Centrafrique: les rebelles à Bangui, le président Bozizé réfugié en RDC

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Les rebelles centrafricains de la Séléka ont samedi leur entrée dans Bangui (Photo: Archives/Réseau des journalistes centrafricains des droits de l'homme)
Les rebelles centrafricains de la Séléka ont samedi leur entrée dans Bangui (Photo: Archives/Réseau des journalistes centrafricains des droits de l’homme)

Les rebelles de la coalition de la Séléka ont pris dimanche le contrôle de Bangui, la capitale de la République centrafricaine et ont déclaré avoir pris le palais présidentiel de Bangui, au terme d’une offensive éclair lancée pour renverser le président François Bozizé, qu’ils n’ont pas trouvé dans la capitale et qui se serait réfugié en RDC.

«Nous avons pris le Palais présidentiel. Bozizé n’y était pas. Maintenant, nous allons nous rendre à la radio (nationale) pour que le président de la Séléka (Michel Djotodia) prenne la parole», a déclaré un des chefs militaires des insurgés à l’agence française AFP, le colonel Djouma Narkoyo. «Nous savions que Bozizé n’était pas là», a-t-il assuré.

Une source militaire sous couvert de l’anonymat, confirmant la prise de la présidence par la Séléka, soulignait qu’il y avait encore «des poches de résistance dans la ville», mais que le «rapport de force était clairement en faveur des rebelles».

Le pays était engagé depuis 2007 dans un processus de paix après des années d’instabilité, de rébellions multiples, mutineries militaires et putschs. Les insurgés, qui ont pris les armes le 10 décembre, l’avaient fait pour réclamer «le respect» d’accords de paix conclus entre 2007 et 2011.

En décembre dernier, la coalition Séléka avait conquis plusieurs villes du nord de la République centrafricaine et s’était rendu jusqu’aux portes de la capitale, Bangui, menaçant le régime du président François Bozizé.

Malgré les appels à l’aide du président Bozizé, lors de la prise de contrôle de la majorité de la Centrafrique par les rebelles, le président français François Hollande avait à cette époque refusé son soutien au régime Bozizé.

Mais des renforts tchadiens et sud-africains avaient permis de sauver le régime du président centrafricain Bozizé et des négociations à Libreville, au Gabon, avaient suivis pour parvenir à une paix fragile.

Les accords de paix signés à Libreville le 11 janvier avaient débouché sur la formation d’un gouvernement d’union nationale composé, notamment,de représentants du président Bozizé et de et de la Séléka, mais, arguant du non-respect des accords par le régime Bozizé, les rebelles ont déclenché à nouveau les hostilités vendredi 22 mars et déclaré vouloir mettre en place eux-mêmes un gouvernement de transition.

L’assaut de la Séléka a donc commencé vers 7h30, heure locale (2h30, heure de Montréal) et les rebelles ont finalement commencé à entrer dans la capitale samedi en fin d’après-midi.

La rébellion avait lancé une première offensive le 10 décembre dans le nord du pays et avait enchaîné victoire sur victoire face aux forces gouvernementales désorganisées avant de stopper sa progression sous la pression internationale à 75 km au nord de Bangui.

La France, ancienne puissance coloniale, a envoyé 250 hommes à Bangui pour sécuriser l’aéroport et assurer la sécurité des 1 250 Français de Centrafrique.

Par ailleurs, rapportent des médias africains, citant un un proche conseiller de François Bozizé, le président centrafricain François Bozizé se serait réfugié en République démocratique du Congo (RDC).


Centrafrique : Bangui la capitale centrafricaine est tombée (Vidéo: France 2)

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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