Dégradation rapide de la situation sécuritaire en Birmanie

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La ville de Meiktila, en Birmanie (Photo: Archives/juls78/Wikimedia Commons)
La ville de Meiktila, en Birmanie (Photo: Archives/juls78/Wikimedia Commons)

De nouveaux incidents ont éclaté en Birmanie lundi soir 25 mars, causant la destruction de maisons et de mosquées lors de violences communautaires qui ont déjà fait au moins 40 morts dans le centre du pays.

La situation sécuritaire s’est donc sérieusement dégradée en une semaine, les violences entre bouddhistes et musulmans s’étendant à présent à plusieurs localités, dont certains quartiers de l’ancienne capitale Rangoon.

Ces violences inter-religieuses sont les plus meurtrières depuis celles d’octobre dernier entre bouddhistes et Rohingyas musulmans dans l’Etat Rakhine, qui avaient fait plus de 180 morts et 110 000 déplacés.

C’est une simple querelle le 20 mars dernier entre un vendeur musulman et ses clients à Meiktila, dans la région de Mandalay, qui a dégénéré en émeutes et règlements de comptes.

Ironie du sort, des moines bouddhistes, que l’on imagine plus facilement pacifiques que guerriers, ont pourtant participé à ce débordement de violences qui a duré trois jours.

Lors de ces dernières émeutes, des quartiers entiers ont été rasés, des mosquées ont été brûlées et on compte 12 ooo personnes déplacées, selon des estimations de l’ONU.

L’état d’urgence a permis un retour au calme relatif à Meiktila, mais les violences s’étendent désormais à d’autres régions éloignées de plusieurs centaines de kilomètres de cette ville et on peut craindre l’embrasement de l’ensemble du pays.

Sur le site du ministère canadien des Affaires étrangères, pour l’instant, aucun avertissement n’est en vigueur pour l’ensemble de la Birmanie, mais, écrit le ministère, il convient toutefois de faire preuve d’une grande prudence en raison de l’instabilité de la situation politique et de la possibilité de troubles civils.

En outre, le Canada recommande à ses citoyens d’éviter tout voyage non essentiel dans les cantons de Meiktila, Wundwin, Mahlaing et Thazi, dans la région de Mandalay, ou l’état d’urgence et un couvre-feu sont en vigueur, en raison de troubles civils importants.

Le ministère canadien des Affaires étrangères recommande aussi d’éviter tout voyage non essentiel dans l’état de Rakhine en raison des risques de troubles civils importants là aussi.


Violences à Meiktila (Vidéo : Kamayut media TV)

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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