Violences en Cisjordanie après la mort d’un Palestinien dans une prison israélienne

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La ville d'Hébron, en Cisjordanie, au sud de Jérusalem, voisine du village natal d'Arafat Jadarat, le détenu palestinien décédé à la prison israélienne de Meggido (Photo: eman, WikiCommons)
La ville d’Hébron, en Cisjordanie, au sud de Jérusalem, voisine du village natal d’Arafat Jadarat, le détenu palestinien décédé à la prison israélienne de Meggido (Photo: eman, WikiCommons)

La mort, samedi 23 février, dans la prison israélienne de Meggido d’Arafat Jadarat, un détenu palestinien que les Palestiniens ont accusé le lendemain Israël d’avoir torturé à mort, a déclenché de nouvelles violences en Cisjordanie, particulièrement à Hébron et dans le village de Beit Einun, près du village natal du prisonnier décédé.

Un communiqué publié par le Shin Bet (le service israélien de sécurité intérieur qui interrogeait le prisonnier lors de sa détention) déclare que Jaradat a été arrêté la semaine dernière, soupçonné d’avoir jeté des pierres sur un civil israélien le 18 novembre dernier près de Kiryat Arba lors de l’opération Pilier de la défense. La famille de Jaradat a été avisée immédiatement de sa mort et, compte tenu de la nature délicate de ce cas, c’est l’unité des Crimes internationaux de la police israélienne qui mène l’enquête.

Les autorités israéliennes affirment qu’il a été vu plusieurs fois par un médecon durant sa détention et que, jusqu’à ce son état se détériore subitementet qu’il meure samedi 23 février, on n’avait pas déteté de prblèmes médicaux qui pouvaient lui être fatal.

Jaradat laisse dans le deuil sa femme, qui est enceinte, et ses deux enfants. Contrairement à la déclaration du Shin Bet, la famille affirme qu’il a été arrêté il ya huit jours et immédiatement transféré à la prison de Megiddo, où il a été interrogé sur des soupçons qu’il était membre d’une cellule du Fatah. Ils affirment qu’il est mort après avoir été torturé.

« Arafat Jaradat… a été arrêté il y a quelques jours. Il a été tué au cours de l’enquête », affirme quant à lui le ministre palestinien chargé des affaires des prisonniers, Issa Qaraqi, ajoutant, « Nous demandons la création d’une commission d’enquête internationale pour enquêter sur les circonstances de sa mort ».

Pour sa part, Qadura Fares, leader du Club des prisonniers palestiniens, a dénoncé Israël et l’accuse de négligence, estimant que Jaradat est mort parce qu’il n’a pas été correctement diagnostiqué et hospitalisé. Il a appelé la communauté internationale à intervenir pour prévenir des cas semblables.

Pourtant, le corps de Jaradat a été autopsié à l’Institut médico-légal d’Abou Kabir, en présence d’un médecin palestinien, de plusieurs membres de la famille et d’une équipe juridique du bureau des affaires des prisonniers de l’Autorité palestinienne.

Selon l’institut, l’autopsie n’a révélé aucune blessure physique externe autres que celles subies pendant les tentatives de réanimation et une petite ecchymose sur le côté droit de la poitrine.L’autopsie n,a pas non plus révélé de preuves d’une maladie qui aurait pu entraîner la mort. « Deux saignements musculaires ont été observées, une à l’épaule et une sur le côté droit de la poitrine et sur les coudes. », ajoute le rapport.

Dimanche, dans la journée, des détenus palestiniens ont manifesté à l’occasion de ce décès et commencé une grève de la faim, a refusant de prendre le petit déjeuner et le déjeuner. On ne sait pas pour l’instant si la grève se poursuivra lundi.

Pendant ce temps, les affrontements entre Palestiniens et forces de sécurité ont aussi éclaté dans les passages au nord de Jénine et à l’ouest de Ramallah.

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, craignant un dérapage, a exigé de l’Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas qu’elle ramène le calme en Cisjordanie.

Les funérailles d’Arafat Jadarat doivent avoir lieu lundi matin dans son village natal de Saeer, près d’Hébron, et les autorités israéliennes craingnent qu’elles donnent lieu à de nouveaux affrontements.

“Israël a transmis une demande sans équivoque à l’Autorité palestinienne d’apaiser le territoire” sous son contrôle, par la voie de son émissaire Yitzhak Molcho, a fait savoir dimanche le bureau de du premier ministre israélien, ajoutant, en outre, “Afin que le non-paiement des taxes qu’Israël collecte pour les Palestiniens ne serve pas d’excuse à l’Autorité palestinienne pour ne pas calmer la situation, M. Netanyahu a donné des consignes pour le transfert des fonds de janvier”.

Le transfert des taxes par Israël avait été interrompu en décembre, après l’accession de la Palestine au statut d’Etat observateur à l’ONU, mais, dès janvier, Israël avait débloqué 100 millions $ de taxes douanières et impôts qu’il prélève pour le compte de l’Autorité palestinienne.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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