Des cyber-attaques soutenues par la Chine selon Obama

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Lors de son discours, Barack Obama a annoncé le retrait de 34 000 soldats d'Afghanistan d'ici la fin 2013 (Photo: White House)
Le président américain, Barack Obama, est monté au créneau pour dénoncer l’implication de la Chine dans les cyber-attaques récentes menées à l’encontre des Etats-Unis (Photo: Archives/White House)

La guerre des mots entre Washington et Pékin se poursuit sur le terrain des cyber-attaques. Dans un entretien télévisé diffusé ce mercredi, le président américain, Barack Obama, a assuré que certaines attaques en provenance de Chine et à destination de compagnies ou d’infrastructures américaines étaient «soutenues par l’État».

«Nous allons avoir quelques conversations plutôt musclées avec eux [les dirigeants chinois, ndlr], nous en avons déjà eues». Barack Obama s’est montré très clair. Dans une entrevue enregistrée, ce mardi, à l’antenne d’ABC, le chef d’État américain a dénoncé les cyber-attaques récentes menées à l’encontre des États-Unis.

«Ce qui est vrai c’est que nous avons vu une nette augmentation des menaces sur notre sécurité informatique. Certaines sont soutenues par l’Etat. D’autres sont soutenues par des criminels», a-t-il déclaré, mettant ainsi Pékin en garde.

«Nous avons été très clairs avec les Chinois, leur expliquant que nous attendons d’eux qu’ils respectent les conventions et les lois internationales», a-t-il ajouté, précisant qu’«il y a une grande différence entre le fait qu’ils soient engagés dans de l’espionnage informatique ou des cyberattaques et une vraie guerre».

Une unité de l’armée chinoise chargée du cyber-espionnage

Des déclarations qui interviennent quelques semaines après la publication du rapport de la société américaine de cyber-sécurité Mandiant. Rendu public le 19 février dernier, il expliquait en détails comment un groupe de l’armée chinoise, «Advanced Persistent Threat 1» (APT1), a volé durant plusieurs années des données confidentielles provenant d’au moins 141 organisations œuvrant dans de nombreux secteurs d’activités.

Ces dernières semaines, plusieurs entreprises américaines ont également été l’objet de cyber-attaques. Plusieurs médias ont notamment été la cible de ces tentatives de piratage, parmi lesquels le Washington Post, le New York Times, CNN ou encore Reuters. Mais d’autres secteurs ont également été touchés, Facebook, Apple, Twitter ou encore Microsoft faisant également partie des sociétés touchées.

Si les yeux se tournent vers la Chine, Pékin se défend bec et ongle contre ces accusations. Mieux encore, les autorités chinoises contre-attaquent. Après avoir totalement démenti le rapport de la société Mandiant, le ministère de la Défense chinoise a assuré que plusieurs milliers de cyber-attaques à destination de la Chine provenaient d’adresses IP américaines. Sans pour autant mettre directement en cause le gouvernement des États-Unis.

De son côté, l’agence de presse officielle Xinhua a publié un communiqué, mentionnant la tenue de cyber-attaques américaines à l’encontre de la Chine. Cette déclaration évoque également une nouvelle condamnation des autorités chinoises vis-à-vis des accusations de soutien à ces cyber-attaques.

«Le cyberespace a besoin de règles»

S’exprimant lors d’une conférence de presse du Congrès National Populaire, le ministre chinois des affaires étrangères, Yang Jiechi, est monté au créneau pour dénoncer les accusations américaines. «Ce qui est noir est noir et ce qui est blanc, reste blanc. Quiconque tente de concocter d’une manière ou d’une autre une histoire qui fait sensation à des fins politiques, ne parviendra pas à noircir le nom d’un autre ni à faire parler de lui en bien», a-t-il prévenu.

Le chef de la diplomatie chinoise a également assuré qu’une réglementation du cyberespace est nécessaire pour lutter efficacement face aux menaces extérieures. «La communauté internationale est étroitement interconnectée sur internet. Voilà pourquoi le ‘cyberespace’ a besoin de règles et de collaboration, pas d’une guerre», a-t-il déclaré.

Quoi qu’il en soit, les relations se tendent entre Pékin et Washington. Si chacun affirme sa volonté de lutter contre les cyber-attaques criminels, les nouvelles déclarations de Barack Obama pourraient bien jeter un froid entre les deux grandes puissances internationales.

Considérées comme l’une des principales menaces sécuritaires du XXIème siècle, les cyber-attaques se présentent comme un piratage criminel de la propriété intellectuelle. Une question que l’Institut militaire de Québec traitera, le 21 mars prochain, lors d’un colloque organisé sur le thème de «la cyber-défense : un défi crucial, une prise en compte indispensable».

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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