Corée du Nord: une vidéo de Pyongyang vise la Maison Blanche

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Dans une vidéo publiée, ce lundi, sur Internet, le régime nord-coréen met en scène la Maison Blanche comme la cible d'un viseur (Photo: Youtube)
Dans une vidéo publiée, ce lundi, sur Internet, le régime nord-coréen met en scène la Maison Blanche comme la cible d’un viseur (Photo: Youtube)

Les invectives affluent dans la péninsule coréenne. Dans une vidéo publiée sur Internet, la Corée du Nord menace directement les États-Unis d’une attaque nucléaire en affichant la Maison Blanche dans le viseur de Pyongyang. Une invective de plus dans l’escalade des tensions perçue depuis plusieurs semaines.

«La Maison Blanche est dans notre ligne de mire. Elle est à la portée d’une bombe atomique». Les sous-titres de la vidéo sont aussi éloquents que les images. Dans un film de quatre minutes diffusé sur un compte semi-officiel sur Youtube, le régime nord-coréen a, de nouveau, fait étalage de menaces à l’encontre de son ennemi américain.

Dès 2 minutes et 50 secondes, on peut y voir la Maison Blanche devenant la cible d’un viseur mais aussi l’explosion du Capitole, le siège du Congrès américain. Deux symboles patriotiques pour les États-Unis. De quoi diffuser une certaine préoccupation au sein du peuple américain.

Dans le courant du mois de février, Pyongyang avait déjà diffusé une première vidéo présentant une ville semblable à New-York victime d’une attaque nucléaire. Avant de renouveler sa propagande, deux semaines plus tard, avec un film montrant le président américain, Barack Obama, en flammes.

Le survol des bombardiers américains est une «provocation impardonnable»

Les tensions restent ainsi vives entre Pyongyang et Washington. Ce mercredi, le régime nord-coréen a réagi aux vols d’entraînement de bombardiers B-52 américains au-dessus de la Corée du Sud, qualifiant ces manœuvres de «provocation impardonnable».

Effectués dans le cadre de manœuvres militaires conjointes avec Séoul, lors de l’exercice annuel Foal Eagle, ces vols ont déclenché l’ire du régime de Kim Jong-Un. «Les Etats-Unis introduisent des moyens de frappe stratégique nucléaire sur la péninsule coréenne au moment où la situation est proche de basculer dans la guerre», a notamment déclaré un porte-parole de la diplomatie nord-coréenne dans une déclaration publiée par l’agence officielle KCNA. Il a également promis une «riposte militaire vigoureuse, si le bombardier effectuait une nouvelle sortie».

Souhaitant envoyer «un signal très fort» à Pyongyang, le Pentagone a confirmé, ce lundi, le vol d’un bombardier stratégique B-52 au-dessus de la Corée du Sud, le 8 mars dernier. «Le B-52 peut exécuter diverses missions, dont celle d’emporter des bombes guidées de précision, conventionnelles ou nucléaires», a précisé le porte-parole de la Défense américaine, George Litte.

De son côté, l’agence d’information sud-coréenne Yonhap a rapporté, mercredi, qu’un B-52 était également sorti ce mardi.

La Corée du Sud victime d’une vaste cyberattaque

Par ailleurs, Séoul pense être actuellement la cible d’une vaste cyberattaque. Selon l’Agence sud-coréenne de sécurité Internet (KISA), organisme d’État, les réseaux informatiques de trois chaînes de télévision (KBS, MBC et YTN) et des banques Shinhan et Nonghyu sont «partiellement ou entièrement paralysés».

Une information qui s’ajoute à la longue liste des évènements et déclarations des uns et des autres, amenant à une instabilité certaine au sein de la péninsule coréenne. Ravivées par le tir réussi en décembre dernier d’une fusée nord-coréenne, considérée par Séoul et Washington comme un missile balistique, et la tenue d’un troisième essai nucléaire en février, les tensions présentes sont encore montées d’un cran à l’issue du vote de nouvelles sanctions par le Conseil de sécurité de l’ONU à l’encontre de Pyongyang.

Si, pour l’heure, les menaces n’en restent qu’aux invectives et à l’étalage de la puissance respective des différentes parties, la crainte d’une nouvelle guerre de Corée, voire d’un conflit du Pacifique, reste vive.

Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l’Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d’une licence en Information­-Communication, Gaëtan s’intéresse aux enjeux internationaux à travers l’analyse des différents conflits mondiaux.

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