Des observateurs de l’ONU se retirent du plateau du Golan

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Les membres de l’ONUST et de la FNUOD discutent au Camp Faouar, plateau du Golan (Photo: SSG Gernot Payer, ONUST)
Les membres de l’ONUST et de la FNUOD discutent au Camp Faouar, sur le plateau du Golan (Photo: Archives/SSG Gernot Payer/ONUST)

Quelques jours seulement après la libération des 21 otages philippins, les Nations Unies s’inquiètent du retrait progressif des observateurs de la Force de l’observation du désengagement sur le Golan (FNUOD).

Craignant pour la sécurité de leurs troupes, plusieurs pays œuvrant au sein de la FNUOD ont ainsi décidé de réduire ou d’arrêter leur investissement humain dans la région du Golan. Alors que 21 observateurs philippins ont été enlevés, le 6 mars dernier, par des rebelles syriens, Manille a notamment annoncé sa volonté de «revoir [son]rôle dans les opérations de maintien de la paix dans le monde», selon un porte-parole gouvernemental.

Parmi les six pays fournisseurs des 1 100 hommes composant la FNUOD, la Croatie a, de son côté, affirmé que le retrait de ses Casques bleus était imminent. À en croire les déclarations du ministre croate de la Défense, Ante Kotromanovic, Zagreb serait même fin prêt à organiser ce retrait dans de bonnes conditions.

«Je connais la date du départ, mais je ne la citerai pas pour des raisons de sécurité. Cela se produira dans un avenir proche, mais tout dépend de la situation sur le terrain», a-t-il déclaré, ce mercredi, devant les parlementaires croates, selon l’agence HINA. À l’initiative du président croate, Ivo Josipovic, Zagreb va donc prochainement retirer ces 97 hommes présents actuellement sur le plateau du Golan.

Une décision qui intervient alors que l’Autriche reste préoccupée elle-aussi du sort de ses troupes. Composant désormais le plus fort contingent de la FNUOD, Vienne «s’inquiète pour la sécurité de ses soldats», d’après un diplomate du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Trois Canadiens faisaient également partie de cette force, mais ont été transférés sur une autre opération «il y a quelques mois», nous a indiqué une porte-parole du Commandement des opérations interarmées du Canada, s’occupant des opérations des Forces canadiennes à l’étranger.

«Un risque réel que la Force s’effiloche complètement»

Un autre diplomate a, pour sa part, traduit le sentiment actuel régnant au sein de l’ONU. «Il y a un risque réel que la Force s’effiloche complètement», a-t-il déclaré. Déjà bien présente suite à la tournure prise par le conflit syrien, cette inquiétude apparait désormais inévitable pour les responsables des Nations Unies.

Pour preuve, l’ONU a d’ores et déjà arrêté d’effectuer des patrouilles de nuit sur le plateau du Golan. Des diplomates précisent également que plusieurs positions particulièrement exposées ont été abandonnées.

Chargée depuis 1974 de veiller au cessez-le-feu entre Israël et la Syrie dans cette région occupée en grande partie par l’État hébreu, la FNUOD apparaît affaiblie et meurtrie par les récents évènements. À tel point qu’une réunion extraordinaire des pays contributeurs pourrait être organisée prochainement.

En attendant, le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, effectuera, la semaine prochaine, de nouvelles recommandations au Conseil de sécurité de l’ONU sur le sort de la FNUOD. Déjà reconnue pour son efficacité, la présence de cette force dans la région du Golan apparaît de plus en plus indispensable face aux incursions régulières de soldats ou d’insurgés syriens dans cette zone de partition.

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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