Armes chimiques en Syrie: l’Iran accuse les rebelles

0
Damas et l'opposition syrienne s'accusent mutuellement d'avoir eu recours à l'arme chimique (Photo: Archives/Oscar Ta/YouTube)
Damas et l’opposition syrienne s’accusent mutuellement d’avoir eu recours à l’arme chimique (Photo: Archives/Oscar Ta/YouTube)

Au lendemain d’une attaque où les forces rebelles et le régime de Damas s’accusent mutuellement d’avoir utilisé l’arme chimique, l’Iran accuse pendant que la communauté internationale continue à hésiter dans la recherche de solution au conflit.

Un porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ramin Mehmanparast, a fermement condamné ce mercredi 20 mars ce qu’il a qualifié d’acte inhumain des groupes syriens d’opposition armés en utilisant des armes chimiques dans Alep, exprimant sa sympathie aux familles endeuillées des victimes et des blessés, rapporte l’agence iranienne Irna. (Irna n’est pas une agence de presse indépendant mais plutôt l’agence officielle de la République islamique d’Iran. Elle est placée sous le contrôle, en Iran, du Ministère de la Culture et de la Direction islamique.)

Ramin Mehmanparast dit également que «les pays qui les soutiennent [les rebelles syriens]portent la responsabilité principale de  la répétition de tels crimes» et rappele que l’Iran considère le maintien de la stabilité et de la sécurité de la région comme étant lié à une solution politique à la crise en Syrie.

Le régime de Téhéran est, avec la Russie, l’un des seuls alliés de poids du régime d’al-Assad et son seul allié dans la région.

Les forces gouvernementales et les insurgés s’accusaient mutuellement, mardi 19 mars, d’avoir utilisé des armes chimiques, dans des attaques perpétrées à Alep, et à al-Otaybah, dans la banlieue est de Damas.

Le président américain avait déjà mis en garde le gouvernement syrien contre l’utilisation de son stock d’armes chimiques, Jay Carney a souligné sa «grave inquiétude» sur l’usage éventuel de ces armes par le régime de Bachar al-Assad, une situation qui serait «totalement inacceptable».

Mais les États-Unis, toutefois, ont dit ne disposer d’aucune preuve pour l’instant et, interrogé mardi sur l’utilisation d’armes chimiques par le régime d’al-Assad alors qu’il témoignait devant la Commission du Sénat américain sur les Forces armées, le général américain James Stavridis, commandant suprême de l’OTAN, n’avait pu ni confirmer ni infirmer que le régime syrien ait utilisé l’arme chimique, franchissant ainsi la ligne rouge, pas plus qu’il n’avait pu dire si les rebelles se seraient rendus coupables d’un tel acte.

La Russie, allié du président Bachar al-Assad tout comme l’Iran, a quant à elle repris à son compte les accusations du régime syrien, en disant avoir “reçu des informations” selon lesquelles des rebelles ont utilisé des armes chimiques dans l’attaque dans la province d’Alep (nord), qui a fait au moins 31 morts, selon le dernier bilan officiel.

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a déclaré pour sa part mardi 19 mars, jour de l’attaque, qu’il était «convaincu que l’utilisation d’armes chimiques dans n’importe quelles circonstances par l’une ou l’autre partie (en Syrie) serait un crime monstrueux.»

La communauté internationale à la recherche d’une issue

Pendant ce temps, la recherche d’une issue au conflit qui est entré le 15 mars dernier dans sa troisième année et qui a fait jusqu’à maintenant 70 000 morts selon les dernières estimations de l’ONU divise encore la communauté internationale.

Le commandant suprême des forces de l’OTAN, le général américain James Stavridis, qui comparaissait mardi 19 mars devant la commission des Forces armées du Sénat américain, a affirmé que, bien que certains pays de l’Alliance atlantique puissent envisager individuellement une action militaire en Syrie, toute intervention de l’Alliance ne pourrait se faire que sur la base d’une résolution du conseil de sécurité de l’ONU, d’un soutien des pays de la région et d’un accord des 28 pays membres de l’Alliance atlantique.

Alors que la France et le Royaume -Uni voit dans la levée de l’embargo sur la livraison d’armes une solution au conflit, le président israélien, Shimon Peres, pour sa part, appelé à une intervention de la Ligue arabe «pour arrêter le massacre».

«La Ligue arabe peut et doit former un gouvernement provisoire en Syrie pour arrêter le massacre et empêcher la Syrie de s’effondrer», a ainsi déclaré le chef d’État israélien, ajoutant que «les Nations unies doivent soutenir une force de casques bleus arabes», avait-il déclaré.

«On ne peut rester les bras croisés alors que le président syrien massacre son propre peuple et ses enfants», avait conclu Shimon Peres.

À lire aussi:

Syrie: le régime et les rebelles s’accusent d’utiliser des armes chimiques >>

Comme en Libye, l’OTAN pourrait intervenir en Syrie >>

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

Les commentaires sont fermés.