Uranium: si Lacoste n’a pas été intoxiqué en mission, où alors l’a-t-il été!

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Pascal Lacoste se bat encore pour avoir les soins qu'il réclame.
Pascal Lacoste se bat encore pour avoir les soins qu’il réclame.

La députée néo-démocrate de Québec aux Communes, Annick Papillon, tout en se félicitant que le rapport du Comité consultatif scientifique des Anciens combattants sur l’uranium appauvri ait été rendu public, admet que ce rapport, qui rejette toutes les prétentions des vétérans qui disent avoir été intoxiqués à l’uranium appauvri pendant leur service, semble « cousu de fil blanc » et elle accueille ses conclusions avec scepticisme.

Si, par exemple,  » […] Pascal Lacoste n’a pas été intoxiqué à l’uranium appauvri pendant son service, où a-t-il bien pu l’être? », s’interroge-t-elle.

En outre, la députée de Québec, insiste pour dire à 45enord.ca que ce « ce dossier n’est pas un dossier politique, mais avant tout un dossier humain ».

Annick Papillon, qui représente aux Communes la circonscription où habite Pascal Lacoste et qui était aussi en novembre 2011 membre du Comité des Anciens combattants, avait soutenu le vétéran qui faisait alors la grève de la faim devant les bureaux de circonscription du ministre des Anciens combattants, Steven Blaney, à Lévis, pour qu’Ottawa reconnaisse que lui et d’autres anciens frères d’armes avaient été intoxiqués à l’UA pendant leur service militaire.

Pascal Lacoste avait mis fin à sa grève de la faim contre la promesse que la question de l’intoxication à L’UA serait sérieusement étudiée.

Le rapport tant attendu par des militaires comme Pascal Lacoste, de Québec, a finalement été publié hier, le 6 février, et il rejette toutes les prétentions des vétérans comme M. Lacoste qui se battait aussi pour que le ministère des Anciens combattants prenne en charge son traitement.

La députée néo-démocrate, sans émettre de doute sur la compétence ou l’impartialité des membres du Comité, ne peut s’empêcher d’accueuilir ses conclusions avec scpeticisme, dans le cas le cas de Pascal Lacoste tout particulèrement:  » Si Pascal Lacoste n’a pas été intoxiqué à l’uranium appauvri lors de son service militaire, où peut-il bien l’avoir été? »

C’est pourquoi elle attend avec impatience la comparution du président du Comité consultatif des Anciens combattants, le Dr Pierre Morisset, devant le Comité des Anciens combattants de la Chambre des Communes.

Major-général à la retraite, le Dr Pierre Morisset, apprend-t-on à la ledture du rapport publié hier, est un ancien chef du Service de santé qui a commencé sa carrière militaire comme pilote dans l’Aviation royale du Canada en 1961. Il a ensuite fait des études de médecine à l’Université d’Ottawa, puis, après avoir obtenu son diplôme, a servi à titre de médecin militaire à temps plein dans les Forces canadiennes, en particulier dans les domaines des soins primaires et de la médecine de l’aviation. Il a ensuite obtenu une maîtrise en gestion de la santé, puis s’est vu confier des responsabilités de plus en plus importantes dans les domaines de la formation, des opérations et de la recherche médicales, y compris une affectation à l’étranger comme médecin-chef du commandement pour les Forces canadiennes en Europe.

Il a été nommé Chef du Service de santé en 1992. Une fois à la retraite, le major-général Morisset a oeuvré dans le secteur public comme directeur médical d’une organisation de santé régionale au Québec. Il est maintenant consultant à temps partiel.

Même si aucune date n’a encore été fixée, le Dr Morisset devrait comparaître dans environ une semaine pour y présenter et y expliquer son rapport. Annick Papillon, maintenant membre du Comité sur le commerce international, mais qui était membre du Comité des Anciens combattants à l’époque de la grève de la faim de Pascal Lacoste, n’a pas caché son désir d’y assister: « Mon coeur est resté aux Anciens combattants », dit celle qui avait soutenu le vétéran de la guerre es Balkans dans son combat pour faire reconnaître son intoxication et obtenir un traitement du ministère des Anciens combattants.

La députée de la circonscription de Québec, où habite Pascal Lacoste, se sent une responsabilité toute particulière. Elle a confié à 45enord.ca que, lorsque le ministre Blaney avait promis en novembre 2001 la formation d’un Comité d’étude de la question de l’intoxication à l’uranium appauvri pour obtenir que Pascal Lacoste mette fin à sa grève de la faim, le vétéran s’était tourné vers elle et c’est elle qui, par souci pour la vie du vétéran, lui avait recommandé d’accepter la proposition du ministre.

Elle souhaite donc, tout comme le porte-parole de son parti pour les affaires des anciens combattants, Peter Stoffer, que le Dr Morisset comparaisse le plus tôt possible pour apporter des éclaircissements sur ce rapport et sur ses conclusions.

D’ici là, elle ne peut s’empêcher de constater que, contrairement à ce que prescrit la « Charte des vétérans », Ottawa n’accorde vraiment pas le bénéfice du doute à ceux et celles qui ont combattu pour leur pays quand vien le temps d’obtenir des services et des avantages du ministère des Anciens combattants. Annick papillon ajoute même que « sans verser dans la partisanerie, elle croit que plusieurs militaires qui votaient pour les conservateurs [dont ils partageaient l’idéologie]pourraient maintenant (sans jeu de mots)…changer leur fusil d’épaule. ».


La députée de Québec, Annick Papillon,  en novembre 2011 alors qu’elle annonçait en Chambre que le ministre  des Anciens combattants, Steven Blaney, avait accepté de former un comité consultatif sur l’UA.

Pascal Lacoste  n’exclut pas un recours collectif

Quant à Pascal Lacoste, il ne comprend toujours  pas que le ministère s’entête à refuse de reconnaître que  c’est bien pendant son service militaire qu’il a été intoxiqué à l’uranium appauvri.

Le vétéran,  maintenant âgé de 39 ans, rappelle  qu’il est passé des rangs de l’école aux rangs de l’armée.

Il s’était enrôlé dans les Forces canadiennes dès la fin de ses études secondaires. L’intoxication a bel et bien été détecté alors qu’il était encore  dans les Forces canadiennes et, insiste Pascal Lacoste, il  n’a pas pu être intoxiqué ailleurs.

L’acharnement du ministère à ne pas reconnaître son intoxication l’étonne d’autant plus que la Charte des vétérans prévoit, rappelle-t-il, qu’on doit accorder le bénéfice du doute au demandeur.

Le vétéran a aussi dit à 45enord.ca cet après-midi avoir accepté l’invitation du critique néo-démocrate Peter Stoffer pour les affaires des anciens combattants à témoigner devant le Comité des Anciens combattants dès que celui-ci se réunira.

Par ailleurs, l’ex militaire n’exclut pas un recours collectif dès que cela deviendra possible et ne cache pas qu’il est fatigué de se battre seul.

Avec la collaboration de Jacques N. Godbout

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Fille de deux parents militaires, Raymonde Thériault grandit sur différentes bases militaires. À l’université, elle est directrice du journal étudiant. En novembre 2010, elle est déployée avec la Roto 10 en Afghanistan.

DiscussionUn commentaire

  1. Note de la rédaction: Ce commentaire a été modéré en raison de propos déplacés

    LES SPÉCIALISTE ONT ÉTÉ PAYER POUR DIRE COMME LES […] POLITICIEN KIDNAPPEUR D ENFANTS