Amnesty International condamne l’exécution de sept saoudiens pour un simple vol

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Sept hommes ont été fusillés par un peloton d'exécution le 13 mars au matin dans la ville d'Abha, dans le sud du pays (Photo: Amnesty International)
Sept hommes ont été fusillés par un peloton d’exécution le 13 mars au matin dans la ville d’Abha, dans le sud du pays (Photo: Amnesty International)

L’exécution de sept hommes en Arabie saoudite, qui auraient été contraints d’« avouer » un vol à main armée, est un acte de pure brutalité, a réagi Amnesty International mercredi 13 mars.

Ils ont été fusillés par un peloton d’exécution le 13 mars au matin dans la ville d’Abha, dans le sud du pays.

«Nous sommes révoltés par l’exécution, ce matin, de sept hommes en Arabie saoudite. Nous sommes opposés à la peine de mort en toutes circonstances, mais cette affaire est particulièrement choquante », a déclaré Philip Luther, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International, dans un communiqué de l’organisme.

Accusés de vol à main armée, les sept hommes ont été arrêtés en 2005 et 2006 et tous ont affirmé avoir subi des actes de torture ou des mauvais traitements durant leur détention et avoir avoué sous la contraint, ajoute le communiqué, soulignant que les personnes exécutées à qui on avait arraché des aveux ont déclaré que leurs proches avaient été menacés de torture s’ils revenaient sur leurs aveux.

«C’est une journée sanglante : le gouvernement a exécuté sept personnes sur la base d’aveux obtenus sous la torture, et présentés lors d’un procès où les accusés n’ont pas pu se faire représenter par un avocat ni interjeter appel », dit encore Philip Luther dans le communiqué d’Amnesty International.

En outre, l’organisme fait état d’informations selon lesquelles deux de ces hommes, Ali bin Muhammad bin Hazam al Shihri et Said bin Nasser bin Muhammad al Shahrani étaient mineurs au moment des faits qui leur étaient reprochés.

Le procès de ces jeunes gens n’a duré que quelques heures, et ceux-ci n’ont pas pu se faire représenter par un avocat et n’ont pas eu la possibilité de faire appel, précise encore Amnesty International.

La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, qui a aussi a fermement condamné jeudi 14 mars ces exécutions qui «enfreignent clairement les garanties internationales relatives au recours à la peine de mort.» (qui réserve cette peine aux crimes les plus graves), a déclaré elle aussi que, d’après les informations qu’elle a reçues, les sept accusés n’auraient que brièvement comparu devant la cour et n’auraient pas été autorisés à parler ou à présenter leur défense de manière adéquate.

«Ces manquements graves à la procédure, s’ils sont confirmés, constitueraient des violations des garanties internationales relatives au recours à la peine de mort, en particulier le droit à un jugement équitable et le droit de faire appel», a déclaré la Haut-Commissaire.


Couper les têtes est un métier en Arabie Saoudite (Vidéo: Archives/Algérie Laïque)

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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