Ventes d’armement, nette tendance à la baisse pour les années à venir

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Parmi les objets exposés au CANSEC,à Ottawa, en 2012 les différents types de balles (Photo: Nicolas Laffont)
Parmi les objets exposés au CANSEC,à Ottawa, en 2012 les différents types de balles (Photo: Nicolas Laffont)

Selon les nouvelles données sur la production internationale d’armement contenues dans le rapport publié le 18 février par le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI), pour la première fois depuis près de vingt ans, les ventes des cent plus grands groupes d’armement mondiaux, hors Chine, ont chuté de 5% en 2011 et la tendance pour les années à venir est nettement à la baisse.

Les ventes d’armes et de services à la défense par les plus grandes sociétés productrices d’armement ont totalisé 410 milliards de dollars en 2011 contre 430 pour l’exercice précédant.

Au cours de la période écoulée depuis 2002, les ventes d’armes du Top 100 des entreprises d’armements avaient augmenté de 51 pour cent en termes réels, mais la tendance pour les prochaines années est donc maintenant nettement à la baisse.

Plusieurs facteurs expliquent la tendance à la baisse des ventes d’armement ces dernières années, parmi lesquels les difficultés économiques, les coupes budgétaires et le syndrome de l’Iraq et de l’Afghanistan, soit la réticence des pays occidentaux à s’engager dorénavant dans des missions de grande envergure.

« En 2011, les puissances établies au sein du système mondial – en particulier les États-Unis et leurs alliés transatlantiques – ont continué de faire face à des restrictions de leurs capacités économiques, politiques et militaires à relever les défis sécuritaires mondiaux et régionaux. Ces contraintes étaient avant tout imposées par des mesures d’austérité budgétaire dues à la crise des finances publiques qui a frappé la plus grande partie du monde développé », dit le rapport de l’institut basé à Stockholm.

« Largement soutenue durant la dernière décennie, l’expansion des traditionnelles opérations de paix connaîtra également un déclin dans les prochaines années. De plus, leurs principaux donateurs cherchent à diminuer leur soutien aux institutions multilatérales pour se concentrer sur des missions plus petites et plus rapides », ajoute encore l’institut suédois d’étude stratégique.

La baisse des dépenses a amené certains groupes à une spécialisation militaire, alors que d’autres se sont restructurés pour diminuer de taille ou se sont diversifiés dans des marchés adjacents, comme la sécurité, en particulier la sécurité informatique, selon le SIPRI.

Par ailleurs, selon le rapport de l’institut suédois, les entreprises d’armement ayant leur siège en Amérique du Nord et en Europe occidentale ont continué de dominer le Top 100 mondial de l’industrie, qui n’inclut pas les sociétés basées en Chine en raison du manque de données disponibles pour celles-ci.

Les chiffres d’affaires combinés des 44 producteurs d’armes américains représentaient 60 pour cent des ventes d’armes du Top 100 mondial alors que les 30 sociétés ayant leur siège en Europe de l’Ouest représentaient pour leur part 29 pour cent du total.

CAE électronique est la seule entreprise canadienne qui se retrouve sur la lite du Top 100 mondial de l’industrie de l’armement. L’entreprise montréalaise est même passée du 77e rang, en 2010, au 75e rang en 2011. Ses ventes d’armements totalisaient 900 millions $ US en 2011, contre 840 millions en 2010. Les ventes d’armements pour CAE en 2011 représentaient 49% des ses ventes totales de 1 840 milliard $.

L’américain Lockheed Martin (36,3 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2011) est resté quant à lui premier, devant son compatriote Boeing, 2e, et le britannique BAE Systems, 3e.

BAE Systems, qui occupe le 8e rang,  aurait pu devenir numéro un mondial en fusionnant avec l’européen EADS (7e vendeur d’armement mondial), mais l’opposition de l’Allemagne a fait échoué le projet, du moins pour l’instant.

Quant à la société française Thales, elle occupe le 11e rang.

Le Stockholm International Peace Research Institute, SIPRI, fondé en 1966, qui a produit ce rapport, est un institut de recherche stratégique qui effectue, notamment, des recherches sur le développement de l’armement, les dépenses militaires, la production et le marché de l’armement, le désarmement, les conflits, la prévention des conflits et la sécurité.

Le SIPRI, créé par une décision du Parlement suédois, reçoit une partie importante de son financement sous la forme d’une subvention annuelle du gouvernement suédois.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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