillance des actes de piraterie, basée en Malaisie, a ainsi déclaré que «la situation dans le golfe de Guinée est très mauvaise en ce moment. Il y a eu trois attaques au cours des cinq derniers jours».

Si la Côte d’Ivoire avait été jusque-là plutôt épargnée par de telles attaques, le champ d’action des pirates n’en finirait plus de s’agrandir.

«Il semble que les pirates nigérians étendent leurs actions. Tous ces vaisseaux sont des pétroliers transportant du pétrole. Ils sont tous convoyés au Nigeria où le pétrole est siphonné, puis les équipages sont libérés», a ajouté Noël Choong.

Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l’Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d’une licence en Information­-Communication, Gaëtan s’intéresse aux enjeux internationaux à travers l’analyse des différents conflits mondiaux.

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