Bosnie: 45 ans de prison pour le «monstre de Grbavica»

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Le tribunal de Sarajevo, chargé, depuis 2005, de juger les crimes contre l'humanité en Bosnie, a condamné le "monstre de Grbavica" à 45 ans de prison (Photo: Archives/Tribunal de Sarajevo)
Le tribunal de Sarajevo, chargé, depuis 2005, de juger les crimes contre l’humanité en Bosnie, a condamné le « monstre de Grbavica » à 45 ans de prison (Photo: Archives/Tribunal de Sarajevo)

La justice bosnienne a prononcé, ce vendredi, une peine de 45 ans de prison à l’encontre de Veselin Vlahovic, surnommé le «monstre de Grbavica», soit la plus lourde peine infligée pour des accusations de crimes contre l’humanité.

«Dans le cadre d’une répression systématique contre la population non serbe, il a participé à l’expulsion de ses victimes, a commis des meurtres, a torturé, a violé et emprisonné ses victimes», a déclaré le juge Zoran Bozic, à l’issue du procès déroulé à Sarajevo, au sein du tribunal chargé de juger les crimes contre l’humanité en Bosnie.

Veselin Vlahovic a été arrêté en Espagne en mars 2010 avant d'être extradé vers la Bosnie au mois d'août suivant (Photo: Archives/Policía Nacional de España)
Veselin Vlahovic a été arrêté en Espagne en mars 2010 avant d’être extradé vers la Bosnie au mois d’août suivant (Photo: Archives/Policía Nacional de España)

Arrêté en Espagne en mars 2010 et extradé vers la Bosnie dès le mois d’août suivant, Veselin Vlahovic était accusé d’avoir violé 13 femmes, d’avoir tué 31 personnes et d’être responsable du sort de 14 autres toujours portées disparues. Des faits qui se sont déroulés lors des premiers mois du conflit bosnien, entre mai et juillet 1992, dans les quartiers de Grbavica, Vraca et Kovacici, situés à Sarajevo et tenus par les forces serbes de Bosnie.

S’il s’est dit satisfait de la sanction prononcée, le porte-parole du tribunal bosnien, Boris Grubesic, a néanmoins regretté que d’autres accusations à son encontre n’aient pu être affirmées. «Le Parquet sait que le nombre de crimes commis par Vlahovic est bien plus important, mais ces crimes n’ont pas pu être inclus dans l’acte d’inculpation à défaut de témoins crédibles et du temps qui s’est écoulé depuis», a-t-il déclaré.

Ce mercredi, le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), basé à la Haye, aux Pays-Bas, a condamné à 22 ans de prison l’ancien ministre de l’intérieur des Serbes de Bosnie, Mico Stanisic, et son co-accusé, Stojan Zupljanin, pour leur «contribution significative» aux meurtres, tortures et déportations de musulmans et de Croates lors de la guerre de Bosnie.

Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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