Au moins 45 morts dans un attentat au Pakistan

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Karachi, 20 millions d'habitants, est la plus grande ville du Pakistan, et la capitale économique et financière du pays.(Photo: V.Malik, WikiCommons)
Karachi, 20 millions d’habitants, est la plus grande ville du Pakistan, et la capitale économique et financière du pays. (Photo: V.Malik, WikiCommons)

Un attentat à la voiture piégée dans un quartier chiite de Karachi, la métropole économique du Pakistan, a fait au moins 45 morts et 150 blessés, ce dimanche 3 mars en soirée, dans ce qui est d’ores et déjà l’attentat le plus meurtrier en plus de trois ans à Karachi, où les rivalités ethniques religieuses ont déjà fait de nombreuses victimes.

Karachi, 20 millions d’habitants, est la plus grande ville du Pakistan et elle en est aussi la métropole économique et financière.

L’explosion de dimanche soir a eu lieu près de l’entrée du quartier d’Abbas Town, peuplé par la minorité musulmane chiite.

Un attentat à la bombe contre la communauté chiite avait fait des dizaines de morts et des centaines de blessés samedi 16 février, dans le sud-ouest du Pakistan, quand une bombe télécommandée avait explosé dans la ville d’Hazara, majoritairement peuplée de chiites, non loin de Quetta, la capitale de la province du Baloutchistan.

Les violences contre les musulmans chiite, jugées hérétiques, par les musulmans sunnites, qui représentent l’orthodoxie dans l’islam, se sont multipliées ces dernières années au Pakistan, particulièrment au Baloutchistan, province frontalière de l’Iran et de l’Afghanistan.

Le 10 janvier, un double attentat suicide commis dans un club de billard à Quetta avait causé la mort de 92 chiites, dans ce qui est encore l’attaque la plus meurtrière jamais perpétrée contre cette minorité au Pakistan, où les sunnites sont majoritaires, mais où un cinquième des 180 millions d’habitants sont chiites.

Selon l’organisation de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch (HRW), 2012 fut l’année la plus sanglante pour les chiites du Pakistan, alors que de 400 d’entre eux ont été tués cette année là.

Les deux attentats dans la région de Quetta avaient été revendiqués par le Lashkar-e-Jhangvi (LeJ), un groupe armé sunnite proche d’Al-Qaïda qui multiplie les attaques contre la minorité chiite pakistanaise depuis sa formation, au milieu des années 90.

L’attentat de Karachi, lui, survient moins de deux semaines avant la dissolution, le 16 mars au plus tard selon la constitution, de l’Assemblée nationale et les élections générales qui devrainet avoir lieu à la mi-mai.

Ces élections sont les premières dans l’histoire du Pakistan moderne à avoir lieu après qu’un gouvernement civil dûment et démocratiquement élu ait pu aller jusqu’au bout de mandat de cinq ans sans être renversé.

D’ici là, le Premier ministre pakistanais Raja Pervez Ashraf a demandé à la police de mener rapidement une enquête complète sur le nouvel attentat de Karachi.


Des images de l’explosion (Vidéo: shiitenewstv)

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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